Dans l'animalerie des séries

À Detroit, de vraies pieuvres sont lancées sur... (Archives AFP, Gregory Shamus)

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À Detroit, de vraies pieuvres sont lancées sur la glace. La première pieuvre aurait fait son «apparition» sur une glace à Detroit le 15 avril 1952.

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Associated Press
PHILADELPHIE

Des rats! Et des pieuvres. Même un requin mort. Que les projectiles soient en chair ou en caoutchouc, les amphithéâtres de la LNH se transforment en véritables animaleries une fois que les séries commencent et que la passion démesurée des partisans prend le dessus.

Cette situation a même incité Gary Bettman à intervenir, vendredi, pour décourager ces gestes. Le poids de la tradition risque toutefois d'être plus fort que l'appel du commissaire.

Selon les Red Wings de Detroit, la première pieuvre a fait son «apparition» sur une glace à Detroit le 15 avril 1952. Ce sont deux frères de la Ville de l'automobile qui revendiquent l'insigne honneur d'avoir été les premiers à effectuer le lancer de la pieuvre dans le vieux Olympia Stadium.

L'idée derrière la pieuvre, c'est que chacune des huit tentacules représentait une victoire en séries. Huit tentacules pour huit victoires. Avec seulement huit clubs dans la LNH à l'époque, une équipe n'avait qu'à gagner deux séries (huit matchs) pour enlever la Coupe Stanley. Aujourd'hui, le champion doit gagner quatre rondes.

En 1952, les Wings avaient balayé les séries. Depuis, le lancer de la pieuvre s'est transporté au Joe Louis Arena, où plusieurs des visqueuses bêtes s'étaient retrouvées sur la glace lors de la soirée d'ouverture en 1979. Histoire de «souligner» la tradition, on a même installé une pieuvre géante de 20 pieds de hauteur et pesant plus de 800 livres sur la toiture de l'amphithéâtre pour les séries.

Erik Gudbranson, des Panthers, balaie les rats de... (Archives AP, Wilfredo Lee) - image 2.0

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Erik Gudbranson, des Panthers, balaie les rats de plastique lancés sur la glace.

Archives AP, Wilfredo Lee

La mascotte des Wings a été surnommée Al en l'honneur de Al Sobotka, chauffeur de resurfaceuse au Joe Louis Arena et «récupérateur officiel» des pieuvres lancées sur la glace. Il les ramasse à mains nues, les fait tourbillonner au-dessus de sa tête sous les clameurs de la foule avant de retourner à son poste stratégique dans le corridor derrière un des buts.

Il pleut des rats

Le fameux «Rat Trick» (jeu de mots avec hat trick, tour du chapeau en anglais) des Panthers a des origines pour le moins particulières. Ça remonte à octobre 1995, tout juste avant un match de la formation floridienne.

Assis devant son casier du vestiaire des Panthers dans les catacombes du vétuste Miami Arena, Scott Mellanby a la peur de sa vie en apercevant un rat traverser la chambre. Il a saisi un de ses bâtons et, d'un seul coup, a expédié la pauvre bête au paradis des rongeurs. Quelques heures plus tard, il marquait deux buts avec le même bâton. La légende des rats de la Floride venait de naître.

Cette saison-là fut mémorable à tout point de vue pour les Panthers. Sortis de nulle part, ils se sont frayé un chemin jusqu'en finale de la Coupe Stanley. Ils ont finalement perdu aux mains des ex-Nordiques qui en étaient à une première campagne au Colorado.

Tout au long de la campagne, chaque fois que les partisans des Panthers avaient le goût de célébrer, ils lançaient des rats - heureusement en plastique ou en caoutchouc - sur la glace. Qui ne se souvient pas des images des gardiens se réfugiant au fond de leur but pour ne pas être atteints par les milliers d'objets volants?

Le Miami Herald a même publié un guide de déontologie pour le lancer du rat avant le début de l'actuelle série opposant les Panthers aux Islanders de New York.

  • Quand peut-on lancer un rat sur la patinoire? Seulement une fois le match complété.
  • Est-ce que je dois dissimuler mon ou mes rats lorsque j'arrive à l'amphithéâtre? Ce n'est pas nécessaire, ils ne sont pas prohibés.
  • Que se passe-t-il si je deviens trop excité et que je lance mon rat sur la glace après un but? Les Panthers ne seront pas de bonne humeur, parce que l'équipe locale peut écoper d'une pénalité pour avoir retardé le match.
Des requins volants

Les Sharks de San Jose auraient eu besoin des services du fameux capitaine Quint du long métrage Jaws pendant les éliminatoires de 2010. Alors que la série opposant les représentants de Silicon Valley aux Red Wings battait son plein et que ses favoris venaient de marquer un but important, un amateur mordant à pleines dents dans l'ivresse du moment a réussi à lancer... un requin-léopard de trois pieds de long sur la glace.

Il avait poussé la créativité jusqu'à coudre une pieuvre dans la bouche du requin! Ne vous inquiétez pas, les deux petites bêtes étaient mortes depuis déjà longtemps.

Après le match, tout en camouflant son identité pour ne pas perdre ses abonnements de saison aux matchs des Sharks, l'amateur en question a raconté à la télévision locale qu'il avait réussi à entrer dans l'amphithéâtre sans se faire intercepter en fixant le requin avec du ruban gommé le long de sa jambe. Heureusement, il avait vérifié que le carnivore était bel et bien mort. Sinon...

«Tout ce que je voulais faire, c'était faire un clin doeil aux partisans des Red Wings et à leur histoire de pieuvre», avait-il expliqué. «Oui, ça sentait le poisson dans mon coin de l'aréna. Mais j'avais tout fait pour trouver la carcasse la plus fraîche possible.» Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour son club favori!

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