Les fantômes du Rexall Place

La statue grandeur nature de Wayne Gretzky devant... (La Presse Canadienne, Jason Franson)

Agrandir

La statue grandeur nature de Wayne Gretzky devant le Rexall Place déménagera au tout nouveau, tout beau Rogers Place au centre-ville d'Edmonton.

La Presse Canadienne, Jason Franson

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Presse Canadienne
Edmonton

Il n'était pas le bienvenu. Il est arrivé tard, a demandé de l'argent et est resté beaucoup trop longtemps.

Mais si le Rexall Place était un mauvais invité, il a été l'hôte parfait pendant près de 42 ans, avec des hauts et des bas auxquels la plupart des amateurs ne peuvent que rêver.

L'aréna de béton du nord d'Edmonton accueillera le dernier match des Oilers mercredi.

Les amateurs et les anciens joueurs rendront un dernier hommage à un édifice que les Edmontoniens, à l'aube des années 70, n'ont pas jugé nécessaire. Les citoyens ont refusé à deux reprises d'allouer des fonds à un nouvel aréna devant remplacer son ancêtre de 7000 sièges, le Edmonton Gardens.

Mais quand les Oilers et l'Association mondiale de hockey ont pris leur envol en 1971, les dirigeants de la ville ont réalisé qu'un édifice plus imposant n'était pas un luxe.

L'Association des expositions d'Edmonton a ramassé la facture, grâce à des millions de dollars des gouvernements fédéral et provincial. La première pelletée de terre a eu lieu en 1973, sur un terrain de cinq hectares.

C'est alors que les problèmes ont commencé.

Le sol était instable. Les ouvriers ont fait la grève. L'acier n'arrivait pas. La grue a brisé. Les coûts ont explosé, passant de 10 millions $ à 18 millions $.

Ouverture en 1974

Les échéanciers se sont effondrés comme des dominos, jusqu'à ce que le Colisée rapiécé ouvre finalement ses portes le 10 novembre 1974, devant une foule à guichets fermés de 15 326 spectateurs. Les Oilers et l'éternel gardien Jacques Plante ont défait les Crusaders de Cleveland 4 à 1.

Cette nuit-là, les ouvriers s'affairaient à installer les sièges alors que les partisans faisaient leur entrée. Le vestiaire n'était qu'un banc. Le chauffage était approximatif. Des employés des restaurants portaient un manteau. Il n'y avait pas de séparations entre les toilettes des hommes.

Le 26 janvier 1979, Wayne Gretzky était déjà une vedette montante de l'AMH, quand il a célébré son 18e anniversaire au centre de la glace, entouré de ses proches. Il venait de signer un contrat de 21 ans avec Peter Pocklington.

«On dirait que je vais passer ma vie ici», avait alors dit Gretzky. «Tout est génial ici. Ce serait insensé de partir.»

Oups.

Moins d'une décennie plus tard, Pocklington sera jeté aux orties par les fidèles des Oiliers pour avoir échangé «La Merveille» aux Kings de Los Angeles pour 15 millions $US et trois choix de première ronde.

Or, avant cette journée fatidique, Gretzky et les autres vedettes de l'équipe, comme Mark Messier, Jari Kurri, Paul Coffey, Kevin Lowe, Glenn Anderson et Grant Fuhr, ont imposé leur style rapide, enchaînant triomphe après triomphe.

Le 14 décembre 1979, par une journée glaciale, ils ont vaincu Guy Lafleur et le Canadien de Montréal 5-3 - la première équipe à battre le CH à son premier essai.

Le 11 avril 1981, ils ont balayé le légendaire Canadien des éliminatoires en trois matchs.

Et, cerise sur le gâteau, le 19 mai 1984, Dave Lumley a envoyé la rondelle valser 180 pieds plus loin dans un filet désert, offrant ainsi aux Oilers leur première coupe Stanley, aux dépens des Islanders de New York

Les Oilers ont ajouté quatre Coupes à leur palmarès (1985, 1987, 1988 et 1990), mais dès 1989, la genèse de l'équipe s'est transformée en exode. Les grands sont partis un à un, alors que Pocklington luttait de peine et de misère pour garder la tête hors de l'eau, dans une ère ou l'argent menait la LNH.

Gretzky a brillé une dernière fois au Rexall Place le 15 octobre 1989, établissant le record de la Ligue en matière de points produits en tant que Kings, en battant les Oilers en prolongation.

Le rêve de 2006

Le bonheur est revenu brièvement au printemps 2006 quand le défenseur Chris Pronger a mené l'équipe au match numéro 7 de la finale de la Coupe Stanley, avant de perdre contre les Hurricanes de la Caroline.

Depuis, les Oilers et leur nouveau propriétaire, Daryl Katz, ont manqué les séries au cours des 10 dernières saisons.

À la fin de 2013, les partisans dégoûtés ont démarré une nouvelle tradition : celle de jeter leur chandail des Oilers sur la glace.

Cet automne, les Oilers vont déménager dans leur tout nouveau, tout beau Rogers Place au centre-ville. La statue grandeur nature de Wayne Gretzky y déménagera aussi.

Mais les Oilers auront de la difficulté à renouer avec la gloire connue dans leur première maison dans la LNH.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer