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Pleins feux : Antoine Vermette façonné par les transactions

L'attaquant Antoine Vermette a joué pour quatre équipes... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'attaquant Antoine Vermette a joué pour quatre équipes dans la LNH  : Ottawa, Columbus, Phoenix/Arizona et Chicago.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Au fil de sa carrière dans la LNH, Antoine Vermette a souvent changé d'adresse. Avant cet été, jamais il n'avait choisi sa prochaine destination. L'attaquant de Saint-Agapit a appris à accueillir les transactions à bras ouverts. Si la plus récente lui a permis de soulever la Coupe Stanley, chacun de ses arrêts a façonné le joueur de hockey qu'il est aujourd'hui.

Antoine Vermette était en terrain connu lorsqu'on lui a annoncé, en février, qu'il prenait le chemin de Chicago. Pour la troisième fois depuis 2009, il était échangé en cours de saison. Cette fois, il n'avait qu'un objectif en tête. «Dès le jour un, c'était clair que j'allais à Chicago pour gagner une Coupe Stanley. Je regardais l'alignement et je ne voyais pas d'équipe plus forte. Mais évidemment, ça ne t'assure de rien.»

On connaît la suite. Trois mois et demi plus tard, le Québécois réalisait son «rêve», brandissant la Coupe Stanley à bout de bras devant une foule en liesse. Son court mariage avec les Blackhawks n'a pourtant pas été parfait. Laissé de côté lors des deux premiers matchs des séries, il a dû refaire sa place durant la grande valse du printemps. Il l'a fait en déployant tout l'arsenal développé durant 11 saisons dans la LNH. Marquant des buts importants tout en accomplissant de dures missions défensives. 

L'histoire de sa conquête de la Coupe Stanley ne commence donc pas en février 2015, mais plutôt à la fin de l'été 2003. Alors âgé de 21 ans, Vermette tente de faire sa place chez les Sénateurs, qui l'ont repêché en deuxième ronde (55e au total) en 2000. «Dès le début, je jouais beaucoup en désavantage numérique. C'était un ajustement parce que toute ma carrière j'avais été un joueur offensif, même dans la Ligue américaine. C'était la première fois de ma vie que je me faisais confier un rôle défensif.» Un rôle défensif qui allait devenir un des principaux arguments de vente de Vermette durant sa carrière.

De 2003 à 2009, il forme avec les Alfredsson, Spezza, Phillips et Fisher le noyau dur des Sénateurs. C'est là qu'il s'approche pour la première fois de la Coupe Stanley, en 2007. Si le parcours d'Ottawa s'arrête en finale, contre les Ducks d'Anaheim, Vermette en parle encore comme son plus beau souvenir de son passage dans la capitale canadienne.

Bon pour sa carrière

Rapidement devenu le visage francophone d'une équipe dont une bonne partie des partisans s'expriment dans la langue de Molière, Vermette semble destiné à passer sa carrière dans l'uniforme des Sénateurs. Mais le vent tourne rapidement dans la LNH. Entre 2007 et 2009, trois entraîneurs se succèdent à la barre de l'équipe. Avec sa formation en voie de manquer les séries pour la première fois en 12 ans, le dg Bryan Murray expédie son jeune vétéran aux Blue Jackets de Colombus en échange d'un choix de deuxième ronde et du gardien Pascal Leclaire.

«Les Sénateurs, c'est l'organisation qui m'a repêché, dans laquelle j'ai grandi. Comme toute transaction, ça a été un choc», se rappelle Vermette. «Mais ça a été bon pour ma carrière. Mon rôle est devenu plus offensif.» 

Utilisé à outrance en avantage numérique par sa nouvelle équipe, Vermette finit sa saison 2009 sur les chapeaux de roues et les Jackets se qualifient pour les séries pour la première fois de leur histoire. L'année suivante, il établit des sommets en carrière pour les buts (27) et les points (65). 

Mais le cycle vécu à Ottawa se répète. L'équipe pique du nez durant les saisons suivantes et, en quête de renouveau, les Blue Jackets envoient Vermette à Phoenix à la date limite des transactions. À nouveau, le dénouement est heureux pour le Québécois. À la surprise générale, les Coyotes atteignent cette année-là la finale de l'Ouest. 

Charmé par l'Arizona

Débarqué en Arizona sceptique, Vermette est rapidement charmé. «En début de carrière, je me demandais, comme plusieurs, c'était comment de jouer dans un environnement comme Phoenix avec les palmiers, la chaleur», reconnaît-il. «Au Québec, on associe le hockey à l'hiver et la neige. Mais finalement, ce n'est vraiment pas un problème.»

Tellement pas un problème que lorsque  Vermette est devenu joueur autonome pour la première fois de sa carrière, cet été, il a choisi de retourner en Arizona. « Je n'avais pas eu de discussion ou de promesse de l'équipe avant de partir pour Chicago, mais je savais qu'il me ferait une offre.» Il avait d'ailleurs gardé sa maison là-bas. 

Plus que jamais, son rôle sera de prendre ses jeunes coéquipiers sous son aile. Les Coyotes ont du chemin à parcourir, mais plusieurs espoirs talentueux se greffent à l'équipe cette saison. Fort de son séjour dans le vestiaire des Hawks, Vermette se sent mieux outillé que jamais pour guider sa jeune équipe.

«Tu t'imagines c'est quoi, une équipe championne, mais il n'y a rien comme le vivre. Ça m'amène un autre niveau de crédibilité et de connaissance à ramener dans le vestiaire des Coyotes.»

Antoine Vermette à l'époque des Remparts... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Antoine Vermette à l'époque des Remparts

Photothèque Le Soleil

Les Remparts, la case départ

En juin 1998, Antoine Vermette vit le rêve de tout jeune hockeyeur de la région : être repêché par les Remparts de Québec. Tout droit sorti du bantam, il se devait alors d'être choisi dans les cinq premières rondes du repêchage LHJMQ. «Je m'en souviens comme si c'était hier. Le repêchage était à Rimouski. J'espérais seulement entendre mon nom. C'était une journée vraiment spéciale pour moi et ma famille.» 

Détenteurs du trophée Jean-Rougeau remis aux champions de la saison régulière, les Remparts sont alors menés à l'attaque par Éric Chouinard et par Simon Gagné, fraîchement sélectionnés en première ronde dans la LNH. «On avait vraiment une grosse équipe. On avait égalé un record avec 27 matchs consécutifs sans défaite. Je partais du bantam et j'arrivais dans l'environnement des Remparts de Québec, où on est traité comme des professionnels.»

Mais au terme de cette année de rêve, Vermette apprivoise pour la première fois le merveilleux monde des transactions. Il est envoyé à Victoriaville en échange du vétéran Patrick Grandmaître. «Évidemment, c'est dur, parce que tu n'as jamais eu à gérer ça. C'est là que tu te rends compte que le junior, c'est une autre réalité que le hockey mineur. Raymond Bolduc m'avait avisé quelques jours d'avance que j'allais être échangé durant le repêchage qui se déroulait ici, au PEPS. Mais j'ai été chanceux, Victoriaville, c'était la deuxième équipe la plus près de chez nous. Finalement, ça a été une bonne chose pour ma carrière.»

En 2002, il concluait en effet sa carrière junior avec une Coupe du Président. «C'est difficile de dire si mon développement aurait été le même si j'étais resté à Québec, mais il est fort probable qu'avoir plus de responsabilités avec les Tigres m'a aidé.»  Guillaume Piedboeuf

Sauvé par un buffet chinois

Des années avant le cas Sidney Crosby, Antoine Vermette a été ennuyé par une commotion cérébrale dont les symptômes ne voulaient étrangement pas se dissiper.

Désireux de se tailler une place dans la LNH à 19 ans, Vermette avait trimé dur durant l'été 2001. Mais ses plans ont déraillé au camp d'équipe Canada junior, où une mise en échec le laisse avec des migraines persistantes. Inquiet de voir que les symptômes ne disparaissent pas au bout de quelques semaines, les Sénateurs envoient leur jeune espoir consulter des sommités en commotions cérébrales. Rien d'anormal, lui dit-on à tout coup. C'est une commotion, la patience est de mise.

De retour dans la LHJMQ avec les Tigres de Victoriaville, Vermette se lève chaque matin en espérant se sentir mieux que la veille. Le mois passe, rien ne change. «J'avais constamment des maux de tête. C'était une situation bizarre. Je trouvais ça plate et mon père prenait ça encore plus dur.»

Au bout d'un moment, l'état-major des Tigres lui conseille de retourner à Québec passer du temps avec sa copine et sa famille. Suivre son équipe sans pouvoir contribuer mine le moral de Vermette.

Quelques semaines plus tard, dans un buffet chinois, il croise par hasard le doc des Remparts, Sylvain Boutet. «Il avait entendu parler de ma situation qui ne se réglait pas et il trouvait ça louche. Il m'a demandé de passer le voir dans les jours qui suivaient.»

Après un bref examen, le Dr Boutet décèle quelque chose d'anormal dans la mobilité du cou du hockeyeur. Il le réfère à son confrère dans l'équipe médicale des Remparts, le physiothérapeute Richard Normand. Vermette est dans une drôle de position. Joueur des Tigres, espoir des Sénateurs, il se retrouve à être traité par son ancienne équipe, les Remparts. Mais il n'a plus rien à perdre.

Le diagnostic de Richard Normand est simple. Pas d'opération nécessaire, il s'agit seulement de réenligner le cou de Vermette. Une histoire de quelques séances tout au plus.

«Le lendemain, je n'avais plus aucun symptôme. Après sept mois à me réveiller avec des maux de tête», assure Vermette, qui a rapidement rejoint les Tigres pour les séries. «Encore aujourd'hui, la question est de savoir si j'ai fait la moindre commotion. J'avais mal à la tête, mais c'était à cause de mon cou.» Guillaume Piedboeuf

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