Michel Therrien sur la route des souvenirs

Michel Therrien compte présenter un «alignement respectable» pour... (La Presse, Édouard Plante-Fréchette)

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Michel Therrien compte présenter un «alignement respectable» pour la visite du Canadien à Québec, lundi soir, contre les Penguins.

La Presse, Édouard Plante-Fréchette

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(Brossard) À l'évocation du match hors concours entre le Canadien et les Penguins de Pittsburgh, lundi, au Centre Vidéotron, les yeux de Michel Therrien s'illuminent. Et pour cause. De grands pans de sa carrière se sont déroulés dans la cité de Champlain, tous dans le vieux Colisée. «J'ai hâte à cette partie-là. Ça va être le fun. J'ai aucune idée comment va la vente des billets. C'est sold-out

Et comment. Les 18 482 billets se sont envolés en quelques heures, en avril, preuve de l'engouement pour cette rencontre historique. Michel Therrien ne sera pas sans avoir quelques papillons à l'estomac, lui qui mettra les pieds pour la première fois dans le nouvel amphithéâtre duquel il a entendu «beaucoup de bonnes choses». À un jet de pierre, l'ancien Colisée le ramènera inévitablement dans le passé. «J'ai de beaux souvenirs là-dedans.»

À l'âge de 12 ans, au milieu des années 70, le jeune Therrien y est débarqué pour participer au Tournoi international de hockey pee-wee. Son père, aujourd'hui décédé, était l'entraîneur de son club de Saint-Léonard, à Montréal.

Quatre ans plus tard, en 1980-1981, il donne ses premiers coups de patin dans la Ligue junior majeur du Québec, avec les Remparts, sous la gouverne de Gaston Drapeau. L'adolescent, un fils unique, est âgé de 16 ans. «C'était la première fois que je quittais la maison. Ta ville d'adoption où tu as fait tes débuts, elle reste toujours spéciale. J'étais en pension chez M. et Mme Lamonde, dans Limoilou. Je marchais jusqu'au Colisée. Dans notre temps, on marchait; aujourd'hui, tous les joueurs juniors ont leur char...»

De 1999 à 2001, on le retrouve à la barre des défunts Citadelles de Québec, alors club-école du Canadien. Il dirige l'équipe pendant 99 matchs, la conduisant à un titre de division. C'est à ce moment que son nom commence à circuler chez l'état-major du Tricolore, qui en fera son entraîneur une première fois, en novembre 2000.

Les joueurs, des machines

Dans son bureau du Complexe Bell, à Brossard, aux murs tapissés de photos de ses deux enfants, Élisabeth et Charles, et de ses diverses expériences comme entraîneur, Michel Therrien, 51 ans, se prête généreusement au jeu de l'entrevue, relax dans son survêtement aux couleurs de l'équipe. Avec cette attitude du gars toujours «en plein contrôle», à l'image de celui que l'on voit à la télé, les soirs de victoire ou de défaite. À la différence qu'il est plus rigolard en privé...

La veille, son club avait perdu une partie hors concours contre Toronto, le premier de cinq matchs en sept soirs. Une bonne façon de savoir ce que ses troupes ont dans le ventre, surtout ceux qui rêvent de se tailler une place avec le grand club. «Je sais que les gars vont être vidés à la fin. Moi, je vais être fatigué et j'aurai même pas fait d'efforts, alors imagine les joueurs...»

S'il est une chose qui ne cesse de l'étonner, c'est justement la condition physique des joueurs d'aujourd'hui. Quelques jours auparavant, il avait bien ri devant une vieille vidéo dans laquelle Guy Lafleur expliquait, à son arrivée à un camp d'entraînement, qu'il n'avait pas fait grand-chose pour garder la forme pendant l'été, à part «jouer un peu au tennis»...

«Les gars arrivent dans une forme incroyable, c'est épouvantable. De vraies machines. Ils sont puissants, rapides, ils ont de l'endurance. On dirait qu'ils s'améliorent chaque année. Tu te demandes où ça va arrêter. Le spectateur en sort gagnant, le jeu est plus rapide. Quand tu regardes les matchs d'il y a 10 ou 15 ans, sur NHL Network, tu vois la différence, et ça fait pas si longtemps.»

Jacques Lemaire, son mentor

Si les joueurs sont exigeants envers eux-mêmes, ils le sont tout autant à l'égard des entraîneurs. «Le hockey a changé, les joueurs ont changé, les coachs aussi», lance-t-il, soulignant au passage les recommandations que lui refile son mentor, Jacques Lemaire, aujourd'hui conseiller spécial de Mike Babcock, à Toronto.

«Il a été mon entraîneur quand j'avais 19 ans, chez les Chevaliers de Longueuil. J'ai toujours eu de bonnes relations avec lui. J'aime discuter avec lui des nouvelles tendances en coaching

Comme la plupart des gamins passionnés de hockey, Michel Therrien s'était plus imaginé sur la patinoire que derrière un banc. «Je me voyais bien plus comme un Larry Robinson que comme un Scotty Bowman. C'est normal. Mon but a toujours été de jouer dans la Ligue nationale, mais j'avais un talent limité.»

Quand on aborde la différence entre ses deux séjours à la barre du Canadien, Michel Therrien avoue qu'il s'est amélioré. «Mets-toi dans la peau d'un gars de 37 ans, qui n'a jamais joué dans la Ligue nationale, et qui devient coach du Canadien... Je te dirais pas que c'est plus facile aujourd'hui, mais mon bagage est différent.»

Tant et tant de spéculations

Fort de son passage comme analyste à RDS, Therrien a appris à composer avec les médias, omniprésents. Au début de sa carrière, il voyait les questions des journalistes comme des critiques envers l'organisation; aujourd'hui, il y voit une façon de communiquer avec les partisans. «Après une défaite, les partisans sont déçus, les joueurs sont déçus, les journalistes sont déçus, mais dis-toi bien une chose, le gars le plus déçu, c'est le coach

Loin de lui l'habitude d'écouter les tribunes téléphoniques ou de lire les pages sportives des quotidiens, ce qui ne l'empêche pas d'être «au courant de tout ce qui se passe». «À Montréal, tu peux pas t'en sortir. Il se fait tellement de spéculations. À l'occasion, ça arrive, quand les choses vont bien. Mais quand les choses vont moins bien, mettons deux défaites en ligne, c'est sûr que je ne suis pas assez suicidaire pour commencer à écouter tout ce qui se dit.»

Il fait quoi pour relaxer, le coach du Canadien, de retour à la maison, en fin de soirée, après une «série» de deux défaites, pendant que tous les gérants d'estrade du Québec y vont de mille et une spéculations? «Je regarde des games de hockey. Et aussi des séries sur Netflix, comme House of Cards. C'est tellement bon. Je suis rendu à la troisième saison.»

On veut la gagner

À la tête d'une équipe jeune, forte des piliers que sont devenus Carey Price, P.K. Subban et Max Pacioretty, Michel Therrien voit des lendemains qui chantent pour la Sainte-Flanelle, mais les partisans devront faire preuve de patience.

«La parité est tellement forte dans la Ligue. Les Kings ont gagné la Coupe Stanley une année et n'ont pas fait les séries l'année suivante. Ceux qui disent qu'on se contente de faire les séries sont dans le champ gauche. La Coupe Stanley, c'est le but ultime. On veut la gagner.»

Bonne rue, mauvaise adresse...

La semaine dernière, un citoyen de Brossard a reçu, sans le savoir, la visite de l'entraîneur et du directeur général du Canadien sur le perron de sa résidence. Venus annoncer à Max Pacioretty la nouvelle de sa nomination comme capitaine de l'équipe, les deux hommes se sont trompés d'adresse...

À l'issue de la première journée du camp d'entraînement, la vingtaine de joueurs de l'édition de la saison précédente, réunis dans un restaurant de La Prairie avec les nouveaux venus, ont procédé, par vote secret, à l'élection de l'Américain de 26 ans. Désireux de lui annoncer la bonne nouvelle en personne, Bergevin et Therrien ont sauté dans leur voiture pour lui rendre visite à son domicile. C'était sans compter une mauvaise adresse inscrite dans leur GPS...

«Je stationne mon char derrière celui de Marc, raconte l'entraîneur. Il y avait une auto pareille à celle de Max dans le stationnement. On entendait du bruit en arrière. On s'est dit qu'il y avait peut-être des joueurs avec lui. Appelle Max. Il me dit qu'il est avec ses beaux-parents. OK, peux-tu sortir cinq minutes?

«On attend sur la galerie pendant cinq minutes», explique Therrien, sourire en coin. «Coudonc, il est-tu en train de faire le ménage? Finalement, on se rend compte que c'était la maison du voisin. On avait la bonne rue, mais pas la bonne adresse. Une chance qu'on n'a pas sonné. Imagine : monsieur, vous êtes le nouveau capitaine du Canadien...»

En rafale

Politicien : Barack Obama. Il veut faire avancer les choses, mais ce n'est pas facile. Je sens que c'est un gars de famille.

Athlète : Tiger Woods. C'est quelqu'un d'exceptionnel pour avoir réussi à dominer son sport aussi longtemps. Je trouve dommage ce qui lui arrive.

Chanteur ou chanteuse : Céline Dion. Je l'ai vue trois ou quatre fois en spectacle à Las Vegas. J'ai joué au golf avec elle. Le Québec peut être fier d'elle. J'aime aussi Elvis Presley.

Film : La trilogie Le parrain. J'ai revu les trois films après mon voyage en Italie. Peut-être aussi parce que je viens de Saint-Léonard [rires]... [quartier montréalais qui compte une grande proportion d'Italiens]

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