Simon Gagné tire sa révérence

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(Québec) Simon Gagné a confirmé, mardi avant-midi, qu'il prenait sa retraite au terme d'une carrière de 14 saisons dans la Ligue nationale de hockey. Le moment de l'annonce importait peu, car dans son coeur, la décision d'accrocher ses patins avait été prise lors d'un dernier tête à tête avec son père, le 24 décembre dernier.

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Simon Gagné est accompagné de sa femme Karine et de leurs trois enfants Matthew, Lily-Rose et Juliette.

Le Soleil, Frédéric Matte

Deux jours plus tard, son plus grand coéquipier rendait l'âme, mais il avait eu le temps de le guider une autre fois.

«J'avais la profonde conviction d'avoir accompli mon rêve jusqu'au bout et qu'il était temps de passer à autre chose. Comme toujours, mon père m'a soutenu. Nous avons eu notre discussion seul à seul et tout s'est éclairé. Jusqu'au dernier moment, mon père aura été le complice de mes rêves, mes doutes, mes aspirations», racontait le nouveau retraité de 35 ans avec émotion en point de presse.

Accompagné de sa femme Karine et de leurs trois enfants Matthew, Lily-Rose et Juliette, de sa mère et son frère, Gagné a survolé une dernière fois son parcours, de l'enfant qui chaussait les patins dans la maison avec son chandail des Nordiques en attendant que la patinoire extérieure soit prête jusqu'au joueur d'expérience qui a soulevé la Coupe Stanley avec les Kings de Los Angeles.

«Le rêve ultime de tout joueur de hockey. Pour moi, c'est le plus beau moment et l'accomplissement de ma carrière», affirmait celui qui a aussi remporté la médaille d'or aux Jeux olympiques de 2002 et la Coupe du monde en 2004.

L'auteur de 291 buts et 601 points en 822 matchs dans la LNH avec Philadelphie, Tampa Bay, Los Angeles et Boston sort de glace la tête haute, mais surtout l'esprit tranquille.

«Les coups durs de la vie nous amènent souvent à s'arrêter et réfléchir sur le chemin parcouru. Je quitte serein et en paix un sport qui a fait de moi l'homme que je suis devenu, convaincu que c'est la bonne décision même si le mot retrait reste encore difficile à prononcer. Et pas juste à cause de mon père, mais aussi parce que la flamme n'est plus là, la passion est moins forte et les nombreuses blessures [il a notamment subi sept ou huit commotions cérébrales] m'ont incité à écouter mon corps.»

Le 6 décembre 2014, à Glendale, Gagné a marqué un but dans une victoire de 5-2 des Bruins. Une raison bien personnelle l'avait motivé à ramasser la rondelle.

«J'avais parlé avec le médecin, à Boston, qui m'avait dit ce qu'il en était [pour son père] et je savais que la fin était proche. J'avais vraiment joué ce match comme si ça allait être mon dernier. J'ai apprécié chaque moment et me souviens d'avoir pleuré sur le banc, en me cachant parce que mes coéquipiers n'en savaient rien. Le lendemain, j'avais demandé un congé au directeur général. Je n'aurais pas été capable de prendre cette importante décision sans lui en parler, ça m'avait enlevé un poids sur les épaules.»

Une conférence téléphonique allait suivre en après-midi avec les médias de Philadelphie, mais il tenait à «accrocher» ses patins dans la ville qui restera toujours son port d'attache.

Après avoir vécu un rêve où l'on doit faire sa place à chaque présence sur la glace, il veut se consacrer à sa famille. «Depuis le début de ma carrière, j'ai vu mes proches se sacrifier pour moi, j'ai maintenant le goût de redonner, de voir les enfants grandir et s'émanciper, de les appuyer dans leur passion.»

Simon Gagné dans l'uniforme des Flyers de Philadelphie,... (Photo Matt Slocum, archives AP) - image 3.0

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Simon Gagné dans l'uniforme des Flyers de Philadelphie, lors de la finale de la Coupe Stanley de 2010.

Photo Matt Slocum, archives AP

Robert Sauvé admiratif

La relation entre Robert Sauvé et Simon Gagné remontait à beaucoup plus loin que le début de sa carrière dans la LNH, en 1999. Déjà, à l'âge de 12 ans, une solide amitié liait les deux familles. «Il y a toujours des joueurs avec qui nous avons plus d'affinité, ç'a été un privilège de travailler avec Simon. Je l'ai connu dans le pee-wee avec Pierre la police, c'était un petit gars spécial. Il s'est toujours bien conduit, et en plus, il a été un excellent joueur de hockey. Il en faisait beaucoup plus que ce qu'on voyait sur la glace, c'est pour ça qu'il était tellement apprécié de ses entraîneurs. Il pouvait jouer à toutes les sauces. Si ça n'avait pas été des blessures, il jouerait encore. L'an passé, je lui avais demandé s'il était sûr de vouloir revenir, je n'aurais pas voulu qu'il se blesse à nouveau. Le plus important, c'est qu'il soit à l'aise avec sa décision. Simon a eu une grande belle carrière, il peut maintenant se consacrer à sa belle famille», disait l'ancien gardien de but à la tête de la firme Jandec, qui représente des joueurs dans la LNH.

«Grand frère» Éric Desjardins

Arrivé à 19 ans dans la LNH, Simon Gagné a pu compter sur les conseils et l'appui de plusieurs vétérans des Flyers, plus particulièrement de ceux du Québécois Éric Desjardins. «J'ai eu l'immense privilège de joindre les Flyers, en 1999. J'ai eu le vertige à l'idée de partager la glace avec les Lindros, Recchi, LeClair, Primeau, Tocchet, Therien, Jones, Bérubé, McGillis, Richardson et Marc Bureau. Cette équipe de superstars, surtout Éric Desjardins, m'a pris sous son aile, m'a appuyé, m'a montré comment ça marchait sur la glace et en dehors de la glace. Éric a été comme un grand frère pour moi et je veux le remercier pour ça», a-t-il déclaré. Il a également levé son chapeau au dépisteur des Flyers au Québec, Simon Nolet, qui a misé sur lui en 1998. «Il a poussé pour moi à la table des Flyers à Buffalo. Avant tout, il était un grand ami de mon père Pierre. Ils ont joué au hockey ensemble. Je remercie Simon de m'avoir fait confiance. J'espère que je ne l'ai pas déçu.»

Simon Gagné, d'une année à l'autre

1996
Repêché en première ronde (10e) par les Harfangs de Beauport (LHJMQ).
1998
Choix de première ronde (22e) des Flyers de Philadelphie.
1999
Premier match dans la LNH avec les Flyers de Philadelphie.
2001
Les Remparts de Québec retirent son numéro 12.
2002
Conquête de la médaille d'or aux Jeux olympiques de Salt Lake City.
2004
Remporte la Coupe du monde de hockey avec Équipe Canada.
2006
Complète sa saison la plus productive dans la LNH avec 47 buts et 79 points.
2012
Soulève la Coupe Stanley avec les Kings de Los Angeles.
2014
Dispute son dernier match dans la LNH avec les Bruins de Boston.
2015
Annonce sa retraite au terme d'une carrière de 14 saisons à Philadelphie, Tampa Bay, Los Angeles et Boston.

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