Antoine Vermette, un bon choix après tout!

Antoine Vermette enlace sa famille après avoir remporté... (AFP, Tasos Katopodis)

Agrandir

Antoine Vermette enlace sa famille après avoir remporté la Coupe Stanley, lundi.

AFP, Tasos Katopodis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Quand Raymond Bolduc l'a observé soulever la Coupe Stanley, lundi soir, un brin de fierté l'habitait. L'homme de hockey de Québec avait été à l'origine de la sélection d'Antoine Vermette par les Remparts au repêchage de la LHJMQ, en 1998.

«Et un an plus tard, je l'ai aussi échangé», a rappelé en riant, mardi, celui qui fut le premier directeur général des Remparts au moment de leur renaissance, en 1997.

«J'étais content de voir que son tour pour porter la Coupe Stanley est arrivé tôt dans les célébrations, ça démontre une belle marque de respect de la part du reste de l'équipe à son endroit», ajoutait-il à propos de celui dont la femme est sur le point de donner naissance à leur deuxième enfant.

Vermette a été le choix de deuxième ronde (23e au total) des Remparts dans une séance de sélection qui n'a pas produit une pléiade de joueurs de la LNH, en bout de piste. Avec leur premier choix (15e et dernier de la première ronde), les Remparts avaient choisi le défenseur Jean-Philippe Côté, fils d'Alain Côté, l'ancien des Nordiques.

«Ça faisait longtemps qu'on regardait Antoine, il s'alignait pour le bantam AA de la Rive-Sud. On voulait tellement le repêcher que nous avions volontairement décidé de ne pas aller le voir aux Championnats provinciaux. On a fait comme si on l'ignorait, pour ne pas montrer aux autres équipes qu'il nous intéressait», se souvenait Bolduc.

Vermette était alors un petit attaquant rapide et habile de Saint-Agapit. À 16 ans, il s'est joint à une formation qui venait de remporter le championnat de la saison régulière à sa première saison d'existence sous la direction de l'entraîneur-chef Guy Chouinard. Mais sa présence dans l'alignement des Remparts, en 1998-1999, il la devait surtout à l'entraîneur-chef des Commandeurs de Lévis, à l'époque.

«Nous étions indécis à savoir si on devait le garder ou non. J'avais appelé l'entraîneur-chef de Lévis pour lui dire qu'on allait le retourner dans le midget AAA, mais qu'on lui ferait jouer des matchs hors concours avec nous. Il m'avait répondu : tu nous le retournes pour de bon ou pas du tout, je ne veux pas briser la chimie de notre équipe. Je lui avais dit qu'il ne le reverrait pas...», dit-il, en ayant oublié le nom du coach en question.

ÉCHANGÉ AUX TIGRES

Au terme d'une première saison de 26 points en 57 matchs, Vermette était échangé aux Tigres de Victoriaville en retour de Patrick Grand-Maître, un joueur de 20 ans qui ajoutait de l'expérience et du leadership aux Remparts.

«J'avais aussi échangé Jean-Philippe Roy... On a toujours le choix de faire une transaction ou non. À l'époque, on voulait gagner la Coupe, on avait besoin de leadership et on a donné un jeune en retour. L'échange avait été bon la première année, mais pas mal moins pour les autres. Avec le temps, on se rend compte qu'Antoine est devenu le joueur qu'on pensait qu'il serait. Ça compense pour d'autres choix où l'on se trompe», confiait l'actuel directeur du département de la sécurité des joueurs.

Vermette a été un choix de deuxième ronde (55e) des Sénateurs, en 2000. Avant de se joindre aux Blackhawks, il a aussi joué à Ottawa, à Columbus et à Phoenix.

Comme Gagné et Vlasic

Le nom de Vermette s'inscrit sur une même ligne d'excellence que Simon Gagné et Marc-Édouard Vlasic, deux autres joueurs recrutés par les Remparts sous l'ère de Raymond Bolduc. «Antoine était de la même graine que Simon, peut-être un peu moins scoreur. Il était intelligent, mature, responsable et bon patineur, ce n'est pas surprenant qu'il ait atteint la LNH. Maintenant, je lui souhaite de signer un autre bon contrat.» Car en bout de ligne, Bolduc ne voit pas seulement le joueur, il admire avant tout l'individu, comme dans le cas de Gagné et Vlasic. «Ils étaient de bons jeunes, ce sont aujourd'hui de bonnes personnes. Quand je regardais la finale [de la LNH] et que je voyais tous ces produits de la LHJMQ, comme Antoine, Corey Crawford, Johnny Oduya, Ondrej Palat, Nikita Kucherov, Cédric Paquette, je suis fier pour tous ces jeunes ayant joué dans notre ligue.»

Saint-Agapit en liesse

«En fait, ça fait 10 ans qu'on attend cette coupe-là !» s'exclame la mairesse de Saint-Agapit, au bout du fil. Depuis le matin, Sylvie Fortin-Graham était prise au coeur d'«un pandémonium de réactions à tous les niveaux».

Le village natal d'Antoine Vermette jubilait mardi, au lendemain de la conquête de la Coupe Stanley par son plus célèbre ressortissant et les Blackhawks de Chicago. «Nos citoyens ont tous applaudi d'un bord et de l'autre, au téléphone, sur Facebook, sur Internet...» indique la première magistrate au Soleil, le temps d'une accalmie d'après-midi.

«Avec Ottawa, il est passé à quelques parties de la gagner», rappelle-t-elle. Vermette et les Sénateurs avaient perdu la finale de 2007 en cinq matchs, contre les Ducks d'Anaheim. «Après il a été échangé, échangé et échangé, puis là il est revenu à l'avant-scène avec Chicago.» En plus d'être mairesse depuis 2005, la dame est aussi, et de surtout, mère de quatre garçons.

«Antoine est un vrai fils de Saint-Agapit», affirme-t-elle avec fierté, soulignant que la famille du hockeyeur fait partie de l'histoire de la petite municipalité de Lotbinière. L'aréna porte le nom de son grand-père, Georges-Henri Vermette, qui a été maire dans les années 70. La Laiterie Vermette et fils a constitué un phare entrepreneurial de l'endroit dès 1908.

«Tout a commencé ici pour lui», poursuit la mairesse. «Il a commencé son hockey ici. C'est un vrai bon petit gars ! Il n'a jamais lâché, jamais ménagé ses efforts. Il a toujours été un modèle pour nos jeunes.» Le tiers des quelque 4200 habitants de Saint-Agapit ont moins de 20 ans.

Sans détenir d'informations privilégiées sur ce que fera le numéro 80 des Hawks durant ses 24 heures en compagnie du précieux trophée, cet été, Mme Fortin-Graham et Saint-Agapit «se préparent pour une parade de la Coupe Stanley !» confirme la mairesse, enthousiaste.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer