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Vente des Nordiques: tous les efforts ont été faits, croit L'Allier

Jean-Paul L'Allier et Marcel Aubut lors de la... (Archives Le Soleil)

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Jean-Paul L'Allier et Marcel Aubut lors de la signature du bail du Colisée, en 1991. À l'époque, Me Aubut insistait sur l'importance de construire un nouvel amphithéâtre pour assurer l'avenir des Nordiques.

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(Québec) Vingt ans après le départ des Nordiques, l'ex-maire Jean-Paul L'Allier estime que tous les efforts ont été tentés à l'époque par son administration pour garder l'équipe dans la capitale. En l'absence d'un consensus régional, la construction d'un nouvel amphithéâtre aurait été un fardeau trop lourd à porter pour la seule Ville de Québec.

«La population de Québec d'alors, 185000 personnes, ne se compare pas du tout avec le demi-million d'aujourd'hui. Ce n'était pas du tout la même réalité. Les membres de la [défunte] Communauté urbaine de Québec n'étaient pas intéressés à investir dans un nouvel équipement, point final à la ligne. Et comme élu, je n'étais pas prêt à faire porter tout le poids à la Ville», explique-t-il.

L'ex-maire s'est ouvert, à la demande du Soleil, lundi, au lendemain d'une déclaration de Régis Labeaume sur le déménagement des Nordiques, au printemps 1995. «Pourquoi nous autres on a réussi à convaincre les autorités publiques d'investir dans un amphithéâtre alors qu'on n'a pas de club et qu'eux [les actionnaires] n'ont pas été capables alors qu'il y avait un club?» avait-il déclaré dimanche.

Incapable de convaincre les autres maires

Disant ne vouloir porter «aucun jugement sur ce qui se passe aujourd'hui», M. L'Allier précise avoir pris son bâton du pèlerin afin de convaincre ses homologues des autres municipalités, les Boucher, Mercier, Langlois et autres, de contribuer au financement d'un nouvel amphithéâtre. Peine perdue.

«J'avais même envoyé une lettre à une trentaine de maires des rives nord et sud afin de les convaincre de faire d'un nouvel amphithéâtre un équipement supra-régional. Personne n'était intéressé. On m'a poliment envoyé sur les roses...»

«Nous avions la responsabilité de travailler avec l'argent qu'on avait à l'époque, de l'argent public, insiste M. L'Allier, d'autant plus que la Ligue nationale de hockey ne disposait pas alors d'un plafond salarial susceptible de venir en aide aux petits marchés comme Québec.

Même l'idée de Marcel Aubut de financer la survie des Nordiques par l'entremise d'une loterie n'avait guère fait de chemin au sein du gouvernement péquiste. Le premier ministre Jacques Parizeau n'était pas chaud à l'idée, de peur de voir cette «loterie particulière» cannibaliser les autres loteries de Loto-Québec.

«De dire que c'est la faute du maire [à l'époque], je m'en fous complètement. Comme élus responsables, on a fait ce qu'on a pu avec la population et les moyens qu'on avait à l'époque. Le temps dira si on a eu raison...» termine M. L'Allier.

Denis de Belleval... - image 2.0

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Denis de Belleval

De Belleval d'accord avec Labeaume

Le départ des Nordiques s'explique surtout par des circonstances économiques, tranche Denis de Belleval, qui était directeur général de la Ville de Québec en 1994-1995. Ce dernier croit toutefois que Marcel Aubut avait des intérêts pécuniaires à vendre le club et qu'il s'est montré mesquin, voire «salaud», en incombant le déménagement des Fleurdelisés au manque de soutien des gouvernements.

M. de Belleval n'est pas reconnu pour porter l'actuel maire de Québec dans son coeur. On a qu'à penser à son opposition dès le départ au projet de nouvel amphithéâtre et même au retour d'une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH) à Québec. Il est cependant d'accord avec Régis Labeaume sur le fait que Marcel Aubut et les autres propriétaires de l'équipe sont «passés à la caisse» en vendant les Nordiques, il y a 20 ans.

«Oui, c'est vrai, Marcel Aubut, au fond, avait des intérêts financiers importants qui le poussaient à vendre», a déclaré M. de Belleval, joint lundi par Le Soleil.  

L'ancien dg se base sur l'attitude de M. Aubut lors des pourparlers avec la Ville de Québec, à l'époque, pour trouver une solution aux déboires financiers des Bleus. «Il trouvait toujours une excuse de refuser ce qu'on proposait. La première fois qu'il est débarqué à la Ville, c'était pour obtenir une subvention qui lui permettrait d'effacer son déficit d'opération. On lui a dit qu'il faudrait qu'il nous montre les états financiers [des Nordiques]. Il a refusé de nous les montrer.»

Blâmer les autres

M. de Belleval considère que Marcel Aubut n'avait pas le contrôle sur l'économie, et qu'en l'occurrence, les difficultés des Nordiques n'étaient pas de sa faute. Mais il croit qu'au lieu d'expliquer clairement la situation, l'avocat a voulu éviter de perdre la face en blâmant les autres.

«Son ego est tel qu'il fallait qu'il trouve un bouc émissaire», a affirmé M. de Belleval. «M. Aubut n'était pas intéressé à rester. S'il avait été un type honnête, et c'est ça que les autres ont fait dans les autres villes [qui ont perdu leur équipe, comme Winnipeg], il aurait parlé des circonstances économiques. Aubut a décidé de jouer ça politique. C'est salaud. C'est l'aspect qui est le plus dommageable pour sa réputation dans tout ça.»

Reste que selon l'ancien fonctionnaire, même s'il assure que tout a été fait pour essayer d'aider l'équipe, la ville de Québec n'avait tout simplement pas les moyens de soutenir une formation de la LNH de la manière dont les choses évoluaient - explosion des salaires des joueurs, population de moins de 200 000 habitants, baisse du dollar.

Une opinion qu'il maintient en 2015. Pour ce qu'il appelle les «néo-Nordiques», Denis de Belleval n'est toujours pas en faveur d'un retour, croyant que la capitale n'a pas l'économie pour soutenir une franchise. «Québec est pas capable de supporter ça. [Régis Labeaume] n'a pas appris la leçon de 1995.»

PKP refuse de jouer les «gérants d'estrade»

Pierre Karl Péladeau refuse de jouer au «gérant d'estrade» au sujet des circonstances qui ont conduit au déménagement des Nordiques de Québec, il y a 20ans. Le chef du Parti québécois a soigneusement évité de prendre position dans la querelle qui oppose Marcel Aubut, un des dirigeants à l'époque du club de hockey jugeant que la vente était inévitable, au maire Régis Labeaume, qui croit que le départ ne se serait pas produit si les propriétaires n'avaient pas voulu «passer à la caisse».

«Je ne suis pas au courant de tous les tenants et aboutissants qui ont amené à la vente des Nordiques», a déclaré le leader péquiste, qui a joué de modestie. «Ça fait gérant d'estrade que de se remettre 20ans avant. Chose certaine, les conditions se sont nettement améliorées», a-t-il ajouté au sujet de modalités qui sont plus favorables, croit-il, pour ramener dans la capitale une concession de la Ligue nationale de hockey.

Il a mentionné «le système de partage [des revenus] à l'intérieur des propriétaires d'équipe. Celles qui sont plus rentables s'organisent pour financer celles qui en ont moins. «Le système semble bien fonctionner, a-t-il ajouté. Fonctionnait-il aussi bien à l'époque, je pense que non.» M. Péladeau a indiqué qu'il «ne sait pas du tout» qui peut être blâmé pour la disparition des Nordiques. 

Avec Michel Corbeil

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