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Hockey mineur: pas question de séparer les filles des garçons, disent des parents

S'il est adopté, le règlement permettrait de doubler... (Photothèque Le Soleil)

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S'il est adopté, le règlement permettrait de doubler le nombre d'équipes féminines au niveau régional, qui passerait de 9 à 17.

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(Québec) Le projet de règlement visant à obliger les jeunes joueuses de hockey de la région de Québec à s'inscrire dans des équipes féminines est loin de faire l'unanimité chez les parents, si l'on en croit ceux interrogés par Le Soleil.

Novice A, la fille de Sophie Mercier évolue avec des garçons depuis qu'elle a commencé à jouer au hockey, il y a quatre ans. «Si le règlement est adopté et qu'elle est atome A l'an prochain, elle sera rétrogradée parce qu'elle devra jouer avec des B et des C, ça ne marche pas ça», rage la mère de famille de Québec.

«Ma fille ne veut pas aller jouer dans une équipe féminine. Elle est bien là où elle est. Pourquoi on lui enlèverait le droit de jouer avec des gars avec qui elle a toujours joué? Si elle s'en va dans une équipe où elle ne veut pas aller, elle risque d'avoir envie de lâcher. On lui a offert plusieurs fois la possibilité d'aller aux pratiques gratuites des équipes féminines, elle n'a jamais voulu.»

Entraînements éloignés

La fille hockeyeuse de Jackie Deschênes, un autre parent de Québec, est allée une fois à ces pratiques gratuites. «Elle a trouvé ça plate et n'a pas voulu y retourner la semaine suivante», raconte M. Deschênes.

Mais il y a plus. Monoparentale, Sophie Mercier ne pourrait pas amener sa fille aux entraînements de l'équipe féminine régionale en semaine. «Actuellement, les pratiques sont souvent à l'aréna qui se trouve à cinq stop de chez nous, ce qui me permet d'y aller avec ma fille en finissant de travailler, à 17h15. Si les pratiques de l'équipe féminine sont à Val-Bélair ou ailleurs, oublie ça, ma fille ne pourra juste plus y aller sur semaine.»

Selon un autre parent de Québec qui a demandé qu'on taise son identité, la grogne est palpable dans les gradins des arénas. «Tous les parents à qui j'ai parlé qui ont des filles qui jouent au hockey ne veulent rien savoir de ce projet de règlement-là», affirme ce père de famille, dont la fille a elle aussi toujours joué avec des garçons.

«Les parents ne veulent pas voir leur fille jouer dans une catégorie plus faible que celle dans laquelle elle serait si elle était dans une équipe masculine. Et puis il y a toute la question des déplacements qui porte préjudice», résume-t-il.

Selon lui, «le projet de règlement pourrait avoir de l'allure si on l'appliquait à partir de l'année prochaine, par exemple, pour toutes les filles qui débutent au hockey, les "mahg", ou prénovice. Pour les autres, celles qui ont toujours joué dans des équipes masculines, les filles doivent avoir le libre choix, sinon c'est de la discrimination pour les joueuses et pour les parents.»

M. Deschênes abonde dans le même sens. «Dans l'état actuel des choses, le projet de règlement brimerait le droit des filles de jouer selon leur niveau. Il empêcherait ni plus ni moins l'évolution des enfants», dit le père de famille, selon qui l'Association de hockey mineur féminin de la Capitale Nationale devrait se contenter de faire de la promotion pour tenter d'attirer les filles dans ses équipes.

«Pas aux meilleures joueuses de payer»

«Ce n'est pas aux meilleures joueuses de payer pour le fait que le hockey féminin n'est pas assez développé.»

Professeure au Département d'éducation physique de l'Université Laval, Guylaine Demers s'intéresse depuis longtemps à la question de la place des femmes dans les sports. Si elle rêve elle aussi de voir naître plus d'équipes de hockey féminin, elle ne croit pas qu'on puisse pour autant empêcher les filles d'évoluer dans des équipes masculines.

«Je comprends les filles de vouloir continuer de jouer dans des équipes masculines. Actuellement, le hockey masculin est beaucoup plus développé que le hockey féminin parce qu'on y a mis et qu'on y met encore beaucoup plus de moyens et de ressources. Les équipes masculines sont donc beaucoup plus attrayantes pour les filles parce qu'elles vont leur permettre de développer leur plein potentiel», analyse Mme Demers.

La professeure est d'avis qu'on ne peut pas pénaliser les meilleures athlètes féminines pour un problème qui n'est pas le leur. «Il faut s'assurer qu'elles ne soient pas limitées dans leur développement, insiste-t-elle. C'est à Hockey Québec, entre autres, de faire en sorte que les filles du hockey féminin aient autant de bons coachs et de possibilités [temps de glace et d'entraînement, par exemple] que les gars. Il faut trouver une façon de rendre le hockey féminin attrayant, et pour ça, il faut y mettre les moyens financiers.»

Surprotégées

Et, qui sait, réfléchit Guylaine Demers, il y aura peut-être plus de filles talentueuses - et plus de filles tout court - qui joueront au hockey le jour où on les amènera, dès leur plus jeune âge, à développer leurs capacités motrices de base.

«Trop souvent, comme parent, on n'interagit pas avec elles comme on interagit avec les garçons. Même si on le fait moins qu'avant, on a encore trop souvent tendance à les surprotéger, à leur dire tôt de faire attention», alors qu'on ne réfrène pas autant les élans physiques des garçons, observe la professeure.

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