Alex Chiasson a pris le chemin le moins fréquenté

Plutôt que de jouer dans la LHJMQ, Alex... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Plutôt que de jouer dans la LHJMQ, Alex Chiasson a choisi le chemin des collèges américains pour atteindre la LNH.

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(Kanata) L'entrée fracassante d'Alex Chiasson dans la LNH a placé très haut la barre des attentes à son endroit. Deux saisons plus tard, il cherche toujours son identité en tant que joueur de hockey. Un parcours atypique pour l'attaquant de Saint-Augustin-de-Desmaures, qui l'a mené de Lake Placid à Ottawa, en passant par Desmoines, Boston et Dallas.

Avril 2013. Les Stars de Dallas rappellent Alex Chiasson de leur club-école de la Ligue américaine. À son premier match dans la LNH, l'attaquant de 22 ans se retrouve, du jour au lendemain, sous les feux de la rampe, à Anaheim. Il marquera six buts au cours des cinq matchs suivants. Le genre de performance qui n'avait pas été vue par une recrue depuis Evgeni Malkin, six ans auparavant.

Évoluant en compagnie de Jamie Benn et de Ray Whitney sur le premier trio des Stars, Chiasson n'avait pas mis de temps à faire la démonstration d'un certain flair offensif. Sa belle séquence aura toutefois été interrompue par une blessure à l'épaule, deux semaines plus tard, à Chicago.

Ce départ fulgurant dans la LNH a eu pour effet de gonfler les attentes à l'endroit de Chiasson, qui n'avait pourtant jamais marqué plus de 17 buts en une saison depuis l'âge junior. Fruit du hasard ou chance du débutant? Deux ans plus tard, il compose toujours avec les effets de cette première impression.

«C'est dur de ne pas vouloir commencer sa carrière comme ça. En même temps, il y a des attentes liées à ça, du point de vue de la production offensive. Tu ne te donnes pas beaucoup de chances pour les années suivantes...» a laissé entendre le numéro 90 des Sénateurs, qui avait cumulé 35 points, dont 13 buts, à sa première saison complète avec les Stars, l'année suivante.

Échangé aux Sénateurs l'été dernier, Chiasson continue, après avoir connu un bon début de saison, puis ensuite ralenti, de se battre pour retrouver la magie offensive de ses débuts. Une situation qui ne vient pas sans pression, d'autant plus qu'il deviendra joueur autonome avec restriction à la fin de la campagne.

«Quand tu perds un peu de temps de glace, c'est dur de se faire valoir. Il y a eu un changement de coach. Le rôle d'un peu tout le monde a changé. C'est ça, le hockey, tu ne sais jamais! Il faut que tu prouves toujours, à tous les jours, que tu mérites d'être là...» a laissé entendre le «seul célibataire» de l'équipe.

Des larmes pour ses premiers coups de patin

Chiasson n'a pas toujours voulu «être là». À peine plus haut que trois pommes, alors que la famille résidait à Lorraine, le petit bonhomme refusait de suivre son père Serge et sa grande soeur Maude, de quatre ans son aînée, sur la glace.

«Je n'aimais pas ça, aller jouer au hockey. Ma soeur Maude et mon père avaient décidé de m'amener à la patinoire. Ils m'ont habillé, m'ont laissé seul sur la glace et sont partis. Il paraît que je pleurais en patinant. C'est comme ça que ç'a commencé!»

Les larmes n'ont pas duré longtemps. À quatre ans, Chiasson était déjà vendu à notre sport national! Lorsque la famille déménage en banlieue de Québec deux ans plus tard, il amorce son parcours dans le hockey mineur.

«Mon père travaillait à la Banque Royale et il a été transféré à Québec. Depuis ce temps-là, on habite à la même maison, à Saint-Augustin, proche du Séminaire Saint-François. J'ai joué mon hockey mineur là. Par la suite, j'ai joué pour les Gouverneurs de Sainte-Foy. J'ai fait de la première à la quatrième secondaire au Séminaire et, en cinquième secondaire [2007], je suis parti aux États-Unis», a-t-il relaté.

Avant de mettre le cap sur le pays de l'oncle Sam, Chiasson a remporté le bronze à la Coupe Telus avec le Blizzard du SSF et ses amis d'enfance Mikaël Tam, Frédérick Roy et David Savard, qui ont, pour leur part, tous emprunté le chemin de la LHJMQ.

Âgé de 16 ans, Chiasson allait choisir une tout autre voie. Intrigué par la décision d'un bon copain, William Saint-Hilaire, de poursuivre ses études dans le programme de ski alpin du prep school de Northwood (Lake Placid), Chiasson et ses parents Serge et Marilyn, pour qui les études ont toujours été une priorité, ont exploré cette autre possibilité.

«On a appelé l'école et on a appris qu'il y avait un programme de hockey. [...] Quand je suis arrivé là-bas, je ne parlais pas anglais. Les premiers mois, ç'a été super difficile. Mais ç'a été bon pour moi. Les études, c'était différent. Les cours, ça se faisait à sept ou huit étudiants autour d'une table. C'était vraiment propice à échanger. [...] Du côté hockey, je pense que c'est là que j'ai pris confiance en moi», a indiqué celui qui a conclu cette première saison américaine avec 35 buts et 46 passes en 45 matchs.

Sous la loupe des dépisteurs

Se retrouvant sous la loupe des dépisteurs, Chiasson a commencé à être sollicité de toute part, à la fois par les collèges américains et les équipes de la LHJMQ, mais son choix était déjà arrêté. Autant pour la qualité de l'enseignement que de l'encadrement sportif, il joindrait une formation universitaire aux États-Unis.

«Les équipes étaient au courant de mon intention. Je pense que beaucoup de formations juniors avaient quand même appelé chez nous. Mais mon père mettait fin à ça assez vite, parce que j'étais dans une belle situation. Pour mes parents, c'était beaucoup d'argent, qu'ils avaient déboursé. Je pense qu'ils voyaient où ça pourrait me mener dans le futur...»

Question d'améliorer son rang de sélection dans la LNH, Chiasson allait évoluer avec la formation des Buccaneers de Desmoines, dans la USHL, la saison suivante. «J'ai finalement été repêché au rang où j'étais supposé aller. J'avais fait beaucoup d'entrevues avec Dallas, qui était même venu à Québec pour me rencontrer. J'étais à peu près certain que si j'étais disponible, ils allaient me repêcher.»

Il a effectivement été réclamé par les Stars en deuxième ronde (38e au total), en 2009, à Montréal. L'automne suivant, l'attaquant de 6'4" et de 205 livres faisait son entrée chez les Terriers de Boston University, où il a amorcé, à la suggestion de sa soeur Maude, un baccalauréat en économie.

La phrase magiquede Jean-Paul Parisé

Au moment même où son agent, Philippe Lecavalier, suggérait à Alex Chiasson de passer dans la USHL, le regretté Jean-Paul Parisé prenait la barre des Buccaneers de Desmoines. Leur rencontre était inévitable. Le temps d'une saison, l'ancien des Bruins, des Leafs, des North Stars, des Islanders et des Barons aura donc dirigé le Québécois, alors âgé de 18 ans, sur lequel il aura laissé une empreinte durable. «C'est quelqu'un qui a eu un gros impact dans ma vie... Un petit gars de Québec qui se ramasse en Iowa, ce n'est pas évident. Ç'a été un changement de culture de A à Z. Sans lui, ce ne serait jamais arrivé. C'est quelqu'un qui m'a beaucoup aidé dans mon hockey. Sa passion du hockey et son respect des humains étaient incroyables. J.-P., il avait un plaisir à enseigner, à aider les jeunes», relate, non sans émotion, Chiasson.

Dans les moments les plus difficiles, le père de Zach Parisé avait toujours une mémorable réflexion à offrir en guise de réconfort. «Il disait tout le temps sa phrase magique : "Alex, la vie a ses bons moments"... Je pense que je ne comprenais pas toujours ce qu'il essayait de me dire. Mais c'est quelqu'un qui était lucide. Quand, par moments, c'est plus difficile et que je me pose des questions, je reviens souvent à ce qu'il m'a appris», a admis Chiasson, qui a été ébranlé par le décès de son mentor. Il est mort d'un cancer du poumon à l'âge de 73 ans, le 8 janvier 2015.

Séduit par les universités américaines

Rare produit de la région de Québec à avoir emprunté le chemin des collèges américains, Alex Chiasson ne tarit pas d'éloges à l'endroit du hockey de la NCAA. Membre des Terriers de Boston University de 2009 à 2012, l'attaquant a adoré son expérience universitaire et se désole que cette option soit méconnue des Québécois.

À Boston, Chiasson a découvert une ville passionnée de hockey, abritant quatre prestigieux programmes universitaires pouvant compter sur des moyens insoupçonnés. «Les gens du Québec n'ont aucune idée - et je ne dis pas ça méchamment contre le junior - de la qualité de vie dans les universités américaines! J'ai été chanceux. Je suis allé dans une école réputée, avec des installations et un aréna de première classe... Le hockey universitaire, à Boston, c'est le plus gros sport. L'argent déboursé dans les programmes est incroyable!» Même les Canucks de Vancouver, en visite au Agganis Arena, avaient été impressionnés par les quartiers des Terriers. «Les joueurs étaient venus pratiquer et utilisaient notre chambre. Les frères Sedin prenaient des vidéos. Je me disais : "Pourtant, ces gars-là jouent dans la Ligue nationale..." C'est là que j'ai réalisé qu'on était traités comme des pros. Aujourd'hui, les gars voyagent même en avion!» a illustré celui qui a évolué avec les Nick Bonino, Kevin Shattenkirk, Eric Gryba et Charlie Coyle lors de son passage à BU.

Au cours de son stage universitaire, Chiasson a en outre participé au Bean Pot, un tournoi relevé opposant les quatre formations universitaires de Boston, ainsi qu'au Frozen Fenway, un match extérieur à Fenway Park. En prime, il n'est plus qu'à cinq cours d'obtenir un baccalauréat en économie, lui qui a toujours eu de la facilité à l'école.

«Je ne suis pas gêné de dire que j'ai une éducation qui vaut 60 000 $ par année. J'ai appris à apprécier ça. Oui, tu vas dans une école où tu as la chance de jouer au hockey, mais ça va plus loin que ça. Tu as la chance de rencontrer des gens de partout dans le monde. Et tous les moyens sont mis à ta disposition.»

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