Martin Madden: là où tout a commencé

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Martin Madden (à droite, derrière le gardien) à l'époque des célèbres Castors de Québec.

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(Québec) Au fil du temps, il a été le coach de Guy Lafleur, l'entraîneur-chef des Remparts et le directeur général des Nordiques. Mais il y a 50 ans, Martin Madden pilotait l'une des équipes les plus populaires en ville, soit les Castors de Québec, qui ont marqué l'histoire du Tournoi international de hockey pee-wee.

Les archives du tournoi d'abord présenté «sous les auspices du Carnaval» ont peut-être brûlé dans l'incendie du Patro Roc-Amadour en 1978, les souvenirs n'en restent pas moins gravés dans la mémoire de Martin Madden, qui a été à la barre de cette sélection régionale regroupant les 16 meilleurs joueurs des fameux «pee-wee Griffin», en référence à son oncle, Mike Griffin, fondateur de la ligue en question.

«Je me souviens d'un match contre Detroit et les frères [Mark et Marty] Howe. La partie n'était prévue qu'à 20h, mais dès 15h, les portes étaient déjà fermées, le Colisée était plein à craquer et il devait y avoir 15 000 spectateurs alors qu'il ne contenait que 10 000 sièges. Les joueurs rentraient par l'entrée de service et du monde que je connaissais me demandait de les faire rentrer avec nous», raconte Madden, comme si l'événement venait de se passer.

De 1965 à 1968, il a dirigé cette sélection. À tour de rôle, des jeunes nommés Réjean Giroux, Jacques Richard, Guy Chouinard, Jean Gagnon et d'autres ont fait vibrer les amateurs de Québec. «Tout le monde voulait jouer avec les Castors, c'était la grosse affaire. Bien que bénévole, le poste d'entraîneur-chef en était un de prestige parce que le Tournoi pee-wee ne cessait de prendre de l'expansion.»

Après avoir joué comme ailier «capable de marquer des buts, mais pas très travaillant, Madden s'est tourné vers le coaching, notamment pour le compte des Castors avec qui la victoire était loi. «Les jeunes savaient qu'avec les Castors, le banc pouvait être réduit. Peut-être que certains parents ont sacré après moi quelques fois, mais j'y ai côtoyé du bon monde», précise-t-il à propos de ces pères qui ne rataient aucun entraînement qu'il faisait avec son adjoint du temps Jacques Roberge, aujourd'hui décédé.

Sur la glace, les Castors n'ont jamais remporté le tournoi. «On s'est rendu deux fois en demi-finale avec Jacques Richard et Guy Chouinard. On aurait pu gagner, mais nous avions été battus par des clubs de Toronto.»

La magie de Chouinard

S'il estime que Jean Gagnon - aujourd'hui adjoint au dg des Remparts - a été «le meilleur défenseur que j'ai coaché», le talent de Chouinard, qui a déjà marqué 50 buts en une saison dans la LNH et participé quatre fois au Tournoi pee-wee, lui saute encore aux yeux.

«Il était un pee-wee exceptionnel, il avait des mains extraordinaires et une vision du jeu incroyable. Je me souviens de lui avoir déjà dit : "Guy, c'est le temps de sortir ta magie." On avait comblé un déficit de 3-0 dans le temps de le dire...»

Les Castors participaient aussi à d'autres tournois et des festivals les invitaient. «Une fois, nous étions allés à Sainte-Perpétue, mais il faisait tellement chaud, que la glace avait fondu. Tant qu'à être là, on avait joué en bottes.»

En 1968, on lui propose de diriger le Couillard de Sainte-Foy (junior B) et peu de temps après, Paul Dumont lui confie les As Jr, qui misaient sur Guy Lafleur. Sur le point de se marier, il annonce à sa fiancée qu'il lâche son job de fonctionnaire pour faire du hockey à temps plein. «Même si je dis non, tu vas le faire pareil», lui dira sa future femme.

Toute sa carrière, Martin Madden aura fait ce qu'il aimait : du hockey. Le Colisée, les Castors et le Tournoi pee-wee - «Je me souviens plus de la participation de mon fils que la mienne...» - en restent des faits marquants.

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«On dirait que c'était écrit dans le ciel que je marcherais dans ses traces», rigole Martin Madden Jr, dépisteur-chef du club de la Californie depuis 2009.

Dépisteur de père en fils

Depuis trois ans, le père donne un coup de pouce à son fils avec les Ducks d'Anaheim. «On dirait que c'était écrit dans le ciel que je marcherais dans ses traces», rigole Martin Madden Jr (photo), dépisteur-chef du club de la Californie depuis 2009. Bachelier de l'Université McGill en génie civil, celui qui avait déjà rêvé à une carrière comme joueur s'est tourné vers le recrutement, d'abord avec Halifax (LHJMQ) et ensuite avec les Rangers et les Hurricanes de la Caroline, où il a remporté la Coupe Stanley. «Je pense qu'on est le seul duo père-fils à avoir gagné une Coupe Stanley comme dépisteur avec des équipes différentes», souligne fièrement le paternel.

Madden Jr a toujours vécu près du hockey, Kevin Lowe et Gaston Therrien étant ses premières idoles quand son père était avec les Remparts, puis Dale Hunter et Peter Stastny lors de son passage avec les Nordiques. «Juste à le regarder, mon père m'a enseigné trois choses: avoir confiance en soi, respecter les gens et être à l'écoute de l'opinion des autres pour se forger la sienne», dit celui qui avait été engagé comme recruteur à temps plein lorsqu'on son père était dépisteur-chef à New York. Depuis, fiston vole de ses propres ailes.

Belle confrérie

La présence de Martin Madden aux matchs des Remparts et ses petites tournées des villes à proximité de Québec lui permettent de retrouver de bons amis et se retremper dans un groupe où le respect est de mise.

«Ça me démontre que mes 33 années dans le milieu n'ont pas été vaines. J'y ai développé de bonnes relations. Il s'agit d'une belle confrérie. Ce que je retiens de mon passage avec quatre organisations [Flyers, Nordiques, Rangers, Canadien et Ducks], c'est que même si chacune fait les choses à sa façon, elles savent respecter les individus. Et si j'avais un conseil à donner aux jeunes d'aujourd'hui, ce serait d'apprendre une deuxième langue, ça m'a été utile.»

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La feuille de route de Martin Madden est longue : 33 ans consécutifs de hockey à temps plein. «Ça n'a pas dérougi, tout cela sans sécurité d'emploi», rappelle-t-il avec le sourire.

Le Soleil, Yan Doublet

Une longue carrière sans sécurité d'emploi

Sa feuille de route est longue: 33 ans consécutifs de hockey à temps plein. «Ça n'a pas dérougi, tout cela sans sécurité d'emploi», rappelle Martin Madden avec le sourire.

Si l'homme de hockey aurait aimé passer plus d'une saison et demie dans le poste de directeur général des Nordiques, il n'est pas moins fier de son parcours de dépisteurs ponctué de trois conquêtes de la Coupe Stanley avec les Flyers (1974 et 1975) et les Rangers (1994).

«Dans la vie, il y a toujours des gens qui t'aident plus que d'autres. Si j'ai pu faire une aussi longue carrière, c'est grâce à Henri Bertrand, qui m'avait offert de rester dans l'organisation des As de la Ligue américaine après avoir perdu mon poste avec les As Jr; à Bud Poile, qui m'a engagé avec les Flyers en 1970; et à Jack Button, le père de Craig [analyste à TSN] et Tod [dépisteur-chef à Calgary], sans qui je n'aurais pas rejoint la nouvelle centrale de recrutement de la LNH en 1975», rappelle le natif du quartier Saint-Sauveur, où il est depuis revenu s'établir dans la résidence familiale.

Dépisteur de 1970 à 1978, il avait été nommé au poste de dg des Remparts en 1978-1979 pour remplacer René Drolet derrière le banc deux semaines avant le début des séries. Il s'est alors aperçu que sa place était réellement dans les hauteurs des arénas à découvrir de nouveaux talents.

«J'ai passé 10 ans avec les Nordiques, 10 ans à New York et trois ans et demi avec le Canadien [à titre d'adjoint au dg André Savard]. J'ai adoré chaque instant, mais quand le club de ta ville tombe à zéro et que tu en as la charge, ce n'est pas facile. J'aurais pu faire une tonne de choses différentes comme dg des Nordiques, mais j'ai joué avec les cartes que j'avais dans les mains», confie celui qui avait été congédié pendant l'année de misère de 12 victoires (1989-1990).

De son passage avec les Nordiques, il se réjouit encore de la sélection au repêchage de 1987 de Joe Sakic et de celle de Mats Sundin en 1989. «Mon plus beau souvenir, c'est d'avoir repêché Joe, assisté à son développement comme joueur et de l'avoir connu. Joe Sakic, c'est quelqu'un de spécial pour moi.

«Dans le cas de Sundin, le crédit est allé à Pierre Gauthier, mais j'aurais pu dire non comme dg, sauf qu'il faisait vraiment l'unanimité. On a quand même contribué à remonter le club avec quelques bons choix», dit Madden à propos de l'héritage qu'il a laissé à son successeur.

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