Franchises sportives: le beau risque

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Erik Karlsson des Sénateursd'Ottawa

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<p>Gabrielle Thibault-Delorme</p>
Gabrielle Thibault-Delorme

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Le Soleil

(Québec) Une franchise de hockey est-elle une mine d'or ou un suicide financier? La réponse n'est pas absolue, tout dépendrait de la ville qui l'accueille.

Les retombées économiques d'une équipe de la LNH incluent d'abord les revenus directs, soit les billets, les concessions et produits dérivés et les contrats de diffusion et la publicité. À ce chiffre, on peut ajouter les retombées indirectes, soit le nombre d'emplois créés ou encore les revenus qui proviennent du tourisme sportif (restaurants, hôtels, transport, etc.) Si on ajoute ces données dans les revenus, le calcul est beaucoup plus complexe.

«Dans une ville comme New York, qui a plusieurs franchises sportives, c'est difficile d'isoler et d'attribuer les retombées à un sport en particulier», explique Frank Pons, professeur de marketing à l'Université Laval. Dans le cas du tourisme sportif, par exemple, il est ardu de séparer le touriste qui s'est déplacé à New York uniquement pour les Rangers de celui qui a profité de son séjour pour assister à un match.

L'exemple d'Ottawa

Pour donner une idée, M. Pons cite l'exemple d'Ottawa, qui annuellement récolte 100 millions $ de revenus directs et 104 millions de revenus indirects, soit 204 millions $ par année en moyenne. En 21 ans, la ville a pu profiter de près de 3 milliards $ de revenus.

Mais pour rapporter gros, encore faut-il que l'équipe puisse survivre et qu'il soit possible d'obtenir une franchise. Glen Hodgson, premier vice-président et économiste en chef du Conference Board du Canada, précise quelques critères qu'une ville doit remplir avant de pouvoir accueillir une équipe de la LNH.

Le premier critère est la taille du marché. Le Conference Board du Canada calculait qu'elle doit être d'environ 800 000 personnes pour soutenir une équipe de hockey.

Le revenu par habitant est également primordial. Plus le niveau de vie est élevé, plus les habitants peuvent se permettre de dépenser pour des loisirs ou des produits de luxe. Ils seront donc plus susceptibles d'acheter des billets de hockey.

La présence de grandes entreprises dans une ville joue également un rôle-clé. Dans le cas de Québec, «le grand nombre de petits commerces compensent le manque de sièges sociaux. Plusieurs petites entreprises équivalent à une grosse», précise M. Hodgson.

Devise canadienne et américaine

Dans le cas de Québec, ce qui avait joué à l'époque, lors du déménagement des Nordiques, était le dernier critère, soit l'égalité des conditions de marché. «La principale raison pour laquelle les Nordiques ont quitté était la différence entre la devise canadienne et américaine. Les coûts de fonctionnement de l'équipe étaient plus élevés, notamment parce que les joueurs sont payés en argent américain. Mais la différence entre les devises s'est amenuisée depuis», explique M. Hodgson.

Si une ville remplit l'ensemble de ces conditions, obtenir une équipe de hockey est un risque calculé, qui peut toutefois rapporter gros.

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