L'exigeante passion de Mathieu Melanson

À 31 ans, Mathieu Melanson participe à l'Omnium... (Collaboration spéciale Jean-Nicolas Patoine)

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À 31 ans, Mathieu Melanson participe à l'Omnium du Québec pour tenter de percer au golf.

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(Saint-Georges) «Il y a des soirs que ça dort pas. Le hamster tourne. Jouer au golf, pour moi, ce n'est pas une décision. C'est une passion. Je n'ai pas le choix de le faire, parce que sinon je sais que je vais avoir du regret. Mais il y a des soirs où j'aimerais ne pas être bon au golf. Parce que ma vie serait plus simple.»

Assez talentueux pour rêver d'en vivre, pas encore assez pour y parvenir, l'ex-Remparts Mathieu Melanson tente cet été de percer le milieu sélect du golf professionnel. D'où sa présence à l'Omnium du Québec Canam, à Saint-Georges de Beauce.

Au printemps, il a laissé tomber sa vie à Toronto - son emploi dans la vente en tête - pour revenir s'installer à Québec et se consacrer au sport. Il n'avait pas visité la capitale depuis sa conquête de la Coupe Memorial, en 2006.

Dans la Ville Reine, il avait abandonné le golf, écoeuré par ses performances. Deux ans sans toucher à un bâton. «Je me mettais trop de pression, je n'aimais pu ça, je jouais mal. Des fois, un homme et une femme prennent un break et reviennent ensemble. C'était ça. On ne pouvait pu se voir la face, le golf et moi», illustre le Néo-Brunswickois avec son accent acadien.

Il finit toutefois par s'ennuyer de sa douce. Lentement mais sûrement, l'idée d'un retour sur les verts fait son chemin.

Melanson a économisé pendant son séjour à Toronto, mais il ne roule pas sur l'or. «J'ai pas les chars, j'ai rien», lance-t-il au fil d'un candide entretien. Pour lui, chaque élan devient donc une question de survie. Une pression immense qu'il doit apprendre à gérer. «C'est pas facile», admet-il.

Le golf toujours présent

Le golf a toujours fait partie de sa vie. Avant même d'avoir cinq ans, il suit son père Roland - l'ex-gardien et entraîneur du Canadien - sur les allées du club Pine Needles, près de son Shediac natal.

Il pratique le hockey et le golf en parallèle jusqu'à l'âge adulte, mais le premier prend le dessus sur le deuxième, du moins pour un temps. Après avoir été repêché par le Wild du Minnesota en huitième ronde (2003), Melanson devient un rouage important des Remparts de 2004 à 2006 (voir autre texte).

Après une courte pause du hockey, il revient chez les professionnels. Pour survivre, indique-t-il aujourd'hui. «J'étais revenu dans le hockey pour payer les bills, mais la passion n'était plus là. Mais quand t'es établi dans quelque chose, ce n'est pas évident de prendre la décision» de partir.

De 2006 à 2009, Melanson joue dans quatre villes différentes de la Ligue de la Côte Est, parcours ponctué de huit matchs dans la Ligue américaine avec le Moose du Manitoba.

Loin de le galvaniser, ce séjour dans le dernier niveau avant la LNH ajoute du plomb dans l'aile de sa carrière. «La Ligue américaine m'a fait me rendre compte qu'il me manquait une coche. Et que si je n'ai pas la passion pour aller la chercher... Je devais prendre une décision.» Il dispute ses derniers matchs dans la East Coast en 2009.

Huit ans plus tard, la page hockey semble définitivement tournée. Et celle du golf est blanche, ou presque. À 31 ans, il se lance dans l'inconnu. Avec un bagage d'expérience limité pour son âge. La scène était d'ailleurs étrange, jeudi, près du chalet du club St-Georges : dans cet univers, personne ne semblait connaître cet homme qui a pourtant marqué l'histoire des Remparts.

L'Omnium du Québec n'est que le deuxième tournoi de sa nouvelle vie. Après sa première ronde de 74 jeudi, il constatait avoir encore beaucoup de travail à faire. Il a connu une journée ardue vendredi avec un 86. Sa fin de semaine se termine sans récolte.

«J'ai tout sacrifié dans ma vie pour faire cette game-là, souligne Melanson. Ça va-tu marcher mon affaire? Je le sais pas. La seule chose que je sais : je n'aurai pas de regrets.»

***

«J'étais pas une personne facile»

Les champions de la Coupe Memorial en 2006 ont déjà une aura mythique, 11 ans plus tard. Des Remparts à la personnalité forte, menés sur la glace par Alexander Radulov, dirigés par Patrick Roy. Avec en prime un ailier productif à la mauvaise réputation, Mathieu Melanson.

«Lui, il m'a permis de suivre un cours en psychologie», a blagué Roy, il y a moins d'un an, en parlant de l'une de ses vedettes à l'époque.

Melanson le reconnaît aujourd'hui : il manquait alors de maturité. Frondeur, grande gueule, il n'hésitait pas à confronter son patron, sans mesurer la portée de ses gestes.

«J'étais pas une personne facile. J'ai toujours eu un problème avec l'autorité, admet Melanson. C'est sûr qu'il y a eu des moments dans la saison où on se parlait dans le casque.»

Lors des séries éliminatoires menant à la conquête... (Photothèque Le Soleil) - image 3.0

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Lors des séries éliminatoires menant à la conquête de la Coupe Memorial en 2006, Mathieu Melanson a inscrit 25 buts et 40 points en 23 matchs.

Photothèque Le Soleil

Reste malgré tout un évident respect entre les deux hommes. Melanson parle de l'ex-gardien de but avec louanges : «j'ai aimé Patrick», «on ne gagne pas la Coupe [Memorial] sans lui». De son côté, Roy a nommé Melanson sur son équipe d'étoiles des Remparts 2.0, sélection faite au début de la dernière saison. «Il a été clutch dans les moments opportuns, et il a joué un mégarôle dans la conquête de la Coupe Memorial», avait alors expliqué l'ex-entraîneur.

Pour permettre aux Remparts de s'y rendre, d'abord. Après une saison de 86 points en 59 rencontres, Melanson a explosé lors des séries de la LHJMQ avec 25 buts et 40 points en 23 matchs. Il a poursuivi le travail avec six points en quatre affrontements lors du tournoi pour le saint Graal du hockey junior canadien. Tout ça avec l'aide d'un certain joueur russe.

«Deux matchs avant les séries, Patrick m'a mis avec Radulov. On a cliqué. Je dois beaucoup au fait d'avoir jouer avec lui. Comme équipe, on a pris confiance. Je n'aurais jamais fait ce que j'ai fait si ce n'avait pas été de tous ces gars-là.»

En parlant de cette année triomphale, Melanson hésite, commence une phrase, la reformule, s'arrête. «Les meilleures expériences dans la vie, on ne peut pas les expliquer, affirme-t-il enfin. Je ne veux même pas essayer de l'expliquer parce que je n'ai pas les mots pour lui rendre justice.»




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