Tournoi des maîtres: un prof comme pro du bâton

Détenteur de 30 inventions brevetées, le professeur Martin... (La Tribune, Maxime Picard)

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Détenteur de 30 inventions brevetées, le professeur Martin Brouillette fait partie du panel de six ingénieurs choisis par le magazine Golf Digest pour préparer sa «Hot List» des nouveaux bâtons que les compagnies s'apprêtent à mettre sur le marché.

La Tribune, Maxime Picard

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<p>Réal Labbé, collaborateur spécial</p>
Réal Labbé

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Augusta) Le professeur Martin Brouillette gardera sûrement un oeil averti sur le Tournoi des maîtres, par le biais de la télévision. Il aurait préféré être sur place évidemment pour voir le terrain d'abord et sentir l'atmosphère qui se dégage sur le parcours du club Augusta National.

Martin Brouillette est professeur à la Faculté de génie de l'Université de Sherbrooke. Il fait aussi partie du panel de six ingénieurs choisis par le magazine Golf Digest pour préparer sa «Hot List» des nouveaux bâtons que les compagnies s'apprêtent à mettre sur le marché. Il est également un fabricant de bâtons certifié (clubmaker).

Il est en plus un inventeur, détenant 30 inventions brevetées. Il a récemment vu une de ses inventions connaître la consécration. Une fibre innovatrice qui a eu raison de la dureté des blocages artériels d'un patient traité à l'aide de la technologie SoundBite, une première mondiale chez un humain.

Ah oui! Martin Brouillette a une passion pour le golf, un sport qu'il a pratiqué pendant des années de façon très régulière.

«Je me suis intéressé à la technologie du golf après avoir acheté un set de fers que j'avais payé 1000 $ avec des prises mal installées. Ma culture d'ingénieur a fait que je me suis posé des questions et j'ai commencé à m'intéresser à la technologie du golf.»

L'amateur de golf et ingénieur s'est lancé dans la fabrication de bâtons dans son garage. «Je me suis renseigné beaucoup sur l'ajustement des bâtons [club fitting] et leur fabrication. Ici, à l'université, je regardais avec des étudiants ce que l'on pouvait faire pour améliorer l'équipement.»

Membre de toutes les sociétés de fabricants de bâtons, Martin Brouillette donne, en 2004, une conférence sur l'avenir de cette industrie (clubmaking). «Tom Stites, développeur chez Taylor Made, y assistait, de même qu'une représentante de Golf Digest. C'est là que le magazine m'a demandé de participer aux essais sur les nouveaux bâtons et j'ai également obtenu une certaine collaboration avec Taylor Made.»

La liste des listes

La préparation de la liste des listes de Golf Digest se fait de façon très méthodique pour en arriver à distribuer les médailles d'or, d'argent et de bronze.

«D'abord, explique le professeur, Golf Digest fait une présélection parce que les demandes pour les essais sont nombreuses. L'événement dure plusieurs jours. D'abord, c'est la performance qui est testée par un comité de joueurs, avec tous les bois, les fers 4, 6 et 9, puis les hybrides, les cocheurs et finalement les fers droits. Il y en a plusieurs à analyser. L'autre comité mis à contribution, c'est plus pour le marché en général avec des détaillants d'équipements. Le troisième comité est celui de la technique, dont je fais partie. Nous évaluons si la technologie présentée fait du sens et chaque manufacturier nous envoie les données techniques. Nous avons des réunions au cours desquelles nous étudions la technologie soumise. Ça dure deux jours.»

Par la suite, Golf Digest collecte toutes les données et attribue ses médailles. «Je sais quels sont les gagnants quand mon magazine arrive, pas avant. Toutefois, les essais et analyses se font à l'automne dans des endroits assez discrets pour ne pas que des médias viennent mettre leur nez dans des affaires qui ne les regardent pas pour le moment. Puis, c'est à Orlando, au Golf Show, au mois de janvier que les manufacturiers mettent leurs nouveautés sur le marché.»

À voir tout ce nouvel équipement, année après année, on se demande où tout ça s'arrêtera. «C'est sûr que ce sont les bois de départ qui ont la cote au niveau marketing. Depuis les dernières années, il y a eu une amélioration graduelle, mais malgré ce que la publicité laisse entendre, il n'y a pas de solution miracle. On promet à la clientèle que le nouveau bois 1 ajoutera 10 verges à son coup de départ. Ça fait un bout de temps que ça dure et on devrait être rendu à un gain appréciable. Ce qui n'est pas le cas.»

En fait, la meilleure option pour le professeur ingénieur, c'est d'utiliser une tige rigide et même très rigide. «Si vous jouez avec une tige régulière et que vous balancez votre bâton, vous notez un effet de fouet. Il est prouvé scientifiquement qu'au golf, l'effet de fouet n'apporte pas plus de distance. La seule chose que ça fait, c'est la possibilité d'envoyer la balle plus à droite ou à gauche. Contrairement au hockey où l'effet de fouet ajoute de la vélocité à la rondelle, ce n'est absolument pas le cas au golf.»

Chaque année, le marché du golf offre une multitude de nouveaux équipements. Est-ce que ça va s'arrêter à un moment donné? «Les règles du golf font que les manufacturiers sont pas mal au bout pour les bois 1. Il reste encore des améliorations qui peuvent être apportées pour les fers avec les nouvelles technologies.»

Martin Brouillette continue à bien servir sa passion pour le golf, mais d'abord et avant tout, il travaille sur d'autres projets scientifiques tout en assumant sa tâche de professeur. Une chose certaine, il ne regarde pas un tournoi de golf de la même façon que le commun des mortels.




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