Tiger «homme à tout faire»

Pour la première fois depuis 2008, Tiger Woods... (AP, Chris Carlson)

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Pour la première fois depuis 2008, Tiger Woods ne participera pas à la Coupe Ryder. Le golfeur de 40 ans devra se contenter du rôle de vice-capitaine de l'équipe des États-Unis.

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Agence France-Presse
CHASKA

Tiger Woods doit se contenter du rôle de vice-capitaine de l'équipe des États-Unis à la Coupe Ryder, qui prend son envol vendredi. Un rôle que l'ancien numéro un mondial prend très au sérieux, même si cela l'obligera peut-être à se transformer en livreur de sandwichs.

Pour la première fois depuis 2008, Woods ne prendra pas part à la prestigieuse compétition, qu'il n'a du reste remportée qu'à une seule reprise, en 1999, en sept participations. S'il ne joue pas, il est bien présent sur le parcours de Hazeltine (Minnesota), où Davis Love, le capitaine américain, en a fait l'un de ses vice-capitaines.

«Tiger m'a fait des remontrances il y a quelques semaines, il m'a dit en plaisantant : "Tu me donnes trop de boulot!" On s'entend tous très bien et notre but est de tout faire pour aider l'équipe. Si cela veut dire aller chercher un chandail pour un des joueurs au chalet, on ira le chercher. Je viens d'apporter des sandwichs à la dinde à un groupe de joueurs qui s'entraînaient», a raconté Love.

L'idée de voir Woods, l'un des plus beaux palmarès de l'histoire du golf avec ses 14 titres du grand chelem, transformé en simple «homme à tout faire» fait sourire Jimmy Walker, le vainqueur du dernier Championnat de la PGA. «J'espère que certains lui demandent de courir à gauche et à droite, même s'ils n'ont besoin de rien, mais je crois qu'il s'amuse bien à ce poste, il est heureux de faire partie de cette aventure.»

À 40 ans et désormais relégué au-delà de la 750e place mondiale, Woods se prépare à faire son retour sur le circuit le mois prochain à Napa (Californie) après plus d'un an d'absence en raison de problèmes de dos. «Tiger est quelqu'un qui a l'esprit d'équipe, il fera tout ce dont on a besoin», a relevé de son côté J.B. Holmes. «C'est une icône du golf, c'est génial de l'avoir auprès de nous avec toute l'expérience qu'il a.»

Les États-Unis restent sur trois défaites humiliantes à la Coupe Ryder et sont bien décidés à renouer avec la victoire et à venger le cinglant camouflet à domicile en septembre 2012 à Medinah (Illinois). Alors qu'ils avaient abordé la dernière journée avec quatre points d'avance, Woods, Bubba Watson et consorts avaient sombré et laissé échapper la victoire par un point au terme du tonitruant retour des Européens.

C'est peu dire que «le miracle de Medinah» de 2012 ou encore «la débâcle de Gleneagles» de 2014 (défaite 16,5 points à 11,5) taraudent encore l'esprit des Américains. «Je veux, nous voulons tous, prendre notre revanche», a résumé Patrick Reed, le huitième joueur mondial qui participera pour la deuxième fois de sa carrière à la prestigieuse épreuve biennale créée en 1927. «L'objectif que nous nous sommes fixé est clairement que la Coupe Ryder reste cette fois à la maison.»

Mickelson, un habitué

Signe du prestige de ce rendez-vous et du désarroi causé par les défaites à répétition, les responsables du golf américain avaient convoqué en 2014 un comité de réflexion formé par les grands noms de la discipline. Résultat? «Il y a désormais plus de retours des joueurs et la volonté de construire une forme de continuité année après année», s'est réjoui Phil Mickelson, qui participera pour la 11fois à la prestigieuse épreuve.

Si les États-Unis mènent encore largement avec 25 victoires en 40 éditions, l'Europe, admise depuis 1979 dans la compétition originellement ouverte aux joueurs britanniques (et irlandais à partir de 1973), n'a aucune raison de changer. «Ce qui est très important, c'est de conserver cette mentalité de négligés. Si on regarde le bilan global, on est encore très loin des États-Unis, on vit confortablement avec ce statut de négligés», a expliqué le Nord-Irlandais Rory McIlroy.

Le format

  • 12 joueurs par équipe
  • 28 matchs, tous en partie au trou : le vainqueur de chaque match est déterminé en fonction du nombre de trous gagnés et non du nombre total de coups joués, comme dans les épreuves classiques.
  • Vendredi et samedi : quatre matchs de coups alternés (les deux joueurs de la même équipe jouent alternativement la même balle) et quatre matchs quatre balles (chaque joueur joue sa propre balle, le meilleur joueur des quatre en lice remporte le point pour son équipe).
  • Dimanche : tous les joueurs disputent un match de simple.
  • Chaque victoire donne un point à l'équipe. En cas d'égalité, chaque équipe récupère 0,5 point. La première équipe qui atteint 14,5 points remporte le trophée. En cas d'égalité, les champions en titre conservent le trophée.  AFP

L'Europe sort ses canons olympiques dès le départ

L'Europe comptera sur les médaillés d'or et d'argent olympiques lors de son premier match à la Coupe Ryder, vendredi.

Justin Rose (or) et Henrik Stenson (argent) feront équipe contre Jordan Spieth et Patric Reed lors du premier duel sous la formule meilleure balle. Stenson et Rose ont gagné chacun de leurs trois matchs en 2014 à Gleneagles, tandis que Spieth et Reed ont présenté un dossier de 2-0-1.

Le Suédois Henrik Stenson et le Britannique Justin... (AFP, Jim Watson) - image 4.0

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Le Suédois Henrik Stenson et le Britannique Justin Rose ont été accueillis par de nombreux drapeaux américains lors de la cérémonie d'ouverture de la 41e Coupe Ryder, jeudi au club de Hazeltine.

AFP, Jim Watson

Phil Mickelson et Rickie Fowler joueront ensemble pour une première fois depuis 2010, au Pays de Galles. Ils seront opposés à Rory McIlroy et à Andy Sullivan, une des six recrues du côté européen. La seule autre recrue en action lors de la première séance de jeu sera Thomas Pieters, qui jouera en compagnie de Lee Westwood dans le dernier duel contre Dustin Johnson et Matt Kuchar. Le troisième match opposera les Américains Jimmy Walker et Zach Johnson à l'Espagnol Sergio Garcia et l'Allemand Martin Kaymer.

Vive l'absence de mémoire

L'équipe américaine pourrait faire bon usage de la plus grande qualité de Johnson sur les allées. Et on ne parle pas de sa puissance au tertre de départ, mais plutôt de sa mémoire à très court terme... «Ou une absence de mémoire», ajoute-t-il avec le sourire.

Johnson a été en mesure de mettre de côté une déception après l'autre en tournois majeurs avant de remporter à 32 ans son premier titre en grand chelem à l'Omnium des États-Unis cet été. Pas besoin donc de rappeler à «DJ» que les Européens ont gagné 6 des 7 derniers tournois de la Coupe Ryder.

Pas besoin non plus de rappeler au numéro deux mondial que la dernière fois que les États-Unis ont accueilli la compétition, ils ont bousillé une avance de 10-6 lors de la dernière journée à Medinah, leur défaite la plus amère en 20 ans de défaites. «Le golf est un sport où vous avez besoin de n'avoir qu'une mémoire à court terme», a expliqué Johnson jeudi. «Alors nous n'avons pas parlé du tout de Medinah. Nous avons hâte que ça commence.»

La Coupe Ryder est d'autant plus importante pour le fiancé de Paulina Gretzky (fille de la légende du hockey Wayne Gretzky), qu'il avait dû déclarer forfait en 2014. En proie à des problèmes de dépendance, il avait en effet fait une croix sur la seconde partie de sa saison.

«C'était clairement difficile de regarder de loin la Coupe Ryder, parce que j'avais été sélectionné, mais j'avais choisi de travailler sur moi-même. Cela a payé, comme on a pu le voir ces deux dernières années. Déclarer forfait était la meilleure chose à faire pour moi à ce moment-là.»

Malgré son classement mondial et son bilan personnel positif en Coupe Ryder  (quatre victoires pour trois défaites en deux éditions, 2010 et 2012), l'imposant golfeur de Columbia (6'4", 190 livres) ne se considère pas comme l'un des leaders de l'équipe américaine. «Mon rôle, c'est juste de donner le meilleur de moi-même.» AP et AFP

En bref

Un bruyant spectateur donne une leçon de coup roulé à McIlroy et à Stenson

Le Nord-Irlandais Rory McIlroy et le Suédois Henrik Stenson s'escrimaient à tenter de rentrer un coup roulé d'environ quatre mètres à l'entraînement à la veille du coup d'envoi de la 41e Coupe Ryder, jeudi. Agacés d'entendre les moqueries bruyantes d'un spectateur après six tentatives infructueuses, ils lui ont tendu un fer droit et l'ont mis au défi de réussir le coup, avec à la clé 100 $ en cas de succès. Selon la vidéo publiée par McIlroy sur son compte Twitter, le spectateur a fait rentrer la balle dans le trou dès son premier essai! Il a été acclamé par les nombreux spectateurs massés autour du vert et félicité par plusieurs joueurs de l'équipe européenne, dont McIlroy et Stenson, incrédules. L'exploit a fait aussitôt le délice des réseaux sociaux. Selon le quotidien USA Today, son auteur s'appelle David Johnson et il est originaire du Dakota du Nord. «J'ai juste fermé les yeux, avalé ma salive, tapé le coup roulé et il se trouve que j'ai fait mouche», a-t-il expliqué.  AFP 

10 : Nombre de participations consécutives de Lee Westwood à la Coupe Ryder, qu'il a remportée à sept reprises. Le Britannique de 43 ans a enchaîné 12 matchs sans défaites entre 2004 et 2008, un record. L'ancien numéro 1 mondial - il est aujourd'hui 45e - et choix du capitaine Darren Clarke n'a toutefois plus gagné depuis 2014 et son titre à l'Omnium de Malaisie, le 23e de sa carrière sur le circuit européen. Il compte deux titres de la PGA à son palmarès, mais aucun titre du grand chelem, lui qui a terminé deuxième au Tournoi des maîtres de 2016.  AFP 

Reed exhorte les «bâtards» à épargner Dave Willett

L'Américain Patrick Reed a exhorté jeudi les supporteurs américains à faire preuve d'esprit sportif envers l'Anglais Danny Willett, dont le frère Pete a qualifié les spectateurs américains de «gros, stupides, gloutons» dans sa chronique sur le site Internet spécialisé NationalClubGolfer. «Ce sont des bâtards sans classe», avait-il aussi écrit. «Ce qui a été écrit est très malheureux, mais cela ne vient pas de Danny. C'est très important dans la vie d'oublier et de pardonner», a dit Reed. «J'espère que cela n'ira pas plus loin», a déclaré Willett, qui a admis qu'il s'attendait «à être un peu chahuté. Sur les parcours d'entraînement, il y a quelques cris, mais les spectateurs n'ont pas été trop durs, j'espère qu'on va tous passer à autre chose. Les 24 dernières heures n'ont pas été évidentes, cela a été difficile de garder sa concentration.» Selon Reed, la famille Willett envisagerait de ne pas assister à la compétition, de peur des critiques, injures ou représailles. «J'espère qu'ils ne le feront pas. J'espère que nos supporteurs vont tourner la page et permettre aux joueurs qui découvrent l'épreuve, pas seulement côté américain, de savourer cette fin de semaine, en particulier Danny.»   AFP

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