Douze champions des tournois de l'Association des golfeurs professionnels du Québec (AGP) sont réunis pour 36 trous sur deux jours, au club longeant l'autoroute Laurentienne, à Charlesbourg. Sans être invité, le vent a toutefois été un 13e joueur très actif durant les cinq heures de jeu.
«Ce n'était pas toujours facile d'être proche du trou. À cause du vent et de la fermeté des verts, les rebonds étaient très difficiles à contrôler», explique Blais, qui, avec un pointage de 70, a été seul à jouer sous la normale de 72. Il détient trois coups de priorité sur le deuxième, Éric Laporte, à + 1 (73).
«Mes coups de départ ont été solides toute la journée, longs, droits et précis. Et j'ai évité les erreurs. Je n'ai pas perdu de balle et je ne me suis pas mis dans le trouble. J'ai fait quatre oiselets [1er trou, 2e, 7e et 11e] et deux bogeys [3e et 5e]. Aucune fois je n'ai fait trois roulés.»
Deuxième de la Coupe des champions en 2010, dont c'est la quatrième présentation, le pro du Club Venise de Magog se réjouit de dorénavant être capable de garder son niveau d'émotion stable. Même en situation corsée. Un travail mental qu'il a effectué l'hiver dernier.
Histoires de pêche
«C'est subtil. Quand tu joues la mâchoire serrée, ça met de la pression dans tes mains. Comme au 18e, quand ma balle s'est retrouvée au bord d'un arbre. Avant, j'aurais couru pour aller voir. Maintenant, je ne laisse plus l'anxiété monter. Je vais voir Sylvain [Boudreau, son cadet] et il me conte des histoires de pêche. J'aime bien la pêche», sourit le golfeur de 34 ans.
«Les mains relaxes, la mâchoire détendue, les bras lousses. Ça fonctionne!» résume celui qui a réussi deux belles sorties de trappe consécutives, aux sixième et septième trous. Boudreau est propriétaire du restaurant Galopin, à Sainte-Foy. Le duo ne changera pas de plan de match, pour les 18 derniers trous. «C'est un état d'esprit», conclut Blais.
Les bourrasques ont joué plus de tours à Dave Lévesque. Impérieux l'an dernier sur le même parcours avec une victoire par 10 coups, le champion en titre pointe à + 2, au troisième rang. Kevin Sénécal et Claude Tremblay ont aussi joué 74.
«J'avais dit que ma force, mon avantage sur ce terrain serait mes coups de départ, et c'est avec ça que je me suis tiré dans le pied», a constaté Lévesque. À la suite d'un bon démarrage de - 2 après 11 trous, le représentant du Club La Prairie a perdu quatre coups en l'espace de cinq trous, du 13e au 17e.
«Tous mes bogeys [5e, 9e, 13e et 15e] et mon double [17e], c'est à cause de mon coup de départ. Mon pointage aurait même pu être plus haut que ça. À + 2, je m'en sors bien», affirme-t-il. «Je sais ce que j'ai à faire demain [aujourd'hui]. Je m'en vais dans le champ d'exercice. Je vais mettre des lignes par terre et m'aligner.»
Avec de la chance, l'athlète de 38 ans originaire de Price et établi à Québec durant plusieurs années aurait pu s'en sortir encore mieux. Sur le 14e, une normale 3 de 198 verges, son coup de départ a touché le poteau du drapeau, ratant de peu le trou d'un coup. Il s'est finalement contenté de la normale.
Un coup de départ de 396 verges
Yanik Laforest a claqué un coup de départ de 396 verges. Sur le 11e trou, une ligne presque droite de 534 verges, son télémètre portatif lui indiquait un deuxième coup de 138verges jusqu'au trou. Le joueur de Mirabel a néanmoins pris quatre coups de plus pour atteindre le trou, se contentant d'une normale cinq... Incommodé par des maux de dos, Claude Tremblay a obtenu une exemption pour se promener en voiturette durant la ronde... Dernier sur 12, Philippe Gariépy a terminé la ronde avec une seule balle en sa possession... Le chèque de 5000 $ remis au gagnant, aujourd'hui, était déjà bien en vue, à l'arrivée du 18e trou... La tenue du tournoi n'a pas semblé déranger une cane et ses cinq canetons, aperçus en promenade sur l'allée du 10etrou.
Saut de chaîne pour Latour-Larouche
Professionnel hôte du tournoi, Benoît Latour-Larouche (photo) a connu un début de parcours catastrophique. En fait, à lui seul, le troisième trou l'a coulé pour les 33 trous à venir. «J'ai fait un quadruple bogey sur le 3», résume celui qui a pris neuf coups pour compléter cette normale cinq étendue sur 515 verges. «C'est là que j'ai eu tous mes mauvais élans! Malgré quatre normales, j'ai joué 44 sur le premier neuf.» Le golfeur de 26 ans originaire de Trois-Rivières s'est repris avec un pointage de 37 sur le neuf de retour. «Ma chaîne n'a pas débarqué tant que ça, après. Je suis quand même content.» Pro à la Faune depuis l'ouverture du club, en 2008, Latour-Larouche estime que «les conditions extrêmement roulantes» ont rendu son terrain encore plus difficile qu'à l'accoutumée. Un autre concurrent, Yanik Laforest, lui a même confié que le niveau de difficulté s'avérait plus élevé que lors de ses rondes de qualification pour le US Open. Latour-Larouche n'en est qu'à son deuxième tournoi de la saison. L'an dernier, il a fini sixième de la Coupe des champions.
LES RÉSULTATS
1. Jérôme Blais - 2
2. Éric Laporte + 1
3. Dave Lévesque + 2
. Kevin Sénécal + 2
. Claude Tremblay + 2
6. Chris Barber + 4
. Serge Thivierge + 4
8. Vincent Dumouchel + 5
. Yanik Laforest + 5
10. Jean Laforce + 8
11. Benoît Latour-Larouche + 9
12. Philippe Gariépy + 10