Même si j'ai vu juste dans les deux finales de conférence, j'ai eu bien de la difficulté à me brancher pour le SB. J'ai demandé conseil à Brian Billick lors de la journée des médias, mardi, mais l'ex-entraîneur des Ravens ne m'a pas beaucoup aidé, même s'il a pris la peine de m'expliquer que le résultat des batailles à un contre un allait grandement influencer l'allure de la rencontre.
«Ça va se terminer 27-24, mais je ne sais pas encore en faveur de quelle équipe», a-t-il dit en éclatant de rire.
À la télé, le coloré Chris Berman (ESPN) avait l'air encore plus mêlé que moi quand il a finalement dévoilé son choix, jeudi, après un reportage de deux minutes : 27-26 pour Baltimore. Un écart d'un point, ça équivaut pratiquement à dire que ça peut aller d'un bord comme de l'autre...
Au cours des deux dernières années, j'ai vu juste en prédisant les victoires de Green Bay et de New York au Super Bowl. Je me suis toutefois trompé, il y a trois ans, quand j'avais choisi Indianapolis pour vaincre La Nouvelle-Orléans au XLIVe SB présenté à Miami. Les Saints l'avaient emporté 31-17, une victoire très émotive pour une ville éprouvée par le passage dévastateur de l'ouragan Katrina quatre ans et demi plus tôt.
Je m'étais trompé parce que je n'avais pas tenu compte du facteur émotif qui jouait nettement en faveur des Saints, préférant me fier strictement au talent des Colts, sur papier...
Comme j'ai de la difficulté à me faire une idée depuis deux semaines, je vais me laisser guider par l'émotion, cette fois. Et les émotions fortes, ce sont les joueurs des Ravens qui les vivent cette année depuis que leur leader et général, Ray Lewis, a annoncé à la toute fin du calendrier régulier qu'il s'agissait de son dernier tour de piste.
Inspirés comme jamais, les autres membres de la défensive des Ravens se sont serré les coudes et leur tenue contre les Colts, les Broncos et les Patriots n'avait rien à voir avec la piètre qualité de leur jeu pendant la majeure partie du calendrier. La défense de Baltimore n'est peut-être pas aussi dominante qu'il y a quatre ou cinq ans, mais Terrell Suggs, Ed Reed, Paul Kruger et Haloti Ngata sont prêts à tout faire pour que Lewis mette un terme à sa carrière avec un triomphe au SB.
Flacco bien protégé
En attaque, Joe Flacco ne ridiculisera pas la défense de SF, comme Tom Brady l'a fait pendant 20 minutes en décembre dernier, mais il va effectuer les jeux-clés et limiter les revirements, une recette gagnante depuis le début des séries.
Flacco a été très bien protégé récemment par sa ligne à l'attaque et il affronte les 49ers au moment où le jeune Aldon Smith et le vétéran Justin Smith ne semblent pas en pleine possession de leurs moyens. Une des raisons qui explique pourquoi les adversaires des protégés de Jim Harbaugh ont gagné beaucoup de verges à leurs dépens au cours des dernières semaines.
Compte tenu de la qualité des joueurs étoiles que l'on trouve des deux côtés, le pointage risque donc d'être serré jusqu'à la fin. Reste à savoir qui des quarts-arrières Flacco ou Colin Kaepernick - à son 10e départ seulement dans la NFL - aura le dernier mot.
Il faudra également avoir à l'oeil les demis offensifs Ray Rice (Baltimore) et Frank Gore (SF). Rice parviendra-t-il à se défaire de l'excellent secondeur Patrick Willis (SF) quand il captera le ballon à sa sortie du champ arrière? Les recrues Bernard Pierce (Baltimore) et LaMichael James (SF) pourraient aussi avoir leur mot à dire.
Sans oublier les ailiers espacés des Ravens, Anquan Boldin et Torrey Smith, ainsi que leur vis-à-vis chez les 49ers, Michael Crabtree, et l'ailier rapproché Vernon Davis, qui a repris vie contre Atlanta, il y a deux semaines.
Et puis, il fallait bien que les 49ers, détenteurs d'une fiche parfaite de 5-0 au SB, finissent un jour par subir une première défaite en grande finale... Bon SB!
Mon choix : 26 RAVENS - 24 49ERS