Antony Auclair gagne son pari

Antony Auclair a capté deux courtes passes et... (AP, Phelan Ebenhack)

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Antony Auclair a capté deux courtes passes et effectué de bons blocs dans la défaite de 13-10 des Buccaneers contre les Redskins, jeudi à Tampa.

AP, Phelan Ebenhack

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(Québec) Les émotions ont envahi Antony Auclair, samedi après-midi. Une journaliste souhaitait connaître ses impressions sur le fait d'être le premier Rouge et Or à atteindre la NFL. Le footballeur de Notre-Dame-des-Pins a pris une longue pause au bout du fil, laissant presque supposer une ligne déficiente. «Je ne sais pas quoi dire», a-t-il lancé, en pleurs.

«Quand j'étais jeune, le Rouge et Or, c'était tellement gros, a-t-il ajouté. Il y a beaucoup de grands joueurs qui y sont passés, alors c'est spécial d'être le premier.»

Les Buccaneers de Tampa Bay ont annoncé samedi que l'ailier rapproché beauceron faisait partie de leur alignement en vue de la nouvelle saison. Pour Auclair, c'est à la fois l'aboutissement d'un dur périple et le début d'un autre - beaucoup plus long, espère-t-il -, où il devra prouver sa valeur tous les jours.

Depuis son embauche comme agent libre par les Bucs après le dernier repêchage, en avril, il n'a cessé d'impressionner lors du camp d'entraînement et des quatre rencontres hors-concours de l'équipe, s'attirant les louanges de ses patrons, de ses coéquipiers et des journalistes attitrés à la couverture de l'équipe floridienne.

«C'est le processus de toute ma carrière. À tous les soirs, je rêvais à ça, à mon but ultime», a réagi Auclair pendant une conférence téléphonique. «J'ai de la misère à réaliser ce qui se passe.» Lorsqu'on lui a demandé les secrets de son succès, il a répondu : «La soif d'apprendre, la soif de devenir meilleur.»

Il pouvait flairer la bonne nouvelle depuis la veille. Vendredi, au lendemain du dernier match présaison, son entraîneur de position l'a invité à étudier le film de la rencontre, donnant des conseils pour l'avenir. L'entraîneur-chef Dirk Koetter lui a confirmé sa place samedi matin.

Si Auclair était émotif, quelques heures plus tard, c'est en partie à cause de l'intense camp d'entraînement subi dans les dernières semaines. Un camp qui «a fessé pas mal», selon le principal intéressé. Il a dû s'habituer à un nouveau style de jeu, à de nouvelles règles, à une nouvelle langue, à une chaleur étouffante. «Ç'a vraiment été difficile», a-t-il expliqué, quelques minutes avant les larmes. «J'ai mangé des volées au début. Tout le monde est bon, t'as pas le droit à l'erreur.»

Selon le journaliste Roy Cummings, attitré à la couverture des Buccaneers, Auclair démontre un «rare mélange de bonne taille et d'habiletés à attraper le ballon. Il est assez gros pour être efficace comme bloqueur lors des jeux de course et assez habile pour être une arme lors de jeux par la passe». D'où sa place avec les meilleurs au monde, parmi le groupe de cinq ailiers rapprochés retenus par Tampa.

Auclair sera désormais rémunéré pour pratiquer le football. Il entend conserver la même attitude qui l'a mené à bon port. «Mon approche ne change pas. Ç'a toujours été d'être un meilleur joueur, de m'améliorer chaque jour. Je joue toujours à un jeu, mais je vais être payé pour le faire. C'est super», a-t-il affirmé. Point de vue contractuel, sa «nomination» ne fait que mettre en application le contrat signé lors de son embauche, au printemps, a expliqué son agent Sasha Ghavami au Soleil.

Mais le travail continue, le plus grand défi débute. Lors de la rencontre de samedi, Koetter a dit à Auclair qu'il ne serait pas en uniforme si les Buccaneers affrontaient les Dolphins de Miami demain (dimanche) au lieu du 10 septembre, date du premier match de la saison. Peut-être une façon de le motiver à tout donner pour prouver (une nouvelle fois) de quel bois (canadien) il se chauffe. Les entraînements recommencent lundi. Ce qui laisse bien peu de temps à Auclair pour récupérer. Les célébrations s'annonçaient d'ailleurs modestes, samedi soir.

Le clan Auclair préférait jouer de prudence, pendant la journée. Car les choses peuvent changer à vitesse grand V et les couteaux volent parfois bas dans la grande ligue. La saison dernière, a rappelé Ghavami, le Montréalais Mehdi Abdesmad faisait partie de la liste de 53 athlètes retenus par les Titans du Tennessee avant de devoir céder sa place, la journée même, à un autre joueur. Relégué à l'équipe de pratique, Abdesmad avait malgré tout disputé deux rencontres plus tard dans la saison. Ironie du sort, il vient tout juste d'être libéré par les Buccaneers.

Mais Auclair était toujours debout à la fin de la journée, samedi. Et à 6'6'' et 260 livres, tout de rouge vêtu, impossible de le manquer.

***

Fierté et bonheur chez le Rouge et Or

L'objectif premier du Rouge et Or ne sera jamais de conduire ses joueurs aux portes de la NFL. Mais ça n'empêche pas ses entraîneurs d'en rêver. «Glen [Constantin] et moi, on disait tout le temps qu'on avait hâte que ça arrive», a affirmé le coordonnateur à l'attaque Justin Ethier, samedi. C'est arrivé.

«On attendait notre tour», a aussi dit l'entraîneur-chef Constantin, pendant la même conférence téléphonique mettant en vedette Auclair. «Tout le crédit, tout le mérite, revient à Antony.»

Fierté et bonheur étaient les mots d'ordre dans le camp Rouge et Or, samedi. Même s'ils le connaissent depuis plus de quatre ans, les coachs sont admiratifs du travail d'Auclair dans les dernières semaines. «C'est un accomplissement individuel extraordinaire d'avoir passé toutes les étapes, souligne Ethier. Je pense que personne ne peut comprendre tous les éléments de pression qu'il y a à travers ça. J'ai vraiment été impressionné de voir comment il s'est comporté pendant tout le processus.»

Parlant d'Auclair comme d'un joueur au prototype parfait pour la NFL, Ethier admet toutefois ne pas l'avoir étiqueté comme ayant le potentiel de s'y rendre, au début de sa carrière universitaire. Mais le colosse de 6'6'' et de 260 livres possédait déjà des qualités qui ne mentent pas, au-delà de son physique avantageux.

«Dès le début, Antony a démontré une éthique de travail et un désir de s'améliorer, se souvient Ethier. C'était clair. Il n'a pas commencé ça l'année passée quand il a senti qu'il avait une chance pour la NFL. Il a démontré un sérieux pendant quatre ans dans le programme de Laval. À ce niveau-là, on n'est pas surpris [de son ascension].»

Avant Auclair, Sébastien Sejean était l'ex-Rouge et Or venu le plus près du but américain. En 2008, le maraudeur a fait partie de l'équipe de pratique des Rams de St. Louis, disputant trois rencontres présaison. 




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