Auclair en mode attente sous les palmiers

Antony Auclair et sa copine Claudia Loupret vivent... (Le Soleil, Olivier Bossé)

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Antony Auclair et sa copine Claudia Loupret vivent ensemble l'excitation d'un camp d'entraînement de la NFL. L'ancien joueur du Rouge et Or saura au plus tard samedi en fin d'après-midi s'il amorcera la saison avec les Buccaneers de Tampa Bay.

Le Soleil, Olivier Bossé

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(Tampa Bay) Et maintenant, qu'est-ce qu'Antony Auclair fait? Il attend. L'entraîneur-chef des Bucs a été élogieux, son coach de position encore plus. Mais il doit encore attendre.

Attendre l'appel. On lui a promis que d'une façon ou d'une autre, le téléphone sonnerait d'ici midi, samedi. Les équipes ont jusqu'à 16h le même jour pour déposer leur alignement officiel de 53 joueurs auprès de la NFL. Les Buccaneers amorcent leur saison le 10 septembre, à Miami.

L'ailier rapproché originaire de Notre-Dame-des-Pins et ancien porte-couleurs du Rouge et Or de l'Université Laval estime avoir «tout donné» durant ces cinq semaines de camp d'entraînement. Reste à voir si Dirk Koetter et son groupe de coachs croient que c'est suffisant pour décrocher un emploi dans la plus importante ligue sportive en Amérique.

Déjà vendredi matin, les Bucs ont retranché Tevin Westbrook. Ce qui laissait encore cinq ailiers rapprochés en place. Certainement un nombre possible pour commencer l'année.

«Ce qu'il a fait de mieux? Le bloc en protection de passe. Ce qu'il lui manque? Tu ne peux pas faire d'erreurs mentales», a résumé Koetter vendredi après-midi, à propos de la performance du Québécois dans le quatrième et dernier match présaison des Bucs, la veille. Koetter a qualifié Auclair de vol obtenu comme joueur autonome, alors il serait surprenant de le voir rendre son butin aussi vite.

Étant sur le terrain pour 48 des 64 jeux offensifs (75 %) de Tampa plus sept autres jeux des unités spéciales dans une défaite de 13-10 contre Washington, Auclair n'a vraiment pas chômé, jeudi soir, au stade Raymond James.

Beaucoup de blocs, la majorité réussis, deux passes captées, une dans les chevilles à peine touchée et une pénalité. Tout cela dans la chaleur tropicale qui sévit sous les palmiers depuis plusieurs jours.

Sur le dos

«Ici, tu fais un pas de travers et tu perds [contre l'autre joueur]. Tu n'as pas le droit à l'erreur. C'est ça qui est plaisant, mais aussi ce qui fait que c'est compétitif au fond», réfléchit Auclair à voix haute.

Il savait que ce serait difficile. Oui, la langue. Oui, le Canada. Oui, le football à quatre essais. Mais par-dessus tout, le niveau de jeu est tellement plus élevé.

«C'est la NFL, les gars sont vraiment meilleurs! Au début du camp, j'ai mangé des volées et j'en ai donné. Mais je n'étais jamais tombé sur le dos, à Laval. Je suis tombé sur le dos une fois ici et je me suis dit : "Tab..., ça ramasse un peu plus! " Il faut que tu t'ajustes vite, sinon l'autre va en profiter.»

Vendredi matin, Auclair a partagé son état d'esprit sur le chemin parcouru et celui qui reste à faire. «Mon coach de position m'a texté ce matin pour me demander quand je pouvais passer au bureau pour regarder le match avec lui. C'est positif», a indiqué celui qui prévoyait aussi passer du temps au gymnase, afin de garder son corps prêt pour la suite des choses.

Qu'il espère à Tampa Bay. Mais elle pourrait être ailleurs si les Bucs le retranchent ou veulent l'assigner à leur unité d'entraînement. Il devrait alors au préalable passer au ballottage.

Abattre les barrières

En plus de devoir s'acclimater à un nouvel environnement, une nouvelle langue, qu'il maîtrisait quand même déjà, et littéralement un nouveau climat, Auclair a aussi dû faire tomber d'autres barrières, au fil des dernières semaines.

Les Buccaneers ont promis à Antony Auclair que... (fournie par les Buccaneers de Tampa Bay, Mike Carlson) - image 2.0

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Les Buccaneers ont promis à Antony Auclair que d'une façon ou d'une autre, le téléphone sonnerait d'ici midi, samedi. Ce dernier a fait bonne figure dans une défaite de 13-10 contre Washington, jeudi soir, au stade Raymond James.

fournie par les Buccaneers de Tampa Bay, Mike Carlson

«Au début, c'est difficile. Même pour les autres recrues qui viennent des États-Unis, confie le Beauceron. Pour moi, même si je parlais déjà anglais, je me demandais s'ils allaient rire de mon accent, de ce que je dis.»

Les blagues n'ont pas manqué et la recrue canadienne en a reçu certaines mieux que d'autres, selon son degré de fatigue. Mais malgré l'ignorance de la plupart de ses coéquipiers, plusieurs croyant que le Canada se trouvait outremer, Auclair affirme que ses peut-être futurs coéquipiers se sont montrés curieux et ouverts à son endroit.

«J'ai plein de points communs avec eux, comme la musique que j'écoute ou les films, mais on a aussi tellement de différences! Leurs idées sur l'armée, leur patriotisme très fort, la religion... On récite un Notre Père à haute voix dans le vestiaire avant chaque match. Pour moi qui ne suis pas croyant, c'est assez différent», dit celui qui se sent de plus en plus chez lui, ici. Et il veut rester.

***

Auclair mérite une chance, selon Winston

«Je suis surpris de voir à quel point Antony s'est adapté au jeu, mais aussi dans le vestiaire. On pouvait juste dire qu'il était nouveau en l'entendant parler!»

En plus d'être le quart-arrière partant et joueur étoile de l'équipe, Jameis Winston est un meneur chez les Buccaneers, un rassembleur. Antony Auclair avait souligné son accueil dès ses premiers pas avec le club de la NFL basé à Tampa Bay, au printemps.

«C'est dur pour tout le monde de faire sa place dans cette ligue, en général», a affirmé Winston au Soleil, après la rencontre de jeudi dont il a été simple observateur. «Antony a commencé comme un gars silencieux, mais on s'est rapprochés de lui et il a bien fait. Il a commencé à s'ouvrir, à prendre son style de vie», a expliqué le tout premier choix au repêchage de 2015.

«Mentalement, il tient la route»

Winston a 23 ans, Auclair 24. Le premier a 32 départs et 8132 verges de gains par la passe en matchs officiels de la NFL en banque; le second, zéro.

Jameis Winston estime qu'Antony Auclair est «un bon... (AP, Chris O'Meara) - image 4.0

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Jameis Winston estime qu'Antony Auclair est «un bon ailier rapproché».

AP, Chris O'Meara

«Il est un bon ailier rapproché», poursuit Winston à propos d'Auclair. «La chaleur l'a affecté un peu dernièrement, mais au plan de l'exécution et de l'apprentissage des jeux, il a fait du bon boulot. Il a prouvé sa valeur dans cette ligue. En exécutant jour après jour, en faisant ses devoirs et en n'abandonnant pas. C'est le plus important.

«Plusieurs gars font juste s'arrêter, à un moment donné, le moteur s'éteint. Alors que lui, mentalement, il tient la route. Il n'a pas eu autant d'occasions de jouer qu'il aurait aimé, mais ce n'est pas vrai qu'un gars comme lui qui apprend ce style de jeu, qui s'est bien mélangé au groupe et qui, surtout, peut jouer au football n'aura pas sa chance. Il mérite une chance», conclut le sympathique numéro 3 des Buccaneers.

***

Inspirante Sarah

Être juste la-blonde-de, devenir Madame Antony Auclair, très peu pour Claudia Loupret. Cette bachelière en relations internationales et passionnée de politique ne se voyait pas partir dans une grande ville américaine pour suivre son joueur de la NFL de chum. Sa rencontre avec Sarah Cleary, l'hiver dernier, a toutefois beaucoup fait réfléchir la jeune femme de 22 ans.

Cleary est la conjointe de Mathieu Bertrand, qui a joué neuf saisons dans la LCF à Edmonton avant de revenir à Québec comme coach du Rouge et Or. Cet exil dans l'Ouest ne l'a pas empêché d'être mère, artiste multidisciplinaire et aujourd'hui membre du Conseil en éducation des Premières Nations. «C'est une femme très inspirante, brillante, autonome. Elle m'a fait comprendre que le fait d'être là pour lui n'empêche pas d'avoir une vie à toi. Il n'y a rien à abandonner», affirme celle qui, si le meilleur se produit pour Auclair, compte suivre quelques cours à distance cet automne avant d'amorcer à l'hiver une maîtrise en science politique.

***

Lu

Que la suspension de 10 joueurs de football des Gators de l'Université de la Floride (17e rang national) fait couler beaucoup d'encre en vue de leur match d'ouverture de samedi, contre Michigan (11e). Une possible histoire de fraude serait en cause. Le porteur de ballon partant Jordan Scarlett et le receveur de passes étoile Antonio Callaway font entre autres l'objet d'une enquête de la police de l'UF.

***

Vu

Le quartier général des Bucs, le One Buccaneer Place, surnommé le One Buccaneer Palace avec son portail à l'entrée et son gigantesque drapeau qui flotte au vent. Construit pour 30 millions $US en 2006, le complexe moderne de 145 000 pieds carrés sur 33 acres voisin du stade abrite entre autres les bureaux et les installations d'entraînement de l'équipe. On projette maintenant d'ajouter un stade intérieur au coût de 20 millions $US, immeuble d'environ neuf étages qui servira surtout à combattre les grandes chaleurs sévissant en Floride l'été, comme dans les derniers jours. Le stade Raymond James se trouve quant à lui au coeur d'un grand projet de rénovation de 150 millions $ étalé sur plusieurs années impliquant une part d'argent public.

***

Entendu

L'entraîneur-chef des Bucs Dirk Koetter dire que les résultats présaison de la NFL, tout le monde s'en fout! «Notre fiche est de 1-3 en matchs préparatoires, on aimerait être 4-0, mais en fait, ça n'a aucune importance! La présaison dans la NFL est quelque chose de bizarre où la victoire n'a pas d'importance. À partir de maintenant, notre fiche est de 0-0, comme toutes les autres équipes», a-t-il fait valoir après la défaite de 13-10 contre Washington, jeudi. Si ce match disputé sans la grande majorité des joueurs réguliers des deux côtés n'a pas attiré bien plus que 20 000 spectateurs, Koetter persiste à dire que l'exercice n'est pas vain. «Même si ce n'est pas les meilleurs contre les meilleurs, la crème remonte toujours sur le dessus», dit-il.




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