Antony Auclair aura sa chance

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Comme joueur repêché, joueur autonome embauché ou simple invité, Antony Auclair tentera sa chance dans un camp d'entraînement des recrues d'une équipe de la NFL d'ici deux semaines.

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(Québec) «Je ne peux pas garantir que je vais être repêché. Je ne peux pas garantir que je vais être signé comme joueur autonome. Mais je peux garantir que je vais avoir ma chance dans un camp de la NFL. Et c'est tout ce que je veux!»

Antony Auclair pourrait être sélectionné par une équipe du circuit Goodell, jeudi, vendredi ou samedi. Gagez sur la dernière journée, entre la quatrième à la septième ronde. L'ailier rapproché du Rouge et Or de l'Université Laval deviendrait le quatrième joueur issu du football universitaire québécois repêché dans la NFL. Jusqu'ici, trois, c'est aussi le nombre de Québécois qui sont allés dans l'espace.

La soirée de jeudi est réservée à la première ronde. Après avoir multiplié les gaffes au repêchage ces dernières années - quelqu'un a dit Johnny Manziel? -, les Browns de Cleveland ne devraient pas se tromper avec le tout premier choix de 2017. Le talent de l'ailier défensif de Texas A&M Myles Garrett fait l'unanimité.

Les Browns cherchent également un quart-arrière, ce sera leur 10pivot repêché depuis Tim Couch (1999). Ils possèdent aussi la 12e sélection au total et pourraient vouloir transiger pour s'avancer et choisir entre Mitchell Trubisky (North Carolina) et Deshaun Watson (Clemson). Pas moins de 253 joueurs entendront leur nom au cours des trois jours.

Auclair pourrait être l'un d'eux. Âgé de 23 ans, 24 dans un mois, le gaillard de 6' 6'' et de 254 lb originaire de Notre-Dame-des-Pins, en Beauce, fait tourner les têtes. Dix-sept équipes de la NFL sont venues le voir s'entraîner à Québec, le 13 mars.

Depuis, il a rendu visite à 10 équipes. Le magazine Sports Illustrated le classe 21e sur ses 50 espoirs anonymes, tandis que la chaîne télé Fox en fait le 19e meilleur ailier rapproché admissible cette année. Le site de la NFL prédit que le Beauceron sera repêché en cinquième ou sixième ronde.

«J'ai hâte de savoir ce qui va arriver», lâche un Auclair assez détendu, à la veille d'un moment charnière de sa carrière. «Le repêchage, ultimement, c'est la fin d'un processus, mais c'est le début de l'aventure», insiste-t-il.

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Avec les siens samedi

Samedi, il prévoit une journée tranquille à la maison familiale, avec ses proches. «Je ne ferai pas le gros party de l'année. La raison pour laquelle je n'invite pas la Terre au complet chez nous, c'est que les gens ne comprennent pas l'objectif. Eux vont être déçus si je ne suis pas repêché, mais moi, je m'en fous! Je veux juste avoir ma chance», tranche Auclair.

Et foi de son agent, il l'aura. «Si jamais Antony n'est pas repêché, on va recevoir des offres pour signer un contrat tout de suite après le repêchage», assure Sasha Ghavami.

L'agent québécois de 25 ans en est à son troisième repêchage de la NFL, après celui de Laurent Duvernay-Tardif, en 2014, puis de Charles Vaillancourt et d'Éli Bouka, l'an dernier, tous ses clients. Duvernay-Tardif avait été retenu en sixième ronde par les Chiefs, Bouka s'était entendu avec les Cardinals à titre de joueur autonome.

Quand il parle d'Auclair aux équipes, Ghavami en profite pour tracer un parallèle avec Duvernay-Tardif. «Il a beaucoup de potentiel, peut apprendre encore beaucoup et, éventuellement, devenir un des meilleurs. Si on pouvait refaire le repêchage de 2014, plusieurs équipes prendraient Laurent avant la sixième ronde», souligne le jeune avocat.

Il se refuse toutefois au jeu des prédictions. Grosse année pour les ailiers rapprochés, processus unique pour chaque club, etc. «Avec Laurent, certaines équipes nous avaient parlé de la troisième ronde et finalement, ç'a été sixième. Ce qui n'est pas mauvais non plus», soutient Ghavami.

Comme joueur repêché, joueur autonome embauché ou simple invité, Auclair tentera bel et bien sa chance dans un camp d'entraînement des recrues d'une équipe de la NFL d'ici deux semaines. Sans trace de la blessure à la cuisse subie début mars.

Deux autres Canadiens pourraient obtenir la faveur des clubs de la NFL d'ici samedi : le joueur de ligne offensive montréalais Justin Senior (Mississippi State) et le joueur de ligne défensive d'Ottawa Eli Ankou (UCLA).

Chevrier se rappelle 2001

Randy Chevrier (98), après avoir récupéré un échappé,... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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Randy Chevrier (98), après avoir récupéré un échappé, lors d'un match préparatoire des Jaguars de Jacksonville en août 2001

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«Dans le temps, ma soeur était la seule dans la famille à avoir un ordinateur et l'Internet fonctionnait par connexion téléphonique. J'ai passé la fin de semaine dans sa chambre, stressé, à me brancher aux 20 minutes pour regarder le site d'ESPN. Je me rappelle avoir vérifié au début de la septième ronde et m'être dit que je ne serais pas repêché. Tout de suite après, j'ai reçu un appel de Tom Coughlin. Il m'a demandé : "Es-tu en santé?" J'ai dit oui. "O.K., tu es le prochain que je choisis. Bienvenue chez les Jaguars. Sois prêt à prendre l'avion mercredi pour t'en venir ici." Et il a raccroché. Je capotais un p'tit peu!»

C'était le dimanche 22 avril 2001. Randy Chevrier venait d'être repêché dans la NFL, par Jacksonville.

C'était l'année de repêchage de Michael Vick (1er choix), LaDainian Tomlinson (4e), Drew Brees (32e) et Chad Ochocinco Johnson (36e). Mais aussi de Jesse Palmer (125e), prometteur quart torontois choisi par les Giants et seul autre Canadien sélectionné cette année-là. Dans l'ombre de Palmer, un gars de Montréal, plaqueur des Redmen de McGill, devenait le deuxième produit du football universitaire québécois repêché dans la NFL, après Mark Montreuil (1995).

«Les médias sociaux n'existaient pas, Internet était encore nouveau. C'était plus dur de se faire repérer. J'avais envoyé 100 cassettes vidéo aux équipes dans l'espoir qu'un coach la mette dans le magnétoscope. C'est comme si je m'entraînais sur une île et j'envoyais des messages dans des bouteilles», a illustré Chevrier, quand Le Soleil l'a joint à Calgary.

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Outil crucial

Sa présence au East-West Shrine Game, en Floride, avait allumé quelques recruteurs dès janvier. Surtout par sa capacité à effectuer les longues remises. Outil crucial dans son coffre que l'avait incité à développer le coach des Redmen, Charlie Baillie, et qui lui ouvrira les portes de la plus importante ligue sportive en Amérique du Nord pendant un an.

Les Colts sont venus le voir s'entraîner à Montréal. Packers et Vikings l'ont ensuite invité à aller les rencontrer. Mais les Jaguars ont damé le pion à ceux qui croyaient embaucher le Québécois comme joueur autonome après la séance de sélection.

Il jouera finalement huit matchs avec les Cowboys et cinq avec les Bengals, dès 2001, avant de passer une saison dans la NFL Europe, à Barcelone, puis 14 campagnes dans la LCF. Il jouait encore l'an dernier, à 40 ans, avec les Roughriders.

«Après 2001, j'ai eu d'autres essais dans la NFL, mais ça n'a jamais pris. Dommage, mais j'ai quand même eu une bonne carrière dans la LCF. Je serais maintenant content de commencer le prochain chapitre de ma vie», explique dans un bon français l'homme de bientôt 41 ans qui, sans prononcer le mot retraite, suit une formation pour devenir pompier.

«J'ai commencé à jouer au football à 18 ans et, six ans plus tard, je me faisais repêcher dans la NFL... C'était comme un rêve, un moment bizarre.» Surtout après s'être fait poignarder l'année précédente en tentant de séparer une bagarre comme portier d'un bar.

«Mes chances d'être repêché étaient à peu près inexistantes. C'est comme si j'avais été frappé par la foudre deux fois et que je gagnais la loterie en même temps», s'esclaffe-t-il.

Son conseil pour Antony Auclair? «Garde la confiance que tu avais quand tu étais une vedette à Laval. Je ne dis pas d'arriver là-bas en pensant que tu es le meilleur, mais d'avoir confiance que tu peux faire la job. Si tu n'avais pas le talent, ils ne t'auraient pas invité. N'oublie pas que tu mérites d'être là.»

Mais sois préparé. Étudie le livre de jeux à fond, entraîne-toi au maximum. «Parce que dans la NFL, tu n'auras peut-être qu'une seule chance de montrer ce que tu peux faire et il faut être prêt», conclut Chevrier.




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