Bio lancée, boucle fermée pour Duvernay-Tardif

Le dg des Chiefs a consulté Laurent Duvernay-Tardif... (La Presse, Olivier Pontbriand)

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Le dg des Chiefs a consulté Laurent Duvernay-Tardif (photo) au sujet d'Antony Auclair.

La Presse, Olivier Pontbriand

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(Québec) «Pendant la saison, à Kansas City, je regardais du film à 6h30, comme tous les matins de la semaine. Le directeur général des Chiefs, John Dorsey, est entré dans la salle de vidéo pour me demander ce que je pensais de «cet autre kid de Montréal, Québec ou peu importe, Auclair, tu le trouves comment? Est-il bon?» Ça m'a vraiment touché!»

C'est là que Laurent Duvernay-Tardif a réalisé tout le chemin parcouru en même pas trois ans. En avril 2014, le colosse de Mont-Saint-Hilaire était devenu le premier Québécois repêché dans la NFL depuis 2001. L'étudiant en médecine à l'Université McGill vient de compléter sa troisième campagne dans l'uniforme des Chiefs de Kansas City et affiche déjà 30 matchs au compteur, dont 27 comme garde à droite partant.

«Un dg de la NFL vient me parler d'un gars que mon agent représente, on a vraiment fermé la boucle! Ça montre à quel point Sasha a fait du bon travail», affirme le premier client de Sasha Ghavami, son meilleur ami et aussi l'agent de l'ailier rapproché du Rouge et Or de l'Université Laval Antony Auclair.

Duvernay-Tardif prédit à Auclair un meilleur rang de repêchage que son 200e choix, en sixième ronde, lors de la séance qui sera présentée du 27 au 29 avril, à Philadelphie.

«Mon parcours a aidé», admet-il, sans s'attribuer de mérite. «Sasha lui a proposé la même place où je m'étais entraîné [à Knoxville, au Tennessee] et le même type de pro day. Il a répété une recette gagnante», dit-il, ajoutant avoir contacté Auclair à quelques reprises pour le conseiller et l'encourager dans le processus.

Combattre la sédentarité

Une période qui semble en même temps si près et si loin pour Duvernay-Tardif. L'athlète de 26 ans vient de parapher un contrat de 41,25 millions $US pour les cinq prochaines saisons. Mercredi soir, à Montréal, il lançait à la fois sa biographie et une fondation à son nom.

Après avoir reçu des propositions d'éditeurs américains, L'homme le plus intéressant de la NFL, comme l'avait désigné un collège du Kansas City Star, Duvernay-Tardif a plutôt décidé de faire équipe avec le père d'une ancienne blonde, le journaliste Pierre Cayouette, pour écrire ce livre.

Pour à la fois raconter son histoire «de la bonne manière», mais aussi parler des commotions cérébrales dans la NFL et de la sédentarité chez les jeunes, fléau qu'il souhaite combattre avec sa fondation. Le livre sert à financer la fondation.

Pas de grande révélation ou de zone d'ombre dévoilée dans ces 188 pages. Petit-fils d'un ancien ministre de René Lévesque, Duvernay-Tardif a grandi - il mesure 6' 5'' et pèse 320 livres - des vergers familiaux producteurs d'un cidre de glace fameux à la boulangerie que mènent dorénavant ses parents. En plus de passer plusieurs étés à Gaspé et deux années sur un voilier, en famille, dans les Bahamas.

Côtoyer les requins à la pêche au harpon lui aura inspiré davantage de crainte que d'affronter n'importe quel Aaron Donald (Rams), J.J. Watt (Texans), Geno Atkins (Bengals) et Gerald McCoy (Buccaneers) sur les lignes de mêlée de la NFL.

Au Salon du livre à Québec

À part la quarantaine d'entrevues à livrer d'ici vendredi, Duvernay-Tardif passe le plus clair de son temps actuel à l'urgence de l'hôpital Saint Mary's, dans le quartier Côte-des-Neiges de Montréal, où il effectue un stage. Là, et dans le gym.

«La fondation et toute l'attention médiatique, la seule raison pourquoi tout ça arrive, c'est parce que je suis bon au foot. Et pour rester bon, il faut que je m'entraîne. Alors j'ai bâti mon horaire un peu chaotique ces temps-ci autour de l'hôpital et de l'entraînement», explique celui qui combine le plus souvent possible l'utile et l'agréable. Comme en impliquant des amis dans sa fondation, projet qu'il dirige avec sa douce, Florence-Agathe Dubé-Moreau.

«J'aimerais aller en week-end romantique avec ma blonde à Québec, mais en ce moment, on n'a pas vraiment le temps!» regrette celui qui sera néanmoins au kiosque 151 de l'éditeur Flammarion, dimanche (12h30 à 13h30 et 14h30 à 15h30), au Salon du livre de Québec.

Pas aussi loin avec le Rouge et Or

Si, si, si. Si Laurent Duvernay-Tardif avait joué avec le Rouge et Or dans les rangs universitaires, comme il le souhaitait au départ, il ne serait «probablement pas» devenu garde partant dans la NFL, croit le principal intéressé. S'il n'avait pas raté l'examen d'entrée commun aux trois facultés de médecine francophones - mauvais jour à son agenda -, il ne serait pas allé à McGill. Et n'aurait peut-être pas profité d'autant de latitude pour mener de front études en médecine et football universitaire. Avec le Rouge et Or, «j'aurais peut-être été forcé de faire un choix plus rapidement entre la médecine et le football. Je n'aurais peut-être pas pu me développer en changeant de position pour devenir joueur de ligne offensive», suppose celui qui a bénéficié de certains privilèges chez les Redmen, comme intégrer l'équipe après un mois de joué à sa première saison et participer à un seul entraînement par semaine. Des passe-droits difficiles à imaginer à l'Université Laval.

Duvernay-Tardif applaudit Kaepernick

Colin Kaepernick (à droite) restait assis ou posait... (AP, Marcio Jose Sanchez) - image 4.0

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Colin Kaepernick (à droite) restait assis ou posait un genou au sol durant l'hymne national, ce qui lui a attiré beaucoup de critiques.

AP, Marcio Jose Sanchez

«Je suis totalement pour quelqu'un qui se lève pour ce qu'il croit pertinent», insiste Laurent Duvernay-Tardif, à propos du geste posé par le quart-arrière Colin Kaepernick durant toute la saison dernière pour protester contre le sort réservé aux Noirs aux États-Unis. Kaepernick restait assis ou posait un genou au sol durant l'hymne national, ce qui lui a attiré beaucoup de critiques. Mais ne vous attendez pas à voir le Québécois faire pareil. «Je ne peux pas comprendre, parce que je n'ai pas ce vécu-là, mais le racisme est un problème réel et je respecte ça complètement. Qu'il en fasse une mission, j'applaudis ça, mais moi, je ne pourrais pas faire ça. J'arrive comme observateur extérieur et je dois respecter les coutumes d'un pays», indique celui qui fait plutôt de l'activité physique chez les jeunes son cheval de bataille.




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