L'aura retrouvée du Rouge et Or

Le quart-arrière Hugo Richard et l'entraîneur du Rouge... (La Presse canadienne, Tara Walton)

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Le quart-arrière Hugo Richard et l'entraîneur du Rouge et Or, Glen Constantin, ont rencontré les médias à Hamilton, en prévision du match de la Coupe Vanier.

La Presse canadienne, Tara Walton

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(Hamilton) Deux ans d'absence et c'est comme si de rien n'était. Le Rouge et Or retrouve ses pantoufles en grande finale canadienne. «Même les Yankees ou les Canadiens n'ont pas ce taux de réussite!» constate Glen Constantin.

L'entraîneur-chef du club de football de l'Université Laval s'est montré affable, jeudi matin, lors de la conférence de presse tenue au stade Tim Hortons de Hamilton. À 48 heures du match de la Coupe Vanier contre les Dinos de Calgary, Constantin s'est ouvert sur l'aura de quasi-invincibilité qu'a regagnée sa troupe.

«À Québec, les attentes sont surréalistes et il faut protéger un peu les jeunes de ça», avance-t-il, à propos du record de huit titres canadiens acquis par le Rouge et Or en seulement neuf participations au match ultime. C'est une 10e finale canadienne en 18 ans pour le Rouge et Or, qui n'existe que depuis 22 ans.

Les Dinos en sont aussi à leur 10e présence au grand bal de fin de saison, mais cela en 53 campagnes d'existence. Et ils n'ont triomphé que quatre fois. Et pas depuis 1995, s'inclinant entre autres contre le Rouge et Or en 2010 et en 2013.

«Des fois, on trouve ça un peu lourd, mais on ne parle jamais de faire les séries. Dès le premier jour, en janvier, on parle de la Coupe Vanier», affirme Constantin, conscient que cette pression émane autant de l'extérieur que de l'intérieur de l'équipe.

Mais aussi bonne soit-elle, la réputation «ne vaut pas grand-chose quand tu vas à la banque», enchaîne le pilote. «Ç'a été une partie de mon discours aux joueurs. Tu ne gagneras pas à cause de tes championnats passés, des anciens ou de la foule. C'est ce que tu fais maintenant à l'entraînement, dans la salle de vidéo et samedi durant le match qui va définir ton succès.»

Harris réaliste

Son vis-à-vis, Wayne Harris, fait d'ailleurs preuve de réalisme. «Sur papier, je n'ai pas le choix de dire qu'on est négligés», avoue le barreur de Calgary. «Tout le monde l'a dit : on ne les a jamais battus [en quatre matchs éliminatoires, dont deux Coupes Vanier], ils sont numéro un au pays depuis je ne sais combien de temps...»

Ce qui ne veut pas dire que les Dinos baissent les bras. Les champions de l'Ouest comptent sur 19 joueurs qui étaient du dernier affrontement Laval-Calgary, la finale d'il y a trois ans, dernière présence des deux formations à la Coupe Vanier.

Dans le clan québécois, sept joueurs ont vécu la conquête de 2013. L'inexpérience constituait le principal voyant rouge allumé dans la cabine de contrôle du Rouge et Or, en début de saison. «Mais plus nos joueurs prenaient de l'expérience et de la maturité, plus nos attentes montaient», explique Constantin.

Pendant qu'on vantait la défensive de Montréal, jusqu'en finale de conférence, puis celle de Laurier, en demi-finale canadienne, et maintenant celle de Calgary, dirigée par l'ex-entraîneur-chef des Alouettes Tom Higgins, le Rouge et Or a composé l'unité défensive la plus homogène que Constantin ait vue à l'UL.

«La défensive de 2004 demeurera ma préférée parce que tu pouvais changer un jeu sur une napkin et les gars embarquaient. Il y avait du talent et de la maturité là-dedans! Mais en frais de synergie, cette année, c'est pas mal le top», indique Constantin, en citant l'équipe qui avait gagné le match de la Coupe Vanier 7-1 et accordé 101 points en 12 rencontres.

Un Hugo Richard plus zen

À sa première participation à la Coupe Vanier, on a droit à un Hugo Richard plus zen. D'enfin battre les Carabins semble avoir apaisé les humeurs du quart du Rouge et Or. «Je ne suis pas psychologue, mais ç'a sûrement été un soulagement pour lui», reconnaît son patron, Glen Constantin. «Et c'est quelque chose qu'on travaille très fort avec lui, d'avoir du plaisir à jouer, de ne pas prendre toute la pression du monde et d'accepter de faire des erreurs.»

Les colères de Richard à l'endroit de coéquipiers fautifs au jeu ne sont pas passées inaperçues depuis son arrivée à l'Université Laval, en 2014. Elles se font toutefois plus rares. «C'était parfois lourd pour ses coéquipiers. Ce n'était pas toujours avec des mots, mais sa face disait tout», dit Constantin. «Mais même s'il a encore des petits épisodes, il a fait un grand bout de chemin. Juste d'accepter qu'il y ait quelque chose à travailler, ça démontre beaucoup de maturité. Ça forme un leader et pas juste au football, c'est aussi bon dans sa vie.»

Richard admet mieux contrôler ses émotions. Jusqu'au président du club, Jacques Tanguay, tout le monde lui répète «d'avoir du fun». «C'est bien de ne pas avoir de sautes d'humeur, bonnes ou mauvaises, de ne pas réagir de façon extrême», explique le numéro 4. «S'agit de savoir ce qui s'est passé, mais toujours en vue du prochain jeu. J'ai appris ça sur le tas. Mes coachs me le disaient, mais tu ne le comprends pas vraiment avant de voir la différence», fait valoir celui qui s'estime pour l'instant peu nerveux, à sa propre surprise, en vue de samedi.

Constantin répète que son pivot partant n'en est qu'à sa troisième année universitaire. Rareté au sein des équipes de pointe, surtout si l'on considère que Richard a amorcé chaque rencontre depuis trois ans, sauf trois l'an dernier où il soignait une commotion cérébrale. Ce sera son 29e départ universitaire ; il montre une fiche de 23-5. En comparaison, le quart-arrière finissant de Calgary, Jimmy Underdahl (5-1), n'en sera qu'à son septième départ après quatre ans comme second d'Andrew Buckley.

Underdahl «aussi prêt que possible»

Après trois départs ratés à cause d'une blessure au genou gauche, Jimmy Underdahl a retrouvé son poste de quart-arrière la semaine dernière, en deuxième demie. L'étincelle dont les Dinos de Calgary avaient besoin pour transformer une mince avance de 18-14 en écrasante victoire de 50-24 et accéder au match de la Coupe Vanier, selon l'entraîneur-chef Wayne Harris. Qui continue à jouer à cache-cache à savoir qui d'Underdahl ou du Québécois Adam Sinagra sera son pivot partant samedi. Mais personne ne s'y trompe.

«Je suis aussi prêt que possible, aussi prêt que j'ai besoin d'être», a répondu Underdahl, seul joueur des Dinos à la conférence de presse de jeudi. Laval avait aussi juste son coach et son quart partant. «Jimmy a de l'expérience et du leadership, il comprend mieux l'attaque», analyse Harris, disant toujours demeurer flexible dans son plan de match pour pouvoir utiliser ses deux quarts-arrières.

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