Lanctôt, le «marteau»

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Pierre-Karl Lanctôt, qui a amorçé son premier match, samedi, aime l'ombre. Mais il aime aussi la fraternité qui s'installe entre les collègues bloqueurs.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Pour son premier départ en carrière, Pierre-Karl Lanctôt s'est retrouvé sur la ligne de feu, dans un match de demi-finale canadienne devant 13 256 spectateurs au Stade Telus-UL. Un match où l'attaque du Rouge et Or a connu une première demie quasi parfaite de 29 points, en route vers une victoire de 36-6.

Mais bien sûr, on a peu parlé des joueurs de ligne offensive après cette rencontre. Le quart-arrière Hugo Richard et le receveur de passes Félix Faubert-Lussier ont reçu la plupart des accolades - toutes méritées, d'ailleurs. Les gros bonhommes devant eux ont fait leur travail dans l'ombre, comme à l'habitude.

Un rôle ingrat. Personne ne remarque un joueur de ligne offensive quand tout va bien. Mais il sera montré du doigt après un sac du quart. «Comme le disait mon entraîneur au secondaire : je suis le genre de joueur dont seul mon quart-arrière et ma mère peuvent apprécier le travail», lance Lanctôt, qui faisait partie des «cinq doigts de la main» avec Jean-Simon Roy, Samuel Lefebvre, Samuel Thomassin et Louis-Gabriel Beaudet, samedi dernier.

Mais Lanctôt aime l'ombre. Il aime aussi la fraternité qui s'installe entre les collègues bloqueurs. Et à tout prendre, il préfère être celui qui frappe. «Mon rôle me permet d'être le marteau au lieu du clou», illustre l'athlète de 21 ans.

Il doit sa présence dans l'alignement à une blessure au pied subie par Francis Chabot, un colosse de 6'8'' et 320 livres. Lanctôt livre toujours une lutte avec la recrue Kétel Assé (6'7'', 280 livres) pour ce poste de partant remplaçant. Malgré son brio, samedi dernier, il est trop tôt pour confirmer qu'il sera du premier jeu à Hamilton, samedi, lors du match de la Coupe Vanier contre les Dinos de l'Université de Calgary.

Poussée de croissance

Lanctôt commence le football à huit ans. Sur la ligne offensive dès le départ. Jusqu'en première secondaire, il fait partie des plus grands, des plus gros. Ce n'est plus vraiment le cas à l'adolescence. Son cégep sera toutefois profitable : une poussée de croissance à 17 ans lui fait atteindre 6'5''! Il pèse aujourd'hui 285 livres. Des chiffres assez standards chez les joueurs de ligne offensive universitaires.

À la fin de son séjour collégial chez les Géants de Saint-Jean-sur-Richelieu, toutes les formations universitaires québécoises, «sauf Bishop's», tentent d'obtenir ses services. St. Mary's et Simon Fraser l'approchent aussi. Il opte pour Laval. «C'était surtout une question de feeling», dit-il aujourd'hui. Mais l'opportunité de jouer sous les ordres «du meilleur entraîneur des joueurs de ligne offensive au pays», Carl Brennan, a pesé lourd dans la balance. Lanctôt découvre aussi le coordonnateur offensif Justin Ethier, «la meilleure tête de football» qu'il connaît.

«Tu veux travailler avec les meilleurs, tu veux jouer avec les meilleurs, tu veux apprendre des meilleurs», énumère Lanctôt. En ce sens, il profite des conseils des vétérans Charles Vaillancourt, Philippe Gagnon et Jason Lauzon-Séguin, à sa première saison avec le Rouge et Or, l'an dernier. «J'avais des difficultés techniques en arrivant. Je n'étais pas à leur niveau. Ils m'ont beaucoup aidé à peaufiner ma technique, à reconnaître les mouvements sur la ligne défensive de l'adversaire», souligne Lanctôt, tout en reconnaissant le travail similaire fait par ses alliés cette saison.

«PK» avant «PK»

Pierre-Karl Lanctôt se fait appeler «PK», prononcé en anglais. Oui, comme un certain ex-défenseur du Canadien de Montréal récemment échangé aux Predators de Nashville. Mais la popularité grandissante de Monsieur Subban, dans les dernières années, n'a rien à voir avec ce surnom, que Lanctôt tient étrangement... du hockey. «Ça remonte à quand j'avais trois ans. Je jouais au hockey dans les West Island, à Montréal, et Pierre-Karl, c'était un peu dur à dire [pour les anglophones]», raconte-t-il.

Constantin: «S'assurer d'avoir du fun»

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Glen Constantin a beaucoup d'expérience lorsqu'il est question de matchs de la Coupe Vanier. Aucun détail n'est négligé pour rendre l'expérience de ses joueurs la plus enrichissante possible.

Le Soleil, Pascal Ratthé

«S'assurer d'avoir du fun.» Voilà le principal conseil donné par Glen Constantin à ses hommes, mardi, en marge du premier entraînement du Rouge et Or dans cette semaine de la Coupe Vanier.

Et pour ce faire, ses joueurs doivent s'efforcer de rester dans leur bulle d'ici le grand rendez-vous, qui aura lieu à Hamilton, samedi après-midi. «Ce qui est différent des Coupes Dunsmore et des autres coupes, c'est vraiment les distractions, dit l'entraîneur-chef. Il y a beaucoup de logistique de déplacements, l'hôtel, les banquets. Il faut vraiment que tu restes focussé. On travaille beaucoup pour essayer de garder ça comme une semaine normale.» Ce qui est un peu plus difficile avec autant de recrues dans l'alignement, reconnaît Constantin.

Samedi, l'équipe de football de l'Université Laval affrontera les Dinos de Calgary, dont le récent parcours ressemble étrangement au sien. D'abord, une grande déception en finale de conférence l'an dernier (défaite de 34-26 contre UBC); ensuite, une saison 2016 qui devait servir de transition en raison du départ de plusieurs réguliers. Et qui est devenue un succès retentissant.

Les Dinos et le Rouge et Or se connaissent bien. Il y a trois ans, ils ont croisé le fer au PEPS lors de leur dernière présence en grande finale. Un match remporté 25-14 par le Rouge et Or. Revanche ratée pour les Dinos, victime de l'Université Laval (29-2) au même stade de la saison - et au même stade tout court -, en 2010. Ils ont aussi croisé le fer lors de la Coupe Mitchell en 2011 (Laval 41/Calgary 10) et de la Coupe Uteck en 2008 (Laval 59/Calgary 10). La passé entre les deux équipes ne veut plus dire grand-chose, croient toutefois Constantin et son coordonnateur à l'attaque, Justin Ethier.

Le compteur à zéro

«On a beau parler de l'histoire, de 2013. Nous, on recommence toujours à zéro, souligne ce dernier. [Les Dinos] ont vécu des frustrations l'an passé. Ils étaient arrivés à maturité et se sont faits surprendre en finale de conférence. C'est une équipe affamée. Et ça paraît dans leur jeu.» Sept joueurs de l'édition 2016 du Rouge et Or ont vécu le duel de 2013. Ils sont 19 chez l'ennemi.

Après avoir conservé un dossier de 6-2 en saison régulière, grâce entre autres à la cinquième meilleure attaque au pays, les Dinos ont remporté leurs trois rencontres en séries en inscrivant 47, 46 et 50 points. Leur défensive (12e en saison) n'a pas des statistiques aussi impressionnantes, mais il ne faut pas la négliger, croit Ethier. «Ils ne sont certainement pas aussi gros que Laurier, mais ils sont très physiques. Ils jouent du football typique de l'ouest», analyse-t-il.

Pour le Rouge et Or, les choses ont bien changé depuis les premiers balbutiements de l'équipe, dans la deuxième moitié des années 90. Les attentes surtout, remarque Constantin. Une présence en grande finale était un accomplissement «rare» et «spécial» à l'époque. On s'attend maintenant à y voir l'équipe chaque année. Voilà ce que 8 triomphes en 17 ans auront comme conséquences. «C'est une pression, mais c'est une bonne pression. C'est un bon problème à avoir», lance l'entraîneur-chef avec un grand sourire.

Cédric Lussier-Roy, la recrue de deuxième année

À pareille date l'an dernier, le secondeur Cédric Lussier-Roy faisait partie de la «gang des genoux» du Rouge et Or, avec Antony Dufour et Louis-Gabriel Beaudet. Les trois joueurs avaient subi, plus tôt en saison, une déchirure du ligament croisé antérieur. Une blessure qui exige près d'un an de réadaptation.

«Il y avait une confrérie. On se parlait de notre progression : "toi, as-tu fait telle affaire?" Ça nous poussait, ça nous motivait», explique Lussier-Roy, à quatre jours de sa première finale de la Coupe Vanier.

La blessure est survenue lors du premier match universitaire en carrière du Sherbrookois. «Ç'a été un choc. Comme un accident d'auto, tu te dis que ça ne t'arrivera jamais. Mais on est super bien encadrés ici. J'avais confiance que je pourrais revenir à 100 %.»

Il se voit comme une recrue, une autre dans cette équipe parsemée de jeunes joueurs - 15 nouveaux partants par rapport à l'an dernier - qui n'en finissent plus d'étonner. Cette saison, il a parfaitement répondu à l'appel de son entraîneur, Glen Constantin, apôtre de la progression. En six rencontres, Lussier-Roy a réalisé 23,5 plaqués et un sac du quart. Lors du match de la Coupe Uteck, samedi dernier, il a réussi 6,5 plaqués, ajoutant un sac à sa fiche. «Avec mon genou au début de la saison, [j'étais] un peu craintif. Après, tu finis par avoir confiance. [...] Oui, je peux dire que j'atteins en ce moment un plateau que j'ai jamais atteint, même si je peux encore continuer à progresser», estime l'ancien des Cougars du Collège Champlain.

Parlant de la Coupe Vanier, Lussier-Roy souligne la concentration de l'ensemble de sa troupe. «On est excités, mais on a les yeux sur la cible. C'est-à-dire qu'on gère notre excitation. On garde notre énergie; samedi, ça va exploser.»  

En vitesse...

La plupart des joueurs de l'Université Laval arboraient une coupe Mohawk à l'entraînement, mardi. Une idée reprise de l'équipe championne de 2013. Certains, voulant préserver leur longue chevelure, ont plutôt opté pour la bonne vieille coupe Longueuil (aussi connue sous le nom de coupe Vanier!), un choix sans doute encore plus audacieux... Le Rouge et Or a amorcé son entraînement de mardi à l'intérieur, sur le terrain de soccer du stade Telus. Mais il a dû déménager à l'extérieur autour de 18h, se retrouvant sur sa surface habituelle, dangereusement givrée... Dernier entraînement à Québec, mercredi matin, pour le Rouge et Or. Sur le coup de midi, place au long voyage en autobus jusqu'à Hamilton... Le plaqueur Samuel Maranda-Bizeau, du Campus Notre-Dame-de-Foy, a annoncé sur Instagram qu'il se joignait à la troupe de Glen Constantin en vue de la prochaine saison.  

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