Rendez-vous avec les Carabins

Julien Pontbriand, ailier défensif des Stingers de 6'... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Julien Pontbriand, ailier défensif des Stingers de 6' et 223 livres, espérait barrer la route au porteur de ballon du Rouge et Or, Sébastien Serré, mais il a rencontré sur sa route Francis Chabot, une «montagne» de 6'8'' et de 320 livres.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Place au duel tant attendu! Avec sa victoire de samedi, 39-14, le Rouge et Or jouera dans une 14e finale québécoise de football universitaire consécutive. Quatre de suite contre les Carabins de Montréal. Une tradition. Mais la nouveauté sera de disputer la Coupe Dunsmore ailleurs qu'à Québec.

«On a toujours eu la pression de gagner à la maison et on espère être capables de relever ce nouveau défi-là», a commenté l'entraîneur Glen Constantin, à l'idée d'aller reconquérir le titre de conférence en territoire ennemi, samedi prochain, à l'Université de Montréal.

Les Carabins l'ont fait lors des deux dernières campagnes, à l'Université Laval. Voici les rôles inversés, avec Montréal qui défendra sa couronne dans son château. La dernière finale québécoise tenue ailleurs qu'au stade du PEPS, c'était en 2004, aussi à l'UdeM. Le Rouge et Or avait gagné 30-12.

Pour revenir au match de samedi, on dit qu'une fois en éliminatoires, la fin justifie les moyens. Mais le patron du Rouge et Or n'a quand même pas aimé la manière que ses hommes ont vaincu les Stingers de Concordia.

«Contre les bonnes équipes, trois revirements, c'est trop!» a pesté Constantin, dans ses commentaires d'après-match. «On n'avait pas l'effort de concentration qu'on aurait aimé. En première demie, on a commis beaucoup d'erreurs offensives et de discipline où on ne pensait pas à l'équipe.»

«Même en séries, la façon est encore très importante», a-t-il insisté. «Parce que tout est sur vidéo et on laisse des traces. On est content de la victoire et ça s'arrête là. Aujourd'hui, on a laissé des traces.»

Faible foule

Devant 8071 spectateurs, la plus petite foule en au moins 13 ans au PEPS pour un match officiel du Rouge et Or football, les locaux ont péché avec deux interceptions, de la part du quart-arrière Hugo Richard, et une échappée, du porteur Christopher Amoah. L'échappée a mené au premier touché des visiteurs pour faire 7-3.

Mais la réplique a été immédiate. Après le botté de reprise retourné pour 101 verges et le majeur par Antony Dufour, les favoris n'ont plus regardé derrière.

«On est vraiment une famille unie et quand quelque chose comme ça arrive, tu ne veux pas que ça affecte l'équipe trop longtemps», a indiqué Dufour. «Échapper un ballon, ça arrive au football et avant le jeu, j'ai dit à Chris que je réparerais son erreur. Bon, c'est une coïncidence, mais on est tous ensemble là-dedans et aujourd'hui, ç'a tombé sur moi.»

À 22-11 à la demie et 29-14 juste avant la fin du troisième quart, Concordia croyait encore aux miracles. Mais la deuxième passe de touché de Richard à Marc-Antoine Pivin, jeu de 72 verges pour sceller le troisième quart, a scié l'aiguillon des Stingers.

Richard a conclut sa journée avec 401 verges de gains aériens, dont 198 à Pivin. De ses 29 passes, 21 ont été captées (72 %), deux pour le touché et deux interceptés. Huit ont franchi plus de 15 verges.

Blessé au genou gauche il y a deux semaines, le porteur de ballon Vincent Alarie-Tardif est revenu au jeu avec une attelle. L'auteur de 34 des 155 verges de gains au sol du Rouge et Or dit n'avoir ressenti aucune douleur. «Ils ont mis un peu d'huile sur la brace à la demie et hop! j'étais reparti», a-t-il rigolé, après la rencontre.

Tout un baptême pour Pivin

Marc-Antoine Pivin a été la vedette offensive incontestée dans la victoire du Rouge et Or. Deux touchés et 198 verges de gains aériens avec six ballons attrapés, dont des jeux de 72 et 68 verges. Entrée fracassante en ronde éliminatoire universitaire pour le receveur de passes recrue. «C'est pour des matchs de séries au PEPS que tu viens jouer avec le Rouge et Or. J'en prendrais toujours, des games comme ça», dit Pivin, soulignant l'ambiance survoltée durant la partie. «Mais ça reste le même jeu sur un terrain vert entre des lignes blanches», poursuit celui qui avait laissé sa marque en première division collégiale. Pivin occupe le poste d'ailier espacé partant du côté rapproché chez le Rouge et Or devant le vétéran de quatre saisons Félix Lechasseur. Il donne raison à ses patrons. «Chez nous, ce n'est pas une affaire de séniorité, mais de production. Ce p'tit gars-là ne fait que s'améliorer et il prend la place avec raison», résume Glen Constantin.

Facile pour les Carabins

Les Carabins de Montréal ont eu raison des Redmen de McGill 42-0, dans l'autre demi-finale québécoise. Avec 533 verges nettes d'attaque et trois interceptions en leur faveur, les champions de la saison régulière n'ont pas laissé de chances à leurs visiteurs, au stade du CEPSUM. Le quart-arrière Samuel Caron a réussi 17 de ses 24 passes (71 %) pour deux touchés et des gains aériens de 311 verges, en plus d'inscrire lui-même deux majeurs par la course. Les autres finales de conférence opposeront Western (8-1) et Laurier (8-1), en Ontario, Saint Francis Xavier (7-1) et Mount Allison (4-5), en Atlantique, et Calgary (7-2) et UBC (4-5), dans l'Ouest. Équipe championne en titre de la Coupe Vanier, UBC a surpris 40-34 Regina (6-3), qui avait terminé en tête dans l'Ouest. Les demi-finales canadiennes verront ensuite les champions de l'Ontario visiter ceux du Québec et les représentants de l'Atlantique se rendre dans l'Ouest.

La donne a changé

Antony Dufour (22) a retourné un botté de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 5.0

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Antony Dufour (22) a retourné un botté de reprise pour 101 verges et le majeur, juste après que Concordia eut profité d'un revirement pour marquer un touché.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

La donne a changé. Le Rouge et Or n'est plus champion de la Coupe Dunsmore, même plus champion de la saison. Plus favori. Et c'est aussi bien ainsi, croient les joueurs.

«Nous, on trouve ça quasiment le fun d'aller là-bas», a lancé Hugo Richard, après la victoire contre Concordia qui confirmait le voyage dans l'antre des Carabins, samedi prochain. «Ç'aurait été plaisant de jouer à la maison, mais aller gagner à Montréal, si on gagne, ce sera super excitant», a enchaîné le quart-arrière de troisième année, qui n'a pas encore de titre de conférence à son palmarès.

Peut-être qu'elle est là, la clé. Le Rouge et Or s'est fait devancer par les Carabins ces deux dernières années, deux défaites éliminatoires encaissées à l'Université Laval en plus. Plus celle du début de cette saison, aussi à la maison.

Autre tendance brisée, les gars de Québec sont allés gagner à Montréal en octobre, exploit qu'ils n'avaient pas réussi depuis trois ans. Le rapport de force change de sens.

«Maintenant, la confiance est là pour aller jouer chez eux. On a fait ce que ça faisait un bout qu'on n'avait pas fait», atteste Richard, lui dont les cinq revers en 29 matchs dans les rangs universitaires ont été aux mains des Carabins. Ajoutons qu'il vient de la région métropolitaine, Saint-Bruno pour être précis.

Il se devra toutefois d'éviter les revirements. Le relayeur en avait commis trois à sa dernière visite au CEPSUM, puis deux interceptions encore samedi. Quelque chose à «éradiquer de mon jeu absolument» d'ici samedi, convient-il.

Lui-même victime d'une échappée coûteuse contre Montréal dans le match d'ouverture de la saison, le retourneur et receveur Antony Dufour résume l'affaire de façon très simple : «Des revirements, honnêtement, il faut arrêter d'en faire. Ce n'est pas plus compliqué que ça.» Ce qu'il fallait démontrer.

Une chance à saisir

Pour le plaisir d'aller combattre chez l'ennemi, Raphaël Robidoux-Bouchard donne raison à son coéquipier Richard. «Ça ne me dérange pas du tout», assure le demi de coin. «C'est ce qu'on voulait quasiment, on a envie d'aller là-bas. On peut performer autant là-bas qu'ici. Pourquoi pas?»

Appelé à remplacer un Marc-Olivier Simard blessé, Robidoux-Bouchard, un vétéran de quatrième année, a sauté sur l'occasion pour se mettre en évidence avec une interception au milieu du terrain dès le premier quart. La première de deux interceptions aux dépens du quart Trenton Miller, aussi auteur de 22 passes captées en 38 tentatives (58 %) pour 264 verges de gains.

«Ça fait du bien d'être revenu au jeu», a expliqué le 26, qui avait loupé deux rencontres pour une blessure au dos, en début de calendrier. «J'attendais l'occasion depuis un bout et j'ai fait ce que j'avais à faire quand j'en ai eu la chance.»

Il partage le boulot avec la recrue Frédéric Gagnon, qui avait gagné l'honneur d'être partant contre Concordia, et la lutte pour le poste s'annonce encore intense toute la semaine.

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