Alouettes: la fin pour Brodeur-Jourdain?

Repêché en 2008, Luc Brodeur-Jourdain n'a jamais porté... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Repêché en 2008, Luc Brodeur-Jourdain n'a jamais porté un autre uniforme que celui des Alouettes de Montréal.

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne
Montréal

Plusieurs décisions devront être prises par les Alouettes de Montréal à l'issue de la présente campagne, dont quelques-unes risquent d'être déchirantes. L'une d'elles pourrait bien être de ne pas offrir un nouveau contrat au vétéran centre Luc Brodeur-Jourdain, qui pourrait disputer dimanche son dernier match au stade Percival-Molson dans le maillot bleu, blanc et rouge.

«Ça m'a traversé l'esprit. C'est un scénario plausible. On verra», a déclaré Brodeur-Jourdain, qui de toute évidence aurait souhaité traiter d'un autre sujet à la suite de l'entraînement de l'équipe, jeudi, au parc Hébert de Saint-Léonard.

Le choix de sixième tour (48e au total) des Alouettes en 2008 n'a jamais porté un autre uniforme dans la Ligue canadienne et il ne s'imagine pas en porter un autre. «Je n'y pense pas. Mon objectif, c'est de revenir l'an prochain, c'est mon équipe.»

En discutant avec l'entraîneur-chef Jacques Chapdelaine, on sent toutefois que ce n'est pas aussi clair pour la direction que le no 58 sera de retour en 2017. Quand on lui demande s'il estime qu'il reste encore plusieurs saisons à disputer au joueur de 33 ans, il n'offre pas de réponse précise.

«Bonne question. C'est une évaluation qu'on fait habituellement à la fin de la saison. Présentement, je ne pense pas qu'il soit à 100 %.» Bordeur-Jourdain a subi une double déchirure ligamentaire au genou droit la saison dernière qui l'a tenu à l'écart pour le début de la campagne.

«Au niveau des genoux, ça va bien», assure Brodeur-Jourdain. «J'ai encore de l'essence dans le réservoir. Quand on regarde les entraînements, il n'y a pas beaucoup de monde en offensive qui fournit le même effort que moi.»

«La grosse décision dans le sport professionnel, c'est : quand retiens-tu tes vétérans et quand dois-tu aller dans une autre direction? C'est toujours difficile», a souligné Chapdelaine. «Quand on commence à parler de vétérans comme Luc, dans mon expérience, tu dois parfois restructurer les contrats et ce n'est pas tout le monde qui peut vivre avec ça. C'est pour ça que c'est difficile à établir. Ça dépend de plusieurs facteurs et nous n'avons pas toutes les réponses.»

Aucune négociation n'a encore eu lieu entre les deux parties. «Ce n'est pas décevant : ce n'est jamais arrivé en cours de saison», a souligné Brodeur-Jourdain, dont les émotions étaient à fleur de peau au cours de l'entrevue.

Derrière Matte

Kristian Matte a pris la relève au centre en début de saison, un poste qu'il a conservé même à la suite du retour au jeu de l'ex-porte-couleurs du Rouge et Or de l'Université Laval. Depuis, Brodeur-Jourdain joue sporadiquement. Est-il déçu de son utilisation cette saison?

«Non. Comment dire? C'est quelque chose que je ne contrôle pas et je n'ai jamais perdu beaucoup de temps sur les choses que je ne contrôle pas. Je donne tout ce que j'ai à l'entraînement et s'ils font appel à mes services, j'embarque.»

Détenant une maîtrise en finances, Brodeur-Jourdain devrait fort bien s'en sortir dans sa deuxième carrière. Mais c'est un sujet auquel il n'a pas encore réfléchi. «Je suis bien confiant en l'avenir, même si je n'ai pas idée de ce que je ferai dans la "vraie vie". Le football a été une surprise dans ma vie, j'ai commencé à jouer à l'âge adulte. Ce n'était pas un objectif de carrière : je voulais devenir technicien en électronique. J'ai fini par être joueur dans la LCF. Même si on croit qu'on a un trajet tracé à l'avance, on ne sait jamais ce qui vient après. Il suffit de garder les yeux ouverts. Je pense principalement à aimer ce que je fais.»

Si jamais il s'agit de son dernier match à Montréal, il pourra compter sur Chapdelaine pour lui donner du temps de jeu. «Luc, c'est toujours un gars que j'aimerais voir sur le terrain d'une façon ou d'une autre. C'est certain qu'avec notre dernier match à domicile, ce serait bien de le voir sur le terrain.»

Trop longue transition

Luc Brodeur-Jourdain s'est joint aux Alouettes en 2009, au plus fort de «l'ère Trestman». À ses deux premières campagnes, il a mis la main sur la Coupe Grey, lui qui venait de gagner trois coupes Vanier en cinq ans (2004, 2006 et 2008) avec le Rouge et Or de l'Université Laval. Mais depuis, l'équipe n'a jamais atteint la finale du football canadien. S'il voyait bien que les Alouettes devaient amorcer un changement de garde, il se questionne tout de même sur le processus et, surtout, sa lenteur. On sent qu'avec la fin possible de sa carrière à Montréal, cette transition sans fin le chicote.

«En 2011, 2012, je voyais les choses se dessiner et je me disais que c'était pour être difficile la succession à Marc Trestman et Anthony Calvillo, ainsi que pour tout le groupe d'entraîneurs dont nous disposions, qui était exceptionnel. Je savais que quelque chose changerait au fil du temps. Mais est-ce que je m'attendais à ce qu'on passe 12 ou 13 quarts-arrières différents, six ou sept coordonnateurs offensifs, trois entraîneurs de ligne offensive et trois entraîneurs-chefs? Pas vraiment, non.»  La Presse canadienne

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