Basket ou football, le choix déchirant d'Alexander Watson

Malgré ses immenses qualités athlétiques, Alexandre Watson n'a... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Malgré ses immenses qualités athlétiques, Alexandre Watson n'a joué au football que pendant un an et demi. De son propre aveu, le Montréalais a donc beaucoup de rattrapage à faire.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le basketball était le premier amour d'Alexander Watson. La piqûre pour le football est venue sur le tard et l'imposante recrue du Rouge et Or a tenté de conjuguer ses deux passions. Puis un de ses genoux l'a lâché, deux fois plutôt qu'une, et il devait faire un choix.

Encore inconnu de la plupart des amateurs de sport de Québec il y a deux semaines, le nom d'Alexander Watson est maintenant sur toutes les lèvres. Qualifié de «freak» physique par l'entraîneur-chef Glen Constantin après une semaine de camp d'entraînement, le Montréalais de 6''3' et de 265 livres débarque à l'Université Laval pour apprendre, lui qui ne compte qu'une saison complète de football scolaire sous les épaulettes. 

Joueur de basketball émérite toute son adolescence, membre de différentes équipes étoiles provinciales, Watson n'essaie le football qu'un an avant son entrée au collégial. Son passage dans la ligue d'été de Jeunesse au Soleil n'est qu'une initiation, et son nom ne circule pas encore vraiment en dehors de l'organisation communautaire montréalaise. Mais Watson a suffisamment été conquis par le sport. Il tient absolument à continuer à le pratiquer. 

Courtisé de toutes parts par les équipes de basketball collégial de la province, le joueur place la possibilité de pratiquer les deux sports comme conditionnelle à sa venue dans n'importe quel cégep. «À Montmorency, je leur ai dit que si je venais jouer, je signais pour les deux équipes : basketball et football. Les entraîneurs au football ne savaient pas qui j'étais, mais j'ai fait les tests et physiquement, je suis quand même quelqu'un d'athlétique», explique celui dont le gabarit se compare avantageusement avec certains joueurs professionnels. 

Watson commence à peine à apprendre les rudiments de ses positions d'ailier et de plaqueur défensif que sa première saison de football collégial tourne court à cause d'une blessure au genou gauche. «C'était une blessure qui devait arriver, davantage due à l'usure.»

À peine rétabli, il tente de reprendre le collier avec l'équipe de

basketball des Nomades, mais il se blesse plus gravement au même genou. Sa deuxième année collégiale, dans les deux sports, y passe. Pour sa dernière année au Cégep Montmorency, en 2015, il décide de se concentrer sur le football. 

Deuil du basketball

«C'est sûr que ça a été un deuil. J'ai grandi dans le basketball et je me voyais faire ça de ma vie. Mais j'ai réalisé que je commençais à être petit pour la position où j'ai toujours joué, à l'intérieur. Je jouais contre des gars de sept pieds. J'ai toujours compensé en étant physique, mais au football, j'avais le bon physique pour percer.»

Son choix lui a déjà ouvert les portes du prestigieux programme du Rouge et Or, et Glen Constantin estime qu'il pourrait être de même avec les professionnels dans quelques années. Pour l'instant, cependant, Watson rappelle qu'il a énormément de rattrapage à faire. 

«Je n'ai pas toutes les notions que les autres gars ont. La plupart ont un gros bagage, ils jouent depuis le secondaire. Moi, si on fait le calcul, j'ai peut-être joué une vraie année et demie de football. Je pense qu'athlétiquement, je parviens à combler un peu ce manque-là, et je vais assimiler ce qui est plus technique éventuellement. Déjà, ça commence à rentrer.»

Son objectif cette saison? «Performer.» Pour le temps de jeu, «ce sera les entraîneurs qui décideront», évidemment.

Reconstruire la ligne offensive un homme à la fois

Il y a plusieurs années que Carl Brennan n'avait pas eu à rebâtir sa ligne offensive de la sorte, mais il ne faut pas croire que c'est une première pour l'entraîneur de gros bonhommes du Rouge et Or. «Il s'agit de recommencer avec un nouveau personnel. Recommencer à montrer les rudiments à des jeunes qui ont moins d'expérience et ça, ça fait partie de mon travail.»

Quand ses protégés entendent leur nom prononcé au repêchage de la Ligue canadienne de football, comme ce fut le cas pour Philippe Gagnon, Charles Vaillancourt et Jason Lauzon-Séguin, cette année, l'entraîneur peut dire mission accomplie... puis retourner au travail. «On a été choyés d'avoir ces gars-là pendant quelques années, mais on a encore du bon monde. Il faut juste qu'ils progressent.»

Le talent n'est jamais un problème. Les joueurs de ligne offensive viennent de partout au Québec pour évoluer sous sa gouverne. «C'est peut-être cliché, mais il faut recréer une chimie entre cinq gars pour qu'ils travaillent comme les cinq doigts de la main», souligne Brennan. 

Cette chimie est d'autant plus difficile à installer que l'entraîneur a perdu en cours de camp la recrue d'impact Samuel Lefebvre et le vétéran Jean-Simon Roy. Le premier est de retour à l'entraînement sans contact, mais aucun ne sait encore s'il pourra jouer le match d'ouverture contre Montréal, samedi. «Quelque part, c'est une opportunité pour des jeunes de montrer ce qu'ils sont capables de faire. De toute façon, on a seulement neuf joueurs de ligne offensive cette saison. On espère qu'il n'y aura pas de blessures, mais la réalité est que les neuf risquent de voir du terrain.» 

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