Laurent Duvernay-Tardif, un gentil géant comblé

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Avec toutes les activités à son horaire, Laurent Duvernay-Tardif aurait pratiquement besoin de se dédoubler!

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) La saison morte de Laurent Duvernay-Tardif porte très mal son nom. Depuis l'élimination de ses Chiefs, le joueur de la NFL jongle avec les rôles de stagiaire en médecine, conférencier, de coach de football et d'ambassadeur pour Opération Enfant soleil. Et il trouve encore le temps de s'entraîner!

«La semaine passée, j'étais au camp de foot de Bruno Heppell», à Saint-Jean-sur-Richelieu. Duvernay-Tardif habite Montréal. «La nuit d'avant, j'avais travaillé sur une présentation d'étude de cas et l'avant-midi, j'ai fait de la clinique, puis j'ai sauté dans l'auto pour me rendre au camp de foot.

«Quand je suis arrivé là, j'étais fatigué, cerné. Mais je me sentais tellement libre et bien! L'équilibre, c'est ça qui me nourrit. Être avec les jeunes, leur donner des conseils, ça me fait tellement de bien! J'étais fou, sur le terrain, avec les gars. Et ils ne m'avaient même pas demandé de faire la séance d'entraînement, juste une conférence. C'est plus d'effort, mais c'est ça qui me drive», fait valoir le gentil géant de 25 ans.

Avant de s'amener à Québec, vendredi en fin d'après-midi, le joueur de ligne offensive avait roupillé quelques heures. Il venait de se taper une nuit à l'urgence de l'Hôpital général de Montréal comme médecin stagiaire.

L'ancien des Redmen de McGill poursuit sa formation de toubib à contretemps de la campagne de la NFL. Le colosse originaire de Saint-Hilaire vient de disputer sa deuxième saison avec les Chiefs de Kansas City et a été partant comme garde à droite 14 parties sur 17.

Carrière moyenne de 3,6 années

Gonflé à bloc en vue de sa troisième année au sein de la plus importante ligue sportive au monde, Duvernay-Tardif ne délaisse pas pour autant la préparation de son après-carrière. «À partir du moment où tu commences à jouer, on cherche quelqu'un de meilleur pour te remplacer. Et ils te le disent!» lance-t-il. «La moyenne d'une carrière dans la NFL est de 3,6 années. Étant établi un peu comme partant, ça pourrait être plus et je le souhaite. Mais il y a les blessures et les impondérables.

«Chose sûre, tu sais que chaque année, il va y avoir 15 gars de ligne offensive avec le potentiel de jouer qui vont se battre pour huit postes dans l'équipe et cinq postes sur le terrain», explique l'athlète de 6'5'' et de 326 livres.

La libération récente de Ben Grubbs par les Chiefs et le départ de Jeff Allen pour Houston consolident sa position de partant. «Ce sont des bons signes, mais ce n'est pas comme dans l'universitaire où il y a des mauvaises années de recrutement. Il va quand même y avoir 14 gars que je devrai battre.»

Duvernay-Tardif a réalisé en milieu de calendrier qu'il pouvait concurrencer les meilleurs au monde. «À partir du moment où tu sais que tu es capable de bloquer le gars devant toi et que tu n'es plus obnubilé par lui, tu commences à faire des lectures plus complexes. C'est ce qui m'attend l'an prochain: peaufiner mes lectures et lire les signes [cue] des joueurs adverses.»

Cette troisième année de contrat pourrait le propulser dans les hautes sphères financières. «Si je signe une prolongation de contrat avec les Chiefs [en 2017], ma vie [financière] est réglée. Mais c'est tellement des gros chiffres! Trois millions de plus, quatre millions de moins... Je viens de m'acheter une Jetta usagée à 8000 $, alors je n'en suis pas là encore», rigole celui dont l'agent est un ami d'enfance, Sasha Ghavami, de Deux-Montagnes.

Acheter son propre chandail

La 14e soirée annuelle de financement du programme de football de l'Académie Saint-Louis mettait en vedette Laurent Duvernay-Tardif, vendredi, au Cégep Limoilou. En plus d'une conférence à 50 $ le billet après un 5 à 7 VIP à 200 $, conférence incluse, le joueur de ligne offensive des Chiefs de Kansas City a offert et autographié son chandail porté durant le match du 22 novembre dernier, à San Diego, victoire de 33-3 où le 76 oeuvrait comme capitaine. Un article que Duvernay-Tardif a dû payer 250 $US aux Chiefs après la rencontre pour en devenir propriétaire. Les gens de l'ASL espéraient en tirer au moins 1100 $ à l'encan silencieux, qui comprenait entre autres aussi un chandail signé d'Anthony Calvillo. Le responsable de l'équipement des Packers de Green Bay, le Montréalais Gordon «Red» Batty, était l'autre vedette de la soirée. L'an dernier, 27 000 $ ont été amassés avec le secondeur Andy Mulumba des Packers et l'entraîneur Joe Whitt.

Sentiment de culpabilité

Quand il a déclenché l'alarme commotion durant le match éliminatoire contre les Texans, Laurent Duvernay-Tardif avoue s'être senti coupable. «Je me sentais coupable de ne pas aider mes coéquipiers. Mais autour, personne ne te fait sentir coupable. Je n'ai jamais senti de pression pour revenir au jeu pendant le match ou pour le suivant», assure celui qui s'est révélé incapable de disputer la rencontre subséquente. Même s'il ne ressentait plus de symptôme après deux jours. En faisant signe au physio de l'équipe sur les lignes de côté, celui-ci a aussitôt fait appel à un neurologue indépendant de la ligue. Qui enclenche un protocole de retour au jeu comptant cinq étapes avec au minimum 24 heures entre chacune. Deux et cinq font sept jours, trop tard pour affronter les Patriots. «C'était dur de regarder le match à la télé de Kansas City, mais c'est un match sur une carrière», se console-t-il.

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