Pas de contact pour les petits

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) La Ligue de mini-football du Rouge et Or prend un important virage et passe au football sans contact. Une initiative qui vise à réduire le nombre de coups à la tête que les jeunes joueurs recevront durant leur carrière et à ainsi diminuer les risques de commotions cérébrales.

Justin Ethier, coordonnateur à l'offensive du Rouge et Or et responsable de la Ligue de mini-football, a expliqué mardi en conférence de presse que ce n'étaient pas seulement les plaqués qui étaient abolis dans ce circuit qui s'adresse aux jeunes du primaire, mais aussi les blocs et tous les contacts physiques.

Auparavant, les plus jeunes inscrits au mini-football du Rouge et Or pratiquaient un football sans plaqué, mais avec contact alors qu'on incorporait les plaqués dans le jeu des plus vieux. Maintenant, on va plus loin et on passe en mode sans contact pour tout le monde, en conservant toutefois l'équipement protecteur complet pour habituer les jeunes à jouer avec l'uniforme du footballeur.

« Flag football »

« La structure de la ligue sera modifiée pour favoriser le jeu aérien et une formule à sept contre sept sera implantée pour tous nos jeunes de 6 à 12 ans », a expliqué Justin Ethier. Exit donc les joueurs de lignes et les bloqueurs, on passe à un sport qui s'apparente davantage au « touch football » et au « flag football ».

« Nous aurions pu y aller seulement sans plaqué et conserver le contact, mais on s'est rendu compte que c'était difficile de reproduire le sport sans les plaqués. On a donc préféré se tourner vers un jeu plus ouvert et différent très populaire aux États-Unis pour tous les groupes d'âge. La nouvelle formule met l'emphase sur le développement des habiletés comme lancer et attraper le ballon et marquer un adversaire », poursuit Ethier.

La décision d'écoles secondaires de Sherbrooke, Magog et Drummondville d'interdire les plaquages au football avant l'âge de 14 ans et les recommandations du groupe de travail sur les commotions cérébrales présidé par le neuropsychologue Dave Ellemberg ont évidemment pesé dans la décision du Rouge et Or, qui serait le premier grand programme de mini-football à abolir les contacts au Québec.

Moins de coups

« Notre décision devrait contribuer à faire diminuer le nombre d'impacts à la tête dans le cheminement d'un joueur de football », a poursuivi Ethier. L'entraîneur du Rouge et Or, Glen Constantin, appuie également la mesure. « Nous l'endossons à 100%, surtout quand on sait que les commotions cérébrales ne sont pas seulement causées par de gros coups, mais aussi par une accumulation de plus petits coups », a-t-il affirmé.

Il faut savoir que plusieurs jeunes qui participent aux activités de la Ligue de mini-football du Rouge et Or jouent déjà au football scolaire à leur école primaire et que ces écoles permettent déjà pour la plupart le contact et les plaqués. Le passage au sans contact pour le mini-football du Rouge et Or permettra donc aux plus jeunes footballeurs de bénéficier d'une période de deux mois sans donner, ni encaisser de coups.

Plus de filles

L'absence de contact permettra aussi peut-être d'élargir à la clientèle féminine la participation aux activités du mini-football. « Nous avons déjà une fille d'inscrite pour cette année et nous espérons qu'il y en aura d'autres. En enlevant le contact, on rend le sport accessible à tous et à toutes » a indiqué Christopher Auger, entraîneur des quarts-arrières du Rouge et Or et coordonnateur de la Ligue de mini-football.

Mathieu Proulx étendrait l'interdiction

S'il n'en tenait qu'à lui, l'ancien demi de sûreté du Rouge et Or de l'Université Laval et des Alouettes de Montréal Matthieu Proulx abolirait le contact au football pour tous les joueurs d'âge primaire. 

Présent à la conférence de presse du programme de mini-football du Rouge et Or, le gagnant de deux coupes Vanier, deux coupes Grey et d'un trophée Bruce Coulter a bien sûr applaudi l'initiative de l'organisation et aimerait en voir d'autres l'imiter.

«Pour l'instant, il n'y a que le Rouge et Or et peut-être de petits programmes locaux qui ont aboli le contact pour les jeunes du primaire. Mais ça pourrait être fait partout. Moi, à titre personnel, je ne vois pas pourquoi il faudrait des contacts au niveau primaire», explique celui qui a commencé à jouer au football à l'âge de 18 ans.

Maintenant analyste au réseau RDS, Matthieu Proulx estime que plusieurs écoles ne sont tout simplement pas suffisamment outillées pour composer avec les effets du football avec contact.

«Tant au niveau du personnel d'entraîneurs que des effectifs médicaux, les écoles n'ont pas tout ce qu'il faut. Alors ce serait tout à fait logique de laisser tomber le contact. Peut-être qu'éventuellement, la Fédération en viendrait à exiger, par exemple, la présence de thérapeutes sportifs, d'entraîneurs possédant un certain grade ou de formations en lien avec les commotions cérébrales pour permettre le contact», explique-t-il.

Sujet sensible

Celui qui a participé au groupe de travail sur les commotions cérébrales du Dr Dave Ellemberg sait que la question de l'âge auquel on peut permettre les contacts dans le sport demeurera toujours un sujet sensible.

«Le football est souvent le seul sport visé lorsqu'on parle de commotions cérébrales, mais il y en a aussi parmi ceux qui pratiquent le hockey sur glace, le cheerleading, le rugby, le soccer. Pour déterminer un âge, on essaie de se baser sur les meilleures pratiques et sur la science», poursuit Proulx.

Il rappelle toutefois que les études scientifiques démontrent que c'est entre l'âge de 12 et 25 ans que le cerveau des jeunes est le plus fragile, mais qu'il serait impossible d'interdire les contacts pour ce groupe d'âge sans faire disparaître plusieurs sports. 

«Selon moi, débuter les contacts à l'âge de 14 ans aurait bien du sens et des initiatives comme celle du Rouge et Or constituent un pas dans la bonne direction. On ne portera pas atteinte au sport et je crois même qu'on pourra développer de meilleurs joueurs, notamment de meilleurs quarts-arrières, en mettant plus tôt l'emphase sur le développement d'habiletés», termine Matthieu Proulx.

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