UBC 41/Laval 16: la crédibilité du Rouge et Or à rebâtir

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(Québec) Vous n'avez pas la berlue. Le Rouge et Or a «encore» perdu, samedi. Une dégelée de 41-16 en plus, contre les Thunderbirds de l'Université de la Colombie-Britannique.

Quatorze ans que le club de football de l'Université Laval n'avait pas encaissé deux défaites consécutives. Dix-sept sans accorder autant de points au PEPS.

Mais attention, c'était un match présaison. Donc ça ne compte pas! Sauf qu'à une semaine de l'ouverture du calendrier régulier contre leurs grands rivaux et champions canadiens en titre, les Carabins de Montréal, cette performance ne peut qu'ébranler les joueurs du R et O.

«C'est bon pour nous de retomber sur terre», a commenté Glen Constantin. «Ça nous conscientise que les compteurs sont tous à zéro. Il faut regagner notre crédibilité, notre respect. Ça va se gagner d'entraînement en entraînement, de jeu en jeu, de match en match», résume le pilote.

Premier revers en 10 ans

Les favoris des 8742 spectateurs n'ont jamais été dans le coup au pointage pour ce premier revers en 10 ans de matchs présaison. Dès la première demie, l'attaque stérile des locaux coupable de trois interceptions et de pénalités coûteuses a permis aux visiteurs de Vancouver de se forger une avance de 27-0.

«Je ne sais pas pourquoi, on avait l'air lent», poursuit le patron des perdants. «On a peut-être péché par excès de confiance. Je suis loin de paniquer, mais va falloir faire des jeux.» «Quand tu essaies d'allumer l'interrupteur au deuxième quart, ça ne fonctionne pas», illustre pour sa part Justin Ethier. «Quand tu te réveilles, au football, il est trop tard.

«Mon expérience me dit que certains de nos joueurs aujourd'hui n'avaient pas allumé l'interrupteur en partant. Et quand ils l'ont allumé, il était trop tard», ajoute le coordonnateur offensif, qui a vu son unité se contenter de trois premiers jeux en première demie pour un total de 11 dans le match. UBC en a obtenu 23.

La dernière fois que le Rouge et Or s'est incliné deux fois de suite, Constantin venait d'être nommé entraîneur-chef. Fin de la saison 2000 et début de 2001. Deux échecs séparés par plus de neuf mois cette fois-là aussi.

Et l'adversaire marque plus de 40 points pour seulement la neuvième fois au cours des 231 matchs et 21 ans d'histoire du programme. La dernière fois? Coupe Vanier 2011, à Toronto, deuxième prolongation. Dernière fois au stade du PEPS? Novembre... 1998!

Sans chercher des excuses, Constantin a souligné son manque d'effectifs pour cette rencontre préparatoire. Surtout en attaque, avec l'absence de cinq receveurs de premier plan en Félix Faubert-Lussier, Tyrone Pierre, Nicolas Gobeil, Benoît Gagnon-Brousseau et Anthony Dufour. Deux partants de la ligne offensive étaient aussi blessés, Charles Vaillancourt, qui n'a presque pas joué, et Jason Lauzon-Séguin.

«Je pense que certains gars se ménagent pour Montréal», révèle Constantin, selon qui plusieurs de ces blessés auraient joué en situation réelle de match. «Mais avant de penser à Montréal, il faut qu'on joue à notre niveau. Ce n'est pas le message qu'on veut envoyer, c'est certain.»

Les deux touchés du R et O ont été réussis sur des passes de Hugo Richard à Christian Dallaire (31 verges) et à Étienne Moisan (3 verges). L'attaque de l'UL a gagné 231 verges nettes, contre 410 pour UBC.

***

«Vous avez réveillé tout le pays!»

Les Thunderbirds ont gagné plus qu'un match hors concours, samedi. «Vous avez réveillé tout le pays!» a lancé Blake Nill à ses hommes, après avoir vaincu la seule équipe huit fois championne de la Coupe Vanier. Moment fort pour celui qui, avec Saint Mary's et Calgary, a perdu plus souvent qu'à son tour contre le Rouge et Or. Mais cette première victoire pour Nill à Québec depuis 2002 n'a pas été un fleuve tranquille. L'entraîneur s'est privé de son quart-arrière partant durant trois séries offensives, en première demie, pour le rappeler à l'ordre. «Il s'engueulait avec des coachs de l'autre équipe et ce n'est pas acceptable. J'ai envoyé un message et il a bien répondu à son retour», a expliqué Nill. Malgré trois interceptions, la recrue Michael O'Connor a réussi 18 de ses 32 passes pour292 verges de gains et deux touchés.

***

Mauvaise demie pour Richard

À la mi-temps, Hugo Richard avait quatre passes complétées et trois interceptions. Le quart-arrière numéro un du Rouge et Or s'est bien repris en deuxième demie, mais le mal était fait. À cause du retard au pointage et pour lui permettre de se racheter, il a joué trois quarts et demi, beaucoup plus qu'escompté. «Il n'est pas le premier bon quart-arrière qui a une mauvaise première demie. Les Tom Brady de ce monde et les Peyton Manning en ont, des mauvaises demies. Ç'aurait été difficile de le laisser là-dessus, alors on l'a rembarqué», explique le coordonnateur à l'attaque, Justin Ethier, à propos de la recrue par excellence au Canada en 2014. Faut dire qu'il manquait plusieurs éléments offensifs importants. Richard a fini l'après-midi avec 15 passes captées en 27 pour 159 verges, deux touchés et trois interceptions, prestation qu'il a préféré ne pas commenter.

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Christopher Amoah et ses coéquipiers du Rouge et Or ont connu une journée difficile, hier. D'ailleurs, la consternation régnait dans le vestiaire de l'équipe après la rencontre.

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«Une claque dans face»

«Inacceptable.» «Une claque dans face.» «Décevant.» Les joueurs et les entraîneurs du Rouge et Or questionnés près le match n'ont pas caché leur frustration d'avoir perdu 41-16 contre les Thunderbirds de l'Université de la Colombie-Britannique, samedi après-midi.

Le Rouge et Or n'avait pas perdu par un écart de points aussi élevé depuis la demi-finale canadienne en... 2001. Laval s'était alors fait terrasser 48-8 par les puissants Huskies de St.Mary's de l'entraîneur... Blake Nill.

«On ne s'attendait pas à ce que, nous, on réagisse comme ça», a répondu le coordonnateur à l'attaque Justin Ethier lorsqu'on lui a demandé si le Rouge et Or avait été surpris par l'excellente sortie des Thunderbirds. «On n'a pas montré beaucoup d'intensité en début de match. De mauvaises punitions nous ont fait très mal. Quand t'as une lueur d'espoir et que tu vas te tirer dans les pieds avec deux pénalités de 15 verges, c'est dur à prendre. Il va falloir apprendre à être beaucoup plus discipliné. [...] C'est sûr que c'est une claque dans face, mais on n'appuiera pas sur le bouton de panique.»

N'empêche, une défaite du genre remet les deux pieds sur terre à une équipe qui n'est pas habituée de perdre. Le secondeur Mathieu Masseau l'a souligné. «Ça prouve qu'on n'est pas rendus où on veut», a dit le joueur de cinquième année, assurant qu'il n'y avait pas de surplus de confiance chez la troupe de Glen Constantin. «Mais c'est sûr qu'on n'est pas sortis aussi forts qu'on voulait. C'est inacceptable.»

Une étape vers le progrès

De son côté, Félix Lechasseur s'est dit déçu et surpris par la contre-performance du Rouge et Or, mais il y voit une étape sur le chemin du progrès. «C'était un test. On l'a plus ou moins bien réussi. Mais il faut étudier et refaire nos devoirs. [...] C'est le fun que ça arrive là, dans un match présaison», a indiqué le receveur de passes.

«On s'est fait surprendre, vraiment», a laissé tomber à son tour le demi défensif Thomas Girard. «C'est une très bonne équipe de football. Mais aujourd'hui, on n'a pas joué avec intensité. Ils la voulaient plus que nous.»

Meilleur joueur disponible lors du dernier recrutement, l'ailier défensif Mathieu Betts aurait aimé commencer sa carrière chez le Rouge et Or avec une victoire. Il était malgré tout satisfait de sa performance.

«Ç'a pris une ou deux séries pour m'ajuster, mais à la fin je commençais à être un peu plus à l'aise», a affirmé le joueur défensif par excellence des deux dernières saisons au collégial, qui a réussi un sac du quart en fin de rencontre. Jean-Nicolas Patoine

Dallaire, le seul point positif

«Christian Dallaire.» Voilà la réponse donnée par Justin Ethier à la question «Y a-t-il eu des points positifs dans ce match?» Le quatrième quart-arrière du Rouge et Or a été utilisé comme receveur de passes et il a provoqué quelques-unes des rares étincelles chez les locaux. En plus de réaliser le premier touché, il a capté quatre passes pour des gains de 88verges. «Quand il est embarqué, il est sorti à 100 milles à l'heure, il voulait montrer qu'il méritait un poste. Il a gagné beaucoup de points aujourd'hui», a louangé le coordonnateur offensif.

Dallaire a pris ce compliment avec une belle modestie. «C'est pas le jeu d'un joueur, le football, c'est un jeu d'équipe», a lancé le joueur recrue, qui occupe les deux positions depuis le secondaire. Peu importe le rôle qu'il aura à jouer dans les prochaines semaines, tant qu'il est sur le terrain. «Je vais prendre ce qui va m'être donné.» Jean-Nicolas Patoine

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