Oubliez la super ligue de football universitaire

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Si plusieurs matchs de la saison avaient des gros écarts de pointage, ce ne fut pas le cas samedi lors du duel Carabins-Bisons, où l'Université de Montréal a battu celle du Manitoba 29-26 en finale de la Coupe Uteck.

LA PRESSE, ROBERT SKINNER

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(Québec) Créer une première division de football universitaire au Canada? Fantasme de journalistes et de partisans. C'est ce que laissent comprendre les directrices des sports des deux institutions finalistes de la Coupe Uteck, qui portent très peu d'intérêt à un projet de super ligue. Pas plus que les gens du Sport interuniversitaire canadien, d'ailleurs.

Rien de sérieux

«Il n'y a pas de discussions sérieuses à ce sujet», tranche d'emblée la directrice des programmes sportifs de l'Université de Montréal, rencontrée par Le Soleil à la mi-temps du match de la Coupe Uteck, samedi.

Pour Manon Simard, l'avenir du football universitaire passe par une solution commune à toutes les équipes. Un même plan pour les gros et les petits. «Je suis pleinement d'accord avec les gens de l'Université Laval qui disent qu'il ne faut pas niveler vers le bas. Il faut aller vers le haut tous ensemble. Tout le monde doit contribuer.»

La patronne de Danny Maciocia estime que le football fait face à «un défi de croissance». «Il y a 10 ans, 36 des 40 meilleurs joueurs au Québec partaient aux États-Unis. Aujourd'hui, c'est le contraire. Il y en a juste de quatre à six qui quittent. Toute croissance amène son lot de défis! Ce sont des beaux problèmes.

«La parité, c'est de permettre à tout le monde d'y croire, poursuit l'ancienne nageuse. Quand tu joues aux cartes, il ne faut pas que toutes les frimes se retrouvent toujours dans la même main et que les autres aient juste des deux et des trois.»

«Il y a beaucoup de choses sur la table», dit Simard, sans s'avancer sur les solutions en public. Elle constate néanmoins qu'une université anglophone québécoise de

2000 étudiants comme Bishop's «ne dispose pas des mêmes leviers» que les grandes universités francophones comme Laval (48 000 étudiants) et Montréal (63 000).

La réception est aussi froide dans l'Ouest, sinon plus. «On ne parle pas de première division dans nos réunions. Je n'entends pas de discussions là-dessus», atteste Coleen Dufresne, qui dicte les destinées sportives de l'Université du Manitoba.

Cette conférence s'avère la plus serrée des quatre, avec les six équipes ayant gagné et perdu au moins deux matchs cette saison - Calgary (6-2) s'est vu retirer une victoire pour avoir aligné un joueur inadmissible.

Les footballeurs de Winnipeg brassent déjà un gros budget de voyage. Cet automne, ils ont pris l'avion quatre fois. Ils vont à Regina et à Saskatoon en autocar. Huit vols aussi pour leurs rivaux de Vancouver (UBC), qui n'ont même pas pris part aux éliminatoires.

«C'est bon que des équipes comme Laval et Calgary haussent les standards, affirme la native de Dorion, à l'ouest de Montréal. C'est aux autres de les rattraper! Pourvu qu'ils ne trichent pas, je suis la première à les soutenir», conclut celle dont le programme de football emploie deux entraîneurs à temps plein, contre six pour Montréal et sept pour Laval.

Pistes de solution

Au contraire du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), le Sport interuniversitaire canadien (SIC) n'a pas créé de comité pour améliorer la parité sur ses terrains de football. «Mais ça se parle sans arrêt depuis quatre ou cinq ans, depuis la séquence de Laval» de trois Coupes Vanier et quatre finales en quatre ans, admet le directeur des communications de l'organisme pancanadien, Michel Bélanger.

La saison où l'on a plus entendu parler du déséquilibre des forces est pourtant celle où les puissances de Calgary et de Québec n'ont pas franchi la finale de conférence pour la première fois depuis des lunes. «Mais personne n'aime voir des pointages de 72-3, et ç'a été le cas dans les quatre ligues», convient Bélanger.

À quand un circuit de Vancouver à Halifax? «Quand on trouvera 12 ou 15 Jacques Tanguay!» réplique Bélanger, qui a assisté à la naissance du football à l'UL comme étudiant, puis comme relationniste du Rouge et Or. Rares sont les David Dubé, riche distributeur de fruits et légumes et grand argentier des Huskies de la Saskatchewan.

«Et si tu as un plan pour une D1, ça en prend un aussi pour la D2, constate Bélanger. Au Québec, vont-ils jouer à trois?» Les Maritimes comptent quatre formations. Bélanger estime les équipes de l'Ouest «plus prêtes» en raison de leur budget de voyage déjà imposant.

Le problème n'est pas unique au football. En basketball masculin, Carleton a gagné 10 des 12 derniers championnats canadiens. En soccer féminin, Algoma a perdu ses 16 matchs, inscrivant six buts et en accordant 169.

Dans l'Ouest, en basket, les équipes se séparent entre Pionniers, fortes, et Explorateurs, faibles. Les clubs livrent une saison intradivision. Les deux groupes ont des éliminatoires communes, avec accès réduit aux Explorateurs.

Le calendrier du football au Québec est déjà modulé selon les résultats de la saison précédente. Les trois premières équipes au classement s'affrontent deux fois chacune l'année suivante, même chose pour les trois dernières.

Le SIC songe à plafonner chaque équipe à 80 ou 85 joueurs. Certaines en gardent plus que 100. «C'est la solution qu'on entend le plus souvent», indique Bélanger. À Québec, le Rouge et Or se maintient autour de 90.

Il est question d'admettre plus d'équipes en éliminatoires pancanadiennes. Huit au lieu des quatre champions de ligue actuels. Pour corriger la disparité entre 1 sur 11 en Ontario et 1 sur 4 dans les Maritimes. Mais attention : les finales de conférence perdraient alors toute leur importance, prévient Bélanger.

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