Le deuxième deuil de Jean-Alexandre Bernier

«Le Rouge et Or a constitué le plus... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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«Le Rouge et Or a constitué le plus beau choix de toute ma carrière... de ma vie. Quand je suis rentré ici, j'étais un jeune homme. Et je pense que j'en sors en étant un homme qui sait maintenant où il s'en va dans la vie et qui peut être fier de ce qu'il a accompli» - Jean-Alexandre Bernier, joueur de ligne défensive dont la carrière s'est terminée avec la défaite de samedi du Rouge et Or

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(Québec) Les années semblent se suivre et se ressembler pour Jean-Alexandre Bernier qui a officiellement tourné la page sur sa carrière universitaire avec le Rouge et Or, samedi.

«C'est le deuxième deuil que je fais», a expliqué la larme à l'oeil le joueur de ligne défensive qui, il y a un an à la suite du match de la Coupe Vanier, était convaincu qu'il ne pourrait jamais plus endosser l'uniforme du Rouge et Or à la suite de l'adoption d'un nouveau règlement par Sport interuniversitaire canadien concernant les joueurs de 24 ans. Admissible pour une dernière campagne par quelques jours, il a finalement pu jouer avec la formation lavalloise en 2014.

«Et j'aurais été aussi triste si nous nous étions rendus jusqu'au bout. Ç'a aurait été pareil dans deux semaines juste parce que ça aurait été fini. Le Rouge et Or, c'est beaucoup plus qu'une équipe de football. C'est une famille, une école de vie. C'est incroyable et indescriptible ce que l'on y vit. Mais c'est certain que le fait de ne pas avoir gagné la Coupe Dunsmore rajoute à ma peine.»

Le vétéran a mentionné que ses coéquipiers et lui n'avaient jamais tenu pour acquis la victoire face aux Carabins. Il a expliqué que même si le Rouge et Or avait collé 11 titres provinciaux consécutifs, chaque saison était différente et comportait des défis nouveaux. «Mais c'est certain que celle-là, on va en entendre parler longtemps.»

Victime d'une déchirure au talon d'Achille la veille du match pré-saison de la campagne 2013, Bernier n'avait pu disputer une seule rencontre l'année dernière. Et c'est avec le seul espoir de pouvoir endosser de nouveau l'uniforme du Rouge et Or qu'il avait vécu sa longue période de rééducation. Tout au long du processus, le colosse était conscient que s'il pouvait revenir au jeu, il aurait à revivre des moments déchirants quand viendrait le temps de clore définitivement le chapitre de sa carrière universitaire. Mais son attachement pour l'équipe était plus fort que tout.

«Je referais la même chose mardi matin. Si je le pouvais, je jouerais ici pendant encore 10 ans. C'est la place. Le Rouge et Or a constitué le plus beau choix de toute ma carrière... de ma vie. Quand je suis rentré ici, j'étais un jeune homme. Et je pense que j'en sors en étant un homme qui sait maintenant où il s'en va dans la vie et qui peut être fier de ce qu'il a accompli. Et ça, c'est grâce à tout ce qu'il y a ici et tout ce qui est en place dans le programme. Les entraîneurs, l'organisation, les partenaires, les coéquipiers, la physiothérapie, Raymond Veillette, etc. Le Rouge et Or, c'est vraiment une famille incroyable.»

Sport cruel

En plus de tourner la page de son passage avec le Rouge et Or, Bernier a écrit, samedi, le dernier chapitre de sa carrière de footballeur amateur. Une carrière qui s'est amorcée à la polyvalente Deux-Montagnes pour ensuite se poursuivre au Collège André-Grasset, avec le Cégep du Vieux-Montréal et le Rouge et Or.

«Je dois beaucoup à la polyvalente Deux-Montagnes. C'est là que je suis devenu un joueur de football. Mais après ça, c'est le programme du Rouge et Or qui m'a formé et qui m'a fait devenir le joueur et l'individu que je suis aujourd'hui. Pour moi, le football, ça se résume surtout au Rouge et Or.

«Faire le deuil sur ma carrière de joueur, c'est gros. Mais le football, c'est cruel. C'est un sport qui est vraiment dur. Au hockey, tu peux évoluer dans des ligues de garage jusqu'à l'âge de 60 ans. Au football, quand tu vieillis et que tu arrives dans tes bonnes années, plus c'est difficile à cause des blessures et des bobos. Même moi à 25 ans, je sentais parfois que les choses étaient plus dures.

«C'est plate, mais je pense que ça va être le moment de tourner la page. Je ne ferme pas les portes à d'autres niveaux, mais pour le moment, je n'ai pas la tête à ça. Je devrai prendre une décision la tête froide pour voir les options qui pourraient s'offrir à moi dans le futur.»

***

La fin de plusieurs carrières universitaires

La défaite du Rouge et Or face aux Carabins, samedi, a marqué la fin de la carrière universitaire pour 11 membres de l'édition 2014 de la formation lavalloise. Les receveurs de passes Matthew Norzil, Julian Bailey, le botteur Boris Bede, les joueurs de ligne défensive Jean-Alexandre Bernier, Michel Savard et Vincent Desloges, les joueurs de ligne offensive Karl Monjoie et Danny Groulx, les porteurs de ballon Guillaume Bourassa et Dave Savard, et le demi défensif Guillaume Gauthier de Lahaut ont tous terminé leur cinquième et dernière campagne universitaire. La saison 2014 pourrait aussi avoir été la dernière du demi-défensif de quatrième année Thommy Bourassa. Victime d'une troisième commotion cérébrale en octobre, il a terminé la saison sur la liste des blessés. Et même s'il n'a pas encore pris de décision finale quant à son avenir, les chances de le revoir en uniforme en 2015 sont minces.

De beaux projets dans la mire de Matthew Norzil

Matthew Norzil aurait sûrement aimé terminer sa carrière avec le Rouge et or sur une meilleure note. Blessé lors du premier match de 2013, il n'a pu revenir au jeu que lors de la quatrième semaine du calendrier de cette année. Blessé à nouveau lors de la rencontre face aux Redmen, il n'a pu reprendre sa place dans l'alignement du Rouge et Or que lors de la demi-finale. Et même s'il était en uniforme, samedi, il n'a pas joué. «Ce n'était pas évident pour lui», a indiqué Justin Ethier. «Il revenait d'une blessure et il était ralenti. On avait hésité avant de l'habiller contre les Stingers. Mais je pense qu'il aurait pu bénéficier d'une couple de semaines d'entraînement.» Le coordonnateur à l'attaque a expliqué que le Rouge et Or n'avait pas effectué beaucoup de jeux en première demie. «Et on s'est ensuite questionné si on allait embarquer un gars comme ça, à froid, au quatrième quart. J'ai pris la décision que non. Je trouve ça déchirant pour lui, mais ce sont des décisions que l'on doit prendre. Je suis quand même super fier de Matthew. Et je suis heureux qu'il ait trouvé le moyen de pouvoir rejouer contre Concordia.» De son côté, Norzil ne cachait pas son immense déception quant à l'issue de la rencontre face aux Carabins. «Perdre de cette manière, c'est vraiment difficile. Je n'ai pas de mots. Mais même si les deux dernières saisons ont été très difficiles, je vais garder de très beaux souvenirs de mon passage avec le Rouge et Or. Mon plus beau est mon touché lors du match de la Coupe Vanier en 2012.» Norzil a conclu en disant que de belles choses s'en venaient pour lui sans toutefois préciser. «Je vais travailler fort pendant l'hiver et on verra ce qui arrivera par la suite.»

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