«Y'a personne d'invincible», a bien résumé le receveur Seydou Junior Haïdara, révélé comme un meneur d'hommes dans cette rare défaite du Rouge et Or. Un troisième revers seulement en six ans pour Laval contre les équipes de la conférence Québec. Trois échecs survenus à Montréal, au domicile des Carabins.
«On n'est pas satisfaits du résultat, mais on est contents du caractère qu'on a démontré», a indiqué l'entraîneur-chef, Glen Constantin. «Il faut comprendre que Montréal a bien joué. Et on a failli repartir d'ici avec une victoire. Alors, on peut être fiers de nos joueurs.»
Car à la demie, ses protégés n'avaient pas bonne mine. Les Bleus, devenus Gris pour l'occasion avec de nouveaux uniformes, menaient 15-3. «Ça ressemblait terriblement à 2009», a admis Constantin, gardant en tête la varlope de 28-7 subie il y a trois ans, au même endroit. Cette fois-là, le Rouge et Or perdait 13-7 après 30 minutes de jeu.
Cette fois-ci, Montréal dominait 242 verges à 86 au chapitre des gains offensifs, 170-52 par la passe et 16-6 pour les premiers jeux. Les points des visiteurs découlaient d'une échappée recouverte par Arnaud Gascon-Nadon, qui a ensuite mené à un placement.
Laval est toutefois revenu en annihilant une feinte de dégagement. Puis une série de quatre premiers jeux consécutifs pour traverser 59 verges et inscrire un touché dès sa première séquence offensive. Le majeur est celui de Matthew Norzil, une passe de 16 verges.
Après un échange de placements, Haïdara a capté une bombe de 62 verges canonnée par Tristan Grenon. Le quart-arrière Grenon a ensuite porté le ballon sur les cinq dernières verges à franchir pour donner les devants au Rouge et Or 19-18.
Botté bloqué
Les Carabins ont toutefois sauvé la mise en bloquant un botté de dégagement, à cinq minutes de la fin, avant d'enregistrer le placement gagnant. «Ce jeu-là nous a coupé les jambes. Un botté bloqué, c'est le jeu le plus dévastateur au football», a reconnu Constantin.
Son bras droit offensif, Justin Ethier, a souligné les problèmes des membres de son unité à communiquer entre eux sur le terrain, à cause du bruit de la foule dans un CEPSUM rempli à craquer de 5100 spectateurs.
«Mais j'en ai un peu rien à foutre du score», a poursuivi Ethier. «Je ne voulais rien savoir d'une performance pathétique ici comme ç'avait été le cas en 2009. Je voulais voir du caractère et c'est de bon augure pour ce qui s'en vient.»
Si Rouge et Or et Carabins montrent une fiche identique de 6-1, les Lavallois possèdent l'avantage dû à un différentiel positif de 16 points au total des deux affrontements entre les deux clubs cette saison. Dimanche dernier, Montréal avait perdu 30-11, à Québec.
S'ils gagnent leurs deux dernières parties régulières et leur demi-finale respective, comme prévu, les antagonistes du football universitaire québécois renoueront le samedi 10 novembre, au PEPS de l'Université Laval, pour le match de la Coupe Dunsmore.
«Si tout va bien, on va avoir un match [final] à la maison, ce sera plus facile. Nous aussi, on est gonflés à bloc, chez nous. On est prêts à jouer chez nous», a conclu Constantin, loin d'être démonté.
Maciocia : «Une victoire qui nous redonne confiance»
«C'est une victoire qui nous redonne confiance. Et on en avait bien besoin après le match difficile de la semaine dernière, à Québec», a affirmé l'entraîneur-chef des Carabins, Danny Maciocia, au terme de la rencontre.
«Ça s'est joué sur la ligne de mêlée. Autant notre ligne offensive que défensive a mieux fait que la leur.» Montréal a entre autres dominé Laval 390 à 250 pour les verges gagnées en attaque, 262-153 par la voie des airs et 26-16 pour les premiers jeux. C'est une domination de 46-30 en deux matchs dans la colonne des premiers essais pour les Carabins.
Maciocia s'est dit très satisfait du gain, mais encore plus de l'effort déployé par ses troupes. «Le but était de donner l'effort maximum, alors je peux vivre avec le résultat», a-t-il assuré. Triomphe en demi-teintes, puisque le Rouge et Or conserve l'avantage au classement, au bris d'égalité. Le différentiel de points lors des matchs entre les deux clubs favorise Laval par 16.
«On avait le calendrier le plus difficile en affrontant deux fois Sherbrooke et deux fois Laval dans nos sept premiers matchs. Alors, je ne vais pas me plaindre de notre position au classement», a analysé le coach.
Avec une production offensive de 130 verges en 25 courses, Rotrand Sené est devenu le porteur de ballon le plus prolifique dans l'histoire des Carabins. Ses 3381 verges en carrière dans l'uniforme montréalais surpassent les 3357 de Joseph Mroué. Les gains de Mroué quand il a joué avec Sherbrooke ne sont pas comptabilisés ici.
«Rotrand est l'un des meilleurs porteurs du circuit, mais ses succès sont dus à un effort collectif», a souligné son patron. Le vis-à-vis de Maciocia, Glen Constantin, avait d'ailleurs prévenu que si Sené amassait plus de 100 verges au sol durant le match, «on va être dans le trouble».
Après un dégagement loupé de 27 verges au premier quart, Maciocia a remplacé son botteur Charles Bauer par David Deschamps, qui n'avait pas botté encore cette saison. Deschamps s'est bien acquitté de la tâche avec deux succès en deux, sur 22 et 21 verges.
Avec 5100 personnes entassées dans les gradins du CEPSUM, les Carabins ont attiré leur 11e salle comble en 11 ans d'histoire. Une première où les billets étaient tous vendus avant la journée du match depuis 2004.