«Je suis conscient que le Rouge et Or a une excellente défensive, surtout avec les retours de Frédéric Plesius et Arnaud Gascon-Nadon, deux excellents joueurs. Mais ça fait deux, trois ans que je joue contre eux et j'ai quand même eu du succès face à Laval. Alors on va voir... Mais l'attaque, ce n'est pas juste moi. Et le but, c'est de jouer en équipe et de bien performer tous ensemble», a expliqué le porteur de ballon qui a amassé 111 verges en 22 portées la saison dernière et 97 en 22 portées il y a deux ans en saison régulière face au Rouge et Or.
Une chose est sûre, même si on dit que l'attaque des Carabins utilise davantage le jeu aérien cette saison, Sené demeure encore et toujours l'une des pierres angulaires de celle-ci. En cinq rencontres jusqu'ici, il a porté le ballon à 90 reprises, il a amassé 454 verges et il a marqué six touchés.
Des statistiques qui permettent au vétéran de quatre saisons d'être le meilleur porteur de ballon au Québec, et le huitième au Canada. Tout ça, même s'il a été limité à seulement 12 verges de gains lors du premier match de la saison face au Vert & Or, une rencontre au cours de laquelle il devait composer avec une blessure. Par la suite, il a connu quatre matchs consécutifs avec des gains de plus de 100 verges.
«Pour moi, les statistiques, ce n'est pas ce qu'il y a de plus important. Ce sont les victoires qui le sont. Tout ce que je souhaite, c'est faire ma part sur le terrain et contribuer le plus possible au succès du club. Et si je le fais, les stats vont suivre.»
Équilibre
Selon Sené, l'attaque montréalaise a été beaucoup plus constante cette année. Il a expliqué que l'équipe avait montré qu'elle pouvait mettre des points au tableau. Mais plus important encore selon lui, l'équipe a été capable de terminer ses poussées offensives quant elle était dans la red zone.
Appelé à analyser l'équipe actuelle des Carabins et à la comparer aux éditions antérieures, le vétéran a indiqué qu'elle était beaucoup plus équilibrée. Un équilibre entre la défensive et l'attaque, un équilibre entre les jeunes joueurs et les vétérans et un équilibre concernant l'attaque elle-même.
«Nous avons toujours eu une très bonne défensive. La différence cette année, c'est en attaque où nous avons davantage d'armes. La ligne fait du très bon travail et on a des receveurs qui sont capables de faire des jeux. L'attaque aérienne complémente le jeu au sol et vice versa. L'adversaire ne sait jamais vraiment quoi surveiller. Et ça fait que l'on est plus menaçants et explosifs.»
Le Rouge et Or et les Carabins montrant présentement des statiques presque identiques, il est bien difficile de dire quelle équipe pourrait avoir l'avantage sur l'autre demain. Questionné à savoir laquelle constituait l'équipe à battre, le vétéran porteur de ballon a indiqué que parce qu'elle était championne provinciale depuis maintenant neuf ans, la formation lavalloise devait l'être.
«Mais il me semble que nous nous sommes pas mal rattrapés par rapport à Laval cette année, a-t-il cependant ajouté. Nous avons une équipe possédant plus de maturité. Et comme c'est notre deuxième année avec Danny [Maciocia], nous comprenons mieux son système de jeu et notre exécution est meilleure. C'est certain que la rencontre sera très serrée. Ça sera un match à ne pas manquer.»
Le grand défi des vétérans
Les joueurs de la ligne offensive du Rouge et Or pourraient en avoir plein les bras demain face aux Carabins. Même si elle n'utilise que quatre joueurs pour mettre de la pression sur le quart-arrière, la défensive montréalaise a déjà réussi 26 sacs. Un sommet au Canada.
«J'ai énormément de respect pour ce que les Carabins font défensivement», a lancé Carl Brennan (photo), l'entraîneur de la ligne offensive lavalloise. «Non seulement ils sont très athlétiques mais de plus, leur front utilise différents looks qu'il faut bien identifier afin de bien exécuter ce qui nous permettra de les contrer.
«Nous aurons donc plusieurs défis. Nous devrons les égaler au niveau athlétique, mais aussi bien reconnaître les situations auxquelles nous devrons faire face, qui aura qui et qui fera quoi, et bien réagir afin de permettre à notre attaque de réussir ses jeux. Mais c'est toujours comme cela face aux grandes équipes. Elles possèdent toutes d'excellentes défensives qui nous obligent à penser.»
Brennan ne l'a pas caché, ses hommes auront demain l'un de leurs plus gros tests de la saison. Mais même si sa ligne offensive est composée de jeunes joueurs, il a indiqué que ceux-ci étaient quand même assez expérimentés, donnant comme exemple Pierre Lavertue.
«Il n'en est peut-être qu'à sa troisième année, mais il a pris part à tous les matchs de l'équipe depuis son arrivée. De leur côté, Danny Groulx et Karl Lavoie sont des deuxièmes années, mais ils ont disputé une saison complète en 2011. On peut donc dire que ce sont de jeunes vétérans qui ont pris beaucoup d'expérience en évoluant pendant 13 matchs. D'habitude, un footballeur doit attendre deux et même trois ans avant de jouer autant de rencontres.
«C'est certain, c'est un peu par la force des choses qu'ils ont pu voir du terrain aussi rapidement, le départ de vétérans ayant ouvert des postes quand ils sont arrivés. Mais en même temps, s'ils ont eu la chance de jouer, c'est parce qu'ils avaient du talent.»
Les jeunes vétérans du Rouge et Or sont-ils à leur maximum? Brennan a lancé tout de go : «Absolument pas. Ils ont encor e beaucoup de choses à apprendre. Mais ils travaillent fort. C'est cependant certain que les défis vont aller en grandissant. Comme celui qu'ils auront en fin de semaine. alors qu'ils devront reconnaître plein de choses en plus de s'imposer physiquement.»