Dans le groupe de cette année, ils sont trois - Jeff Fisher (St. Louis), Romeo Crennel (Kansas City) et Mike Mularkey (Jacksonville) - à avoir déjà occupé cette exigeante position, comparativement à cinq (Joe Philbin, Dennis Allen, Chuck Pagano, Greg Schiano et Joe Vitt) qui font leurs premiers pas.
Compte tenu de son expérience dans la NFL, Fisher était le coach le plus convoité pendant la saison morte. Après une année loin des réflecteurs, l'entraîneur de 53 ans était prêt à reprendre le boulot. Courtisé sérieusement par les Rams et les Dolphins de Miami, Fisher a opté pour l'offre de St. Louis (cinq ans, 35 millions $) après s'être entretenu pendant quelques heures avec le jeune quart Sam Bradford.
L'intérêt porté par les deux organisations à l'endroit de Fisher, qui a dirigé les Oilers de Houston et les Titans du Tennessee pendant 17 saisons, donnait parfois l'impression que celui qui était surnommé «Coach ,500» à l'époque n'avait pas connu seulement six saisons gagnantes pendant son long séjour à la barre de cette organisation, où il a compilé un dossier global de 142-120 (,542).
Peu importe sa réputation, Fisher n'aura pas de mal à faire mieux que Steve Spagnuolo, congédié après avoir mené ses protégés à seulement 10 gains contre 38 défaites pendant son court règne de trois ans à St. Louis.
Furieux de voir Fisher tourner le dos à ses Dolphins, le propriétaire Stephen Ross n'a eu d'autre choix que d'opter pour son plan B. L'ex-coordonnateur offensif des Packers de Green Bay, Joe Philbin, est devenu le septième entraîneur à Miami, incluant deux par intérim, au cours des huit dernières années.
L'embauche de Philbin, qui a joué un rôle important dans l'éclosion du quart-arrière Aaron Rodgers à Green Bay, est survenue quelques semaines après que Ross eut déclaré qu'il était à la recherche «d'un jeune Don Shula». À 50 ans, on ne peut pas dire que Philbin correspond exactement à cette définition, mais l'expérience acquise depuis 1984 dans le monde du football, dont 19 années passées dans la NCAA, devrait lui permettre de faire mieux que Tony Sparano, congédié avec encore trois matchs à disputer l'an dernier.
Enfin la défense!
On a réalisé pendant la saison morte que l'interminable règne d'Al Davis chez les Raiders d'Oakland avait bel et bien pris fin avec son décès le 8 octobre dernier quand le nouveau directeur général Reggie McKenzie, un ancien dirigeant des Packers, a engagé Dennis Allen, l'ex-coordonnateur défensif des Broncos de Denver, pour diriger le «Silver and Black».
Avant la nomination d'Allen, le dernier entraîneur réputé pour ses connaissances sur le plan défensif mis sous contrat par les Raiders était l'unique John Madden (1969). Le coloré entraîneur a remporté 103 victoires et un Super Bowl pendant les 10 ans où il a été à la barre de l'équipe.
Si Allen, 39 ans, veut obtenir autant de succès que Madden à court terme, il devra trouver un moyen pour arrêter l'attaque au sol de l'adversaire et faire en sorte que les Raiders soient beaucoup plus disciplinés. Ce n'est pas un hasard si sept entraîneurs différents se sont succédé à Oakland depuis 2003.
Enfin, on retrouvera aussi deux p'tits nouveaux chez les Colts d'Indianapolis et les Buccaneers de Tampa Bay après leur saisons désastreuses en 2011. Privés de leur général Peyton Manning, les Colts ont perdu leurs 13 premiers matchs, tandis que les Bucs ont terminé la saison en encaissant 10 défaites d'affilée, leur défensive ayant décidé de prendre congé!
À Indianapolis, Jim Caldwell a été remplacé par Chuck Pagano, l'ex-coordonnateur défensif des Ravens de Baltimore, qui pourra compter sur la recrue Andrew Luck (Stanford) pour relancer l'attaque des Colts dans la bonne direction. À Tampa, le fauteuil de Raheem Morris est dorénavant occupé par Greg Schiano, qui a fait sa marque dans la NCAA en redonnant aux Scarlet Knights de l'Université Rutgers leurs lettres de noblesse au cours des dernières années.
Le nouveau défi de Mularkey
Après avoir obtenu beaucoup de succès en travaillant avec le quart-arrière Matt Ryan à Atlanta, Mike Mularkey tentera de faire aussi bien avec le jeune Blaine Gabbert, qui entreprendra sa deuxième saison avec les Jaguars de Jacksonville. Après avoir dirigé Buffalo en 2004 et en 2005 (14-18), Mularkey a occupé les rôles de coordonnateur offensif à Miami et à Atlanta au cours des dernières années. Les Jaguars ont raté les séries 10 fois au cours des 12 dernières années, une situation à laquelle le nouveau propriétaire Shahid Khan entend rapidement remédier. À sa première saison dans la NFL, Gabbert a lancé 12 passes de touchés contre 11 interceptions, en plus d'être plaqué 40 fois derrière la ligne de mêlée, alors qu'il n'était visiblement pas prêt à faire front.
Pour le bon vieux Romeo!
Les Chiefs de Kansas City ont terminé la saison dernière en remportant deux de leurs trois derniers duels, dont une victoire inattendue de 19-14 sur Green Bay, sous la direction de Romeo Crennel, qui occupait alors le poste d'entraîneur par intérim à la suite du congédiement de Todd Haley. Les joueurs se sont défoncés comme rarement pendant ces trois rencontres afin d'augmenter les chances de voir Crennel décrocher le poste à temps plein en 2012. Et leur voeu a été exaucé. Même s'il n'a pas connu beaucoup de succès à la tête des Browns de Cleveland de 2005 à 2008 (24-40), il jouit encore d'une bonne réputation à travers la NFL. Âgé de 64 ans, le bon vieux Romeo occupera aussi la fonction de coordonnateur défensif, sa spécialité, avec les Chiefs.
À en perdre son latin
La situation est particulière chez les Saints de La Nouvelle-Orléans, qui ont nommé Joe Vitt entraîneur par intérim en raison de la suspension d'un an imposée à Sean Payton à la suite des révélations reliées au scandale des primes aux blessures. Mais comme Vitt, le bras droit de Payton, a lui-même été suspendu pour les six premiers matchs de la saison, on a demandé à Aaron Kromer, l'entraîneur de la ligne offensive, de diriger les Saints au début du calendrier régulier. Il occupera donc le poste de Payton jusqu'au 21 octobre, avant de voir Vitt, qui dirige l'équipe lors des matchs présaison, s'installer à son tour dans le siège du conducteur. De quoi en perdre son latin!