Patrick Lavoie, premier choix des Alouettes

Patrick Lavoie reçoit l'appel surprise de Jim Popp,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Patrick Lavoie reçoit l'appel surprise de Jim Popp, quelques minutes avant que ne soit confirmé son repêchage par les Alouettes de Montréal.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Olivier Bossé
Le Soleil

(Québec) Patrick Lavoie a été le premier choix au repêchage des Alouettes de Montréal, hier. À la surprise générale. La sienne par-dessus tout.

- Hi. It's Jim Popp.

- Yes.

- Es-tu en santé ?

- Yes.

- Veux-tu venir travailler avec nous?

- Yes.

- Quel numéro aimerais-tu porter ?

- No matter.

- Le 81, ça t'irait toujours?

- Yes.

- Tu vas être notre prochain choix.

- Thank you.

Quand il a raccroché son téléphone cellulaire, Lavoie est devenu tout rouge. Les yeux d'une quinzaine de coéquipiers du Rouge et Or et de trois caméras braqués sur lui. Il s'est levé pour aller chuchoter la grande nouvelle à l'oreille de son amoureuse, Angy Riendeau. Et l'enlacer.

Il était autour de 16h20, au bar Le Cactus de l'avenue Myrand, à Sainte-Foy. C'était 16 minutes avant que le commissaire Mark Cohon l'officialise au 11e rang, à TSN. Beaucoup de blabla, des publicités et une entrevue téléphonique avec Frédéric Plesius, choisi juste avant lui.

«Je pensais que c'était un canular», avoue ensuite le centre-arrière de 24 ans de l'Université Laval, à propos de l'appel hâtif du directeur général des Alouettes. «C'est comme quand tu joues au hockey et que tu es repêché par le Canadien. C'est tellement gros, je n'en reviens pas! Ç'a pas de bon sens!»

La courte discussion avec Popp n'était pas sa première de la journée avec un dirigeant des Oiseaux. Le dg adjoint, Marcel Desjardins, l'avait appelé à 13h30. «Il m'avait laissé entendre qu'ils me choisiraient, mais ce n'était pas clair», raconte Lavoie, a posteriori. «Avec les nombreux appels des équipes reçus dans les derniers jours, je croyais plutôt être pris 20e par Edmonton.» Un choix que les Eskimos ont transigé en début de repêchage.

L'ancien receveur de passes originaire de Sainte-Flavie s'est transformé en centre-arrière, il y a deux ans. Une décision du coordonnateur offensif de l'époque chez le Rouge et Or, Justin Éthier. «Le meilleur move de ma carrière, confirme Lavoie. Tous les centres-arrières de la Ligue [canadienne] sont Canadiens.»

L'athlète de 6'2" et de 240 livres fera tout pour rester à Montréal tout l'été et l'automne. Mais «revenir à Laval ne serait pas un pas en arrière», assure celui à qui il reste une saison d'admissibilité universitaire. Il est le premier joueur issu du Campus Notre-Dame-de-Foy (CNDF) à être repêché dans la LCF.

Lévesque amer

Un autre ex du CNDF était sur place. Sébastien Lévesque avait la mine plus basse. Le porteur de ballon vedette du Rouge et Or n'était pas des 45 joueurs retenus. Aucun porteur n'a trouvé preneur.

«Je vais signer avec les Sharks de L'Ancienne-Lorette», ironise un Lévesque dépité. «Quand ils disent: "C'est notre ligue".... [le slogan de la LCF]. Ils n'ont même pas pris [Kyle] Quinlan!» le quart-arrière des Marauders de McMaster, qui a découpé le Rouge et Or en finale de la Coupe Vanier.

«Je me sens comme la première fois que je n'ai pas été habillé à Laval. C'est une bonne claque au visage. Mais j'ai toujours été sous-estimé, je connais la chanson. Je sais que je vais la réussir, ma grosse course, là-dedans. J'espère juste avoir ma chance», maugrée celui qui peut encore être invité au camp présaison comme joueur autonome.

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