On comptait une soixantaine de joueurs actifs ou retraités la fin de semaine du 31 mars et 1er avril à l'Expo Center de Dulles, à Chantilly (Virginie), situé à environ 30 minutes de Washington. Des joueurs de football pour la plupart, mais aussi quelques anciens habitués des losanges du baseball majeur.
Des athlètes disponibles pour apposer leurs signatures sur les précieux objets de collection des amateurs, à condition que ceux-ci soient prêts à y mettre le prix. Des prix qui varient considérablement selon le statut du joueur en question et aussi de l'article qui lui est présenté.
Lors du passage du Soleil, un collectionneur devait débourser entre 30 $ et 140 $ pour obtenir la signature d'un joueur sur un casque de football miniature. Pour obtenir un autographe sur un chandail, le coût pouvait grimper jusqu'à 170 $. Pour le quart-arrière Ben Roethlisberger, un des nombreux joueurs des Steelers de Pittsburgh présents, on parlait plutôt de 195 $ à 280 $. Ce qui n'empêchait pas de nombreux fans des Steelers de s'aligner devant la table réservée au numéro 7.
«Comme à peu près tout ce qui devient populaire chez nous, le marché des memorabilia s'est emballé et est devenu complètement fou après quelques années. J'aurais bien aimé charger moins cher pour les autographes de Roethlisberger, car je crois que nous en aurions vendu encore davantage, mais il a quand même été un de nos meilleurs vendeurs de la fin de semaine. Et en plus, nous avons reçu une tonne de commentaires positifs à son endroit. Les gens n'ont pas cessé de nous répéter jusqu'à quel point il était gentil et souriant avec tout le monde», raconte le promoteur de l'évènement.
Travail de longue haleine
La présentation de chaque show de cartes représente un travail de longue haleine pour Marco Rol, qui doit négocier avec les agents des joueurs afin de s'assurer de leur présence. Certains sont rémunérés en fonction du nombre d'autographes qu'ils seront appelés à signer, d'autres pour le faire pendant deux ou trois heures, tandis que certains obtiendront un pourcentage sur les recettes générées par leur présence.
Même s'il travaille dans ce domaine depuis 25 ans, Marco Rol n'est jamais à l'abri d'une mauvaise surprise et la survie de son entreprise dépend beaucoup de l'attitude affichée par ses invités. «J'ai réalisé qu'on met toutes les chances de son côté en traitant nos invités comme s'ils faisaient partie de notre famille. Tout le monde peut avoir une mauvaise journée de temps en temps, mais en traitant les joueurs de façon amicale et cordiale, nous augmentons nos chances de les voir afficher leur plus beau sourire quand ils rencontreront les amateurs.»
Vick, l'exception
Et ce fut le cas lors de notre visite, alors qu'un seul de la douzaine d'athlètes rencontrés n'a pas daigné saluer ou même regarder le journaliste du Soleil. Entouré de son frère Marcus, qui a eu lui aussi quelques démêlés avec la justice, Michael Vick n'avait pas envie de se faire de nouveaux amis pendant qu'il signait les casques et les ballons de football tendus par les gens qui avaient déboursé 100 $ par article.
Contrairement à Vick, Miles Austin, DeMarcus Ware, Sam Bradford et Matthew Stafford - pour n'en nommer que quelques-uns - sans oublier les retraités Jay Novacek, Jerome Bettis, Paul Hornung, Ickey Woods et Dexter Manley ont pris un malin plaisir à serrer la main de leurs fans et à discuter pendant quelques secondes avec eux. «Je m'amuse comme c'est pas possible», a répondu Austin à l'auteur de ces lignes qui lui faisait remarquer qu'il semblait passer du bon temps avec les amateurs qui faisaient patiemment la file pour le rencontrer et obtenir son autographe.