Le grand chef du club de l'Université Laval n'en démord pas. Son adversaire le plus menaçant dans la conférence Québec cette année porte le logo à tête de renard. «J'ai dit ça il y a un mois et ça n'a pas changé», atteste Constantin, à la veille de passer son samedi soir chez la reine des Cantons-de-l'Est.
La semaine dernière, la rivalité avec les Carabins de Montréal s'est avérée plus polie que par le passé. La tension semble avoir migré vers les affrontements Laval-Sherbrooke. La finale québécoise arrachée 22-17 par le Rouge et Or, l'automne passé, a sûrement quelque chose à y faire.
La bravade du quart-arrière recrue Jérémi Roch, qui confiait en août être prêt «à détrôner le Rouge et Or», n'a fait qu'ajouter une bûche dans le poêle. «Il y a eu beaucoup de discussions entre les joueurs durant l'hiver», avoue Constantin.
Il parle du Vert & Or comme d'«une équipe très vocale», qui se plaît à invectiver l'adversaire sur le terrain. Un style auparavant associé aux Carabins. «Même quand ils n'étaient pas compétitifs, ils parlaient beaucoup. Peut-être qu'ils manquent de respect envers nous.
«C'est un peu normal entre les trois institutions francophones, les joueurs se connaissent beaucoup et ont joué ensemble avant. Mais la rivalité avec Montréal est différente, c'est une rivalité naturelle. Pourtant, on n'a jamais perdu contre Sherbrooke [en 12 matchs]. Je ne sais pas d'où ça vient, mais c'est comme ça. Je n'invente pas ça», élabore Constantin.
Rappelons l'arrivée en poste d'André Bolduc, en 2007. À peine entré en fonction, le nouvel entraîneur-chef du Vert & Or avait refusé d'échanger les vidéos des matchs préparatoires avec le Rouge et Or en vue de l'ouverture de la saison. Un duel que Laval avait remporté 33-14, à Sherbrooke.
Discipline traditionnelle
Le Rouge et Or doit éviter de se brûler à ce jeu. L'indiscipline lui a coûté cher, la semaine dernière. «Je n'ai pas aimé notre attitude», admet Constantin. «On a traversé notre ligne de 45 verges durant l'avant-match, on a parlé beaucoup... C'est nous qui ressemblions aux anciens Carabins! On doit revenir à notre discipline traditionnelle.»
Constantin croit aujourd'hui le Vert & Or plus dangereux que les Carabins à cause de la bonne distribution de leurs meilleures ressources. «Sherbrooke est à point. Ils ont deux receveurs de quatrième année [Simon Charbonneau-Campeau et Ismaël Bamba] et un quart-arrière [Roch] qui ne joue pas comme une recrue.»
Quant au fait que le Vert & Or est le seul qui est passé près de lui enlever la couronne provinciale pour la première fois en huit ans, le coach a son idée là -dessus. «À part deux ou trois gros jeux, on était en contrôle de ce match-là », souligne-t-il. Dans le match pour la Coupe Dunsmore, Charbonneau-Campeau avait réussi des touchés de 38 et 108 verges, donc 146 des 253 verges (58 %) de production offensive sur deux jeux.