«Ç'a été notre premier PowerPoint du camp», révèle Glen Constantin, quand on lui rappelle la déclaration faite par Doyon-Roch à La Tribune, début août. «On est confiants de pouvoir détrôner le Rouge et Or», avait affirmé le pivot de 19 ans, à la veille d'amorcer son premier camp présaison universitaire.
«Il est confiant en ses moyens et c'est de bonne guerre», indique l'entraîneur-chef des imperturbables champions du Québec depuis huit ans et tenants du titre canadien. «Il est un bon quart-arrière recrue, mais il n'est pas encore du calibre de Jean-Philippe Shoiry», qui a terminé son séjour au sein du Vert & Or l'an dernier.
Shoiry n'est pas parti sans servir un avertissement au Rouge et Or. Dans une finale québécoise soldée 22-17, Sherbrooke est venu à un jeu de détrôner Laval. On était loin du 92-0 de 2003. «Ils ont réduit l'écart, on a vu la game aussi. Ils se croient fin prêts à nous détrôner? On verra bien», laisse tomber Constantin, se retenant d'en dire plus.
«Paroles de recrue»
Quant à l'énoncé de Doyon-Roch, le coach l'associe à «des paroles de recrue». «Quand on a parlé des communications, c'est le premier exemple qu'on a montré au camp dans la catégorie quoi ne pas faire. Mais ils le croient, ils l'ont dit et c'est correct. Pour nous, c'est une bonne source de motivation.»
Les explications de l'un de ses ex-coéquipiers chez les Cheetahs du Collège Vanier, Alexandre Lefebvre-Tardif, accréditent la thèse des «paroles de recrue». «Je lui en ai parlé et il dit que ses mots ont été mal interprétés. Je lui donne le bénéfice du doute, parce que je ne le connais pas comme un gars arrogant.
«Mais il a peut-être changé après avoir passé un été là -bas», à Sherbrooke, ajoute le demi défensif recrue du Rouge et Or, comme une pointe lancée à son ami. «Je le connais. Il va regarder beaucoup de vidéos et va arriver prêt. Mais on va être plus prêts que lui», insiste Lefebvre-Tardif.
Matthew Norzil est un autre membre du club de l'Université Laval qui connaît bien Doyon-Roch. L'an dernier, des 200 passes complétées par le joueur par excellence du circuit collégial AAA, 62 ont abouti entre ses mains pour 1040 verges de gains. Les Cheetahs ont aussi gagné le Bol d'or.
«Ses déclarations nous servent beaucoup de motivation», sourit le grand no 8, qui a capté sa première passe dans les rangs universitaires la semaine dernière. «Il est vraiment intelligent. Il lit bien le jeu, la balle sort vite et il a un bon bras», l'encense Norzil. «Je vais peut-être aller lui souhaiter bonne chance avant le match, pour qu'il fasse bien, mais ce ne sera pas assez pour nous battre.»
Avec 42 de ses 73 passes complétées (57,5 %) en deux matchs, Doyon-Roch présente la meilleure moyenne de gains aériens par match (288 verges) de la conférence. Il a été nommé joueur offensif de la dernière semaine au Québec.