Hier, moins de deux heures avant le début du match de la Coupe Dunsmore entre le Rouge et Or et les Carabins de l'Université de Montréal, il était impossible de dénicher ne serait-ce qu'un seul malheureux partisan des protégés de Marc Santerre à la fête d'avant-match qui prenait place depuis très tôt le matin dans le stationnement du PEPS de l'Université Laval.
Il y avait des Montréalais, bien sûr, mais eux aussi étaient vendus à la formation de l'Université Laval. «Nous suivons le Rouge et Or depuis la fin des années 90! On se cherchait une équipe gagnante, et les Canadiens n'allaient pas très bien!» explique René Maillette, qui fréquente aussi les rencontres des Patriots de la Nouvelle-Angleterre et des Bills de Buffalo, sans oublier les courses de la série NASCAR au New Hampshire et au Delaware.
Le party à Québec
«Pour nous, il n'est pas question d'appuyer les Carabins! Ici, il y a le tailgate avant chaque match et ça change tout! C'est comme une grande famille à Québec et on ne retrouve pas cet esprit aux matchs des Carabins. Nous, s'il n'y a pas de party, on n'y va pas!», poursuit Mario Nadeau, qui accompagne René Maillette dans toutes ses escapades sportives.
Même les Alouettes de Montréal ne trouvent pas grâce aux yeux de ces deux résidants de la métropole. «Il n'y a pas de tailgate, il n'y a pas d'ambiance et on se fait dire de s'asseoir quand on manifeste un peu trop! Pour nous, c'est la NFL, le NASCAR et le Rouge et Or!» ajoute M. Maillette.
Les deux Montréalais ont même réussi à transmettre leur fièvre du Rouge et Or à une amie... résidante de la capitale! «Oui, ce sont René et Mario qui m'ont convaincue de venir aux matchs. Même si j'habite Saint-Augustin-de-Desmaures, je ne savais pas où se trouvait le terrain et j'ai dû regarder sur Google Maps la première fois que je m'y suis rendue!» avoue Danielle Cloutier, un peu honteuse.
Personnages colorés
Un peu plus loin, le grand chef Nicolas Pilote préparait le pow-wow face au tipi qu'il partageait avec son ami, le soldat Jean-Philippe Roussel. «Nos amis arriveront bientôt, ce sera un beau party, c'est ici que ça se passe», explique Nicolas, qui suit les activités du Rouge et Or depuis cinq ans.
Malgré leurs costumes qui pourraient invoquer la période disco, les deux amateurs de football ont tenu à indiquer au journaliste qu'il ne fallait pas s'attendre à voir surgir des gens costumés en policier, en travailleur de la construction, en motocycliste et en cow-boy pour les accompagner.
«On n'est pas les Village People! Ce qu'on a ici, ce sont les scalps des équipes vaincues par le Rouge et Or!» précise Nicolas, brandissant quelques crânes peints et ornés des logos des malheureux adversaires de ses favoris.
Les personnages colorés étaient légion hier matin au PEPS, comme André Savard et son costume de viking agrémenté d'un gigantesque poing doré dans lequel on pouvait insérer une cannette de bière.
«Je l'ai acheté l'an dernier à Hamilton lors du match de la Coupe Vanier! C'est un accessoire promotionnel des Tiger Cats, et je dois le peindre en or avant chaque match, car la peinture ne tient pas bien sur le styromousse!» explique-t-il.
Optimiste, André croit que ses favoris se rendront encore jusqu'au bout cette année. «Si le Rouge et Or réussit à déjouer la formation wildcat des Carabins, tout est possible!» conclut-il.