Il y a 40 ans, la Coupe AVCO

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Les joueurs, dont Marc Tardif, avaient signé le livre d'or de la ville sous le regard du maire Gilles Lamontagne (à droite, avec les lunettes fumées).

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) En plus d'une centaine d'années de hockey professionnel à Québec, les amateurs de la capitale n'ont eu que de très rares occasions de célébrer les exploits de leurs champions. Outre la Coupe Stanley remportée par les Bulldogs en mars 1912, seuls les Nordiques de l'AMH ont permis à la population de connaître l'ivresse de la victoire avec la conquête de la Coupe AVCO, en 1977. Quarante ans plus tard, le Château Frontenac souligne l'événement en réunissant les principaux acteurs de ce triomphe, en présence du trophée chèrement gagné, dimanche. Pleins feux sur un championnat oublié.

«La désolation des désolations, et les porte-couleurs des Nordiques de Québec réalisaient l'ampleur du désastre et de l'affront, alors que le "vol nolisé de la conquête", alourdi de partisans et de proches, retournait piteusement à Québec, dans la nuit. Dans les soutes de l'avion, le champagne qui devait illuminer la fête, au retour, reposait bien doucement dans le plus grand respect du silence des athlètes.»

C'est en ces mots que le regretté chroniqueur du Soleil Claude Larochelle décrivait l'atmosphère qui régnait dans l'avion ramenant les Nordiques dans la capitale, au lendemain d'une écrasante défaite de 12-3 subie aux mains des Jets, lors du sixième match de la finale de la Coupe AVCO, à Winnipeg, le 24 mai 1977.

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Serge Bernier avait été élu joueur par excellence des séries, avec 14 buts et 22 passes en 17 matchs.

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Ayant giflé leurs grands rivaux 8-3 dans le match précédent, les hommes de Marc Boileau, trop confiants, avaient mésestimé les champions en titre du circuit MacFarland, qui représentaient pourtant une puissance dans la ligue, avec leurs 46 victoires, soit une seule de moins que les Fleurdelisés, en 1976-1977.

«On pensait que les Jets étaient humiliés et écrasés, et c'est ce qui a trompé les Québécois qui ont joué avec une mollesse inouïe, humiliante et impardonnable. La taloche a été retentissante, et d'autant plus difficile à absorber que cette culbute, pour ne pas dire cette capitulation achevée, a été montrée "coast to coast". L'AMH a réclamé la présence des caméras de Radio-Canada à genoux et voilà que ses deux super équipes s'écroulent coup sur coup», poursuivait Larochelle.

Brodeur brillant

De retour au Colisée pour le septième affrontement le 26 mai, des Nordiques piqués à vif avaient d'abord été dominés dans une première période qui s'était soldée sans pointage, grâce au jeu brillant du gardien de but Richard Brodeur. «Sans gardien de but, on ne va jamais nulle part!» convient aujourd'hui le directeur général des Nordiques de l'époque, Maurice Filion.

Le gardien Richard Brodeur avait été brillant lors... (Archives Le Soleil) - image 4.0

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Le gardien Richard Brodeur avait été brillant lors du septième match de la finale.

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C'est en deuxième que les gros canons des Bleus s'étaient mis à tonner. Un premier but de Bob Fitchner, à seulement 11 secondes du début de l'engagement, allait ouvrir les écoutilles pour les Fleurdelisés. Marc Tardif et Réal Cloutier, meilleur marqueur de l'AMH cette saison-là (141 points), déjouaient ensuite le portier de Winnipeg, Joe Daley, pour forger une avance insurmontable de 3-0 aux Nordiques.

En milieu de période, les talentueux Jets réduisaient ensuite l'écart par l'intermédiaire de Dan Labraaten, mais la réplique de la troupe québécoise fut sans appel. Trois buts consécutifs - des réussites de Jean-Claude Tremblay, grâce à son légendaire «tir papillon», de Normand Dubé et de Paulin Bordeleau - allaient lancer les Nordiques en avant 6-1, après 40 minutes de jeu.

Toujours affamés, ces derniers n'ont pas relâché la cadence, en troisième. Christian Bordeleau et Serge Bernier ajoutaient deux buts du côté de Québec, alors que le défenseur Perry Miller déjouait Brodeur dans une cause perdue.

«En deuxième période, Jean-Claude Tremblay avait marqué un but pratiquement du centre de la patinoire. Ensuite, ça avait ouvert le jeu beaucoup et on en a profité pour prendre les devants. [...] On a finalement gagné le match 8-2. Ç'a été vraiment extraordinaire, un feeling incroyable. Ce n'était pas la Coupe Stanley, mais pour nous, c'était tout comme, dans l'AMH», raconte aujourd'hui Serge Bernier, qui avait été élu joueur par excellence des séries, avec 14 buts et 22 passes en 17 matchs, malgré le rhume qui l'avait affecté pendant la finale.

11 461 amateurs entassés dans le vieux Colisée

Au son de la sirène, ce fut l'explosion de joie dans les gradins du vieux Colisée, qui était alors d'une capacité de 10 000 spectateurs, mais où s'étaient entassés 11 461 amateurs. «Je n'ai jamais été aussi fier d'une équipe de hockey. Un champion se relève toujours du plancher», avait alors commenté l'entraîneur-chef Marc Boileau, aujourd'hui décédé.

Dans une scène de nos jours inimaginable, les partisans, vêtus de chandails des Nordiques et munis de drapeaux fleurdelisés, sont ensuite descendus sur la glace pour jubiler avec les joueurs dans une célébration aussi chaotique que survoltée. Particulièrement lorsque le président du conseil d'administration de l'AMH, Bill Hatskin, remettait la Coupe AVCO au capitaine Marc Tardif. Ce dernier avait ensuite effectué un tour d'honneur sur la patinoire avec le trophée, tirant son nom d'une société de prêts, au bout des bras.

Réal Cloutier lors des festivités dans le vestiaire... (Archives Le Soleil) - image 6.0

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Réal Cloutier lors des festivités dans le vestiaire où le champagne et la bière O'Keefe coulaient à flots.

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Les Nordiques étaient dirigés par Marc Boileau.

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Les festivités s'étaient poursuivies dans le vestiaire de l'équipe où le champagne et la O'Keefe - les Nordiques appartenaient à cette brasserie - coulaient à flots, puis s'étaient transportées le lendemain dans un hôtel du centre-ville de Québec où, après le défilé tenu plus tôt en journée, les joueurs avaient célébré jusqu'aux petites heures du matin.

«Il y avait tellement de monde dans la chambre après le match! C'était incroyable! Je pense que tout le monde pouvait entrer là. C'était le champagne et la fraternité qu'il y avait entre tout le monde... C'était assez spécial. Après autant de travail, sept parties. On avait eu beaucoup de misère. Ça avait brassé tout le temps des séries. C'est dommage que ce championnat ne soit pas reconnu à sa juste valeur dans le hockey professionnel. Ça n'a malheureusement pas dépassé les limites de Québec...» déplore Bernier.

Des écoliers en congé pour le défilé de la victoire

Lors du défilé de la victoire, des dizaines de milliers de personnes - certains ont avancé le nombre de 100 000 - s'étaient massées le long des rues de la haute-ville pour acclamer leurs favoris. Des écoliers avaient même obtenu congé de classe pour l'occasion.

En plus d'une centaine d'années de hockey... (Infographie Le Soleil) - image 7.0

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«De voir tant de monde sur la Grande Allée, c'était quand même incroyable! J'avais déjà remporté des championnats séniors, quand j'étais plus jeune, à Matane, et j'avais été dans les séries éliminatoires à quelques reprises, mais ça, ç'a été la plus grande réalisation à laquelle j'ai participé», affirme sans ambages Serge Bernier.

La caravane s'était arrêtée à l'hôtel de ville de Québec, où les joueurs, sous le regard du maire Gilles Lamontagne, avaient signé le livre d'or de la ville. Ce dernier avait profité de l'engouement suscité par les Nordiques pour annoncer la mise sur pied d'un comité devant échafauder un plan pour la rénovation et l'aménagement d'un Colisée à plus grande capacité. Une décision qui allait contribuer à l'entrée de l'équipe dans la LNH, trois ans plus tard.




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