Tyler Boland, le volcan tranquille

Présentement meilleur marqueur de la LHJMQ, Tyler Boland... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Présentement meilleur marqueur de la LHJMQ, Tyler Boland pourrait devenir le premier joueur de l'Océanic depuis Sidney Crosby à terminer au sommet des pointeurs du circuit Courteau.

Le Soleil, Yan Doublet

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Rimouski) Tyler Boland n'a rien d'un extraverti. Sous des dehors plutôt réservés et affables dort pourtant un volcan. Quand il fait son entrée sur la patinoire, il est flamboyant. En deux temps trois mouvements, il peut enfiler l'aiguille avec une précision redoutable. Pas surprenant que le numéro 22 de l'Océanic de Rimouski soit le meilleur marqueur de la LHJMQ!

Après quatre ans à évoluer dans le même uniforme, Tyler Boland court la chance de devenir le premier joueur de l'Océanic depuis Sidney Crosby à remporter le trophée Jean-Béliveau remis au meilleur marqueur du circuit Courteau. Bien qu'il approche le cap de la centaine de points, le centre présente une attitude plutôt zen, prenant les choses comme elles viennent. Le centre de 6 pieds et de 177 livres ne se fixe pas d'objectif particulier. «Ma seule motivation, c'est de jouer au hockey et j'essaie de le faire du mieux que je peu», indique de façon débonnaire le vétéran de 20 ans. «Le hockey, c'est ma vie, ma passion.»

Son entraîneur-chef ne tarit pas d'éloges à son endroit. «C'est un petit gars réservé, un bon coéquipier», décrit Serge Beausoleil. «Il semble timide, mais il ne l'est pas tant que ça. Il a des bonnes valeurs, de bonnes habitudes de vie et de bons parents. Il est très motivé. C'est un exemple pour nos jeunes.»

Selon Beausoleil, celui que les coéquipiers appellent «Ty» ou «Bôle» est très apprécié dans le vestiaire. «Il a une bonne relation avec les autres. C'est un gars qui ne fait pas de vagues. Il est généralement de bonne humeur et ne parle pas pour rien.»

En apprenant ce que son coach pense de lui, Boland sourit, rougit un peu et baisse la tête, comme si c'était trop de compliments pour le hockeyeur, qui n'a rien d'un fanfaron ni d'un prétentieux. 

L'enfant prodige

Bloland est l'enfant chéri des partisans de l'Océanic, qui lui ont réservé une vibrante ovation lors de son 40e but marqué à domicile, le 12 février. Il le leur rend bien. Chaque fois qu'il obtient une étoile à la fin d'un match, il ne manque pas de leur envoyer des baisers de la main, esquissant un sourire discret, à la différence de la plupart de ses coéquipiers qui affichent une mine sérieuse.

«J'aime la ville et les gens de Rimouski», insiste Boland à quelques reprises lors de l'entrevue accordée en anglais au Soleil. «C'est une petite place, ce n'est pas trop gros. J'ai beaucoup de plaisir, ici.»

Après quatre ans dans l'Est-du-Québec, le Terre-Neuvien d'origine comprend le français mieux qu'il ne le parle. «Un moyen café, s'il vous plaît, c'est ce que je réussis à dire très bien», lance-t-il en boutade. «Je comprends aussi de courtes conversations. Mais, quand il y a des détails et des explications, c'est vraiment difficile pour moi.» Il se promet néanmoins d'améliorer son apprentissage du français.

Dans la famille où il vit en pension, il n'a pas beaucoup la chance de parler la langue locale puisque sa logeuse est originaire du Labrador, bien que son mari soit Québécois. «Mais, avec les enfants, c'est plus facile. Ils m'apprennent le français.»

Le talent de Boland repose sur le développement des différents aspects de son jeu. En fin renard, il use de stratégie pour déjouer l'adversaire. Il manie la rondelle avec brio, offrant souvent tout un spectacle. Par la rapidité et la précision avec lesquelles il le décoche, son tir est un vrai poison. Mature et solide, il donne le ton au match grâce à sa vitesse et à sa fougue. 

Son expérience, combinée à son jeu intelligent, en font un joueur à part. Quand on lui demande ce qui l'a fait grimper au sommet du palmarès des meilleurs marqueurs de la ligue, il hausse les épaules, embarrassé par la question.

«Je travaille vraiment fort. Après quatre ans, c'est l'expérience, je crois.» Pour sa part, Beausoleil n'a aucune hésitation. «C'est la maturité, la confiance et son développement qui se poursuit. À mon avis, ce n'est que le début!»

À ses yeux, la principale qualité de son joueur vedette est son sens du jeu. «Il est capable d'alimenter ses coéquipiers et il a un très bon lancer. Les qualités sont nombreuses.» Comment le jeune homme se sent-il à l'idée d'être le meilleur? «C'est cool d'être le premier», dit-il en riant. «Mais, c'est très stressant aussi!»

S'il est doté d'un esprit sportif et compétitif, il se tient cependant loin de la bagarre. «Je ne suis pas un batailleur», confirme-t-il. S'il se trouve au coeur d'une escarmouche, ce n'est pas lui qui la fera dégénérer. «Disons que je ne mettrai pas d'huile sur le feu», illustre-t-il.

Comme il est un ennemi redoutable, il est la cible de certains joueurs adverses qui usent parfois de brutalité. «Ça fait partie du jeu. C'est le hockey!»

Une histoire de famille

Boland est né le 12 septembre 1996 à St. John's, la capitale de Terre-Neuve-et-Labrador. Il est l'aîné de deux enfants. Âgée de 18 ans, sa soeur Jennifer excelle aussi dans son sport : le sprint. Elle étudie à l'Université Memorial de Terre-Neuve. Son père Joe est policier et sa mère JoAnn travaille au service alimentaire de l'hôpital. Le garçon a grandi dans une famille très unie. «Mes parents, mes oncles et mes tantes sont vraiment proches. Mes relations avec ma famille sont vraiment bonnes.»

Ses plus beaux souvenirs d'enfance sont lorsqu'il partait à la campagne en véhicule récréatif avec sa famille et son cousin pour aller faire du camping. «Le hockey, c'est familial. Dès ma plus tendre enfance, mon père m'amenait voir les Maple Leafs de St. John's.»

Il a commencé à jouer au hockey à l'âge de cinq ans. Même si la passion était déjà présente, le talent ne s'est pas affirmé dès ses débuts. «Je n'étais vraiment pas bon», se souvient-il en riant. Ses progrès constants l'ont toutefois conduit jusqu'au junior majeur, où il a été repêché par l'Océanic en 10e ronde (180e) en 2013.

À son arrivée à Rimouski, il ne connaissait rien de la ville. «Je savais que Sidney Crosby et Brad Richards avaient joué là, mais je n'étais jamais venu à Rimouski», raconte Boland, en nommant les deux joueurs de l'histoire de l'équipe à avoir remporté le championnat des marqueurs de la LHJMQ. Richards a été le premier à le faire en 2000, tandis que Crosby a réussi un doublé en 2004 et en 2005.

L'été à St. John's, il joue au baseball. «C'est un bon arrêt-court»,assure Beausoleil. Il a aussi pratiqué un peu le basketball. «Mais, je préfère par-dessus tout le hockey», insiste Boland.

Pendant sa saison de hockey, il poursuit un programme général offert à distance par l'Université du Nouveau-Brunswick. Il se rend chaque jour au Cégep de Rimouski pour suivre ses cours en ligne. Même s'il accorde de l'importance à ses études, il a beaucoup plus la tête au hockey.

«Je ne sais pas encore ce que je veux faire», admet-il. «Mais, comme ma priorité est le hockey, j'aimerais faire carrière dans le hockey. Puis, plus tard, peut-être policier? J'aime l'idée que je pourrais faire comme mon père.»

Quand il ne fait pas de sport, le jeune homme aime bien écouter la télé, particulièrement la série américaine Suits. Il a aussi une fascination pour les films de superhéros, comme Capitaine América, Superman, Batman et Spiderman.

Le Canadien l'aurait à l'oeil

Si certains sont surpris que Tyler Boland n'ait jamais été repêché par une équipe de la LNH, le joueur vedette de l'Océanic de Rimouski ne s'en formalise pas. «Je ne m'en fais pas avec ça. On verra bien.»

Ces derniers jours, des rumeurs laissent toutefois entendre que le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, aurait démontré de l'intérêt pour le numéro 22 de l'Océanic. Pour l'instant, Boland nie avoir été contacté par l'organisation montréalaise. Il laisse ça entre les mains de son agent, Chad Levitt.

«Ce n'est pas de mes affaires. Je ne veux pas me mettre de pression avec ça. Je me concentre actuellement sur mon jeu.» Chose certaine, si on veut de lui dans les rangs professionnels dès la prochaine saison, il sera prêt.

Même son de cloche du côté de son entraîneur. «J'ai pas le détail de ça», assure Serge Beausoleil. «Cependant, toutes les fois qu'on me contacte par rapport à Boland, je leur dis la vérité : c'est un joueur de premier plan, d'équipe, qui a de la vitesse, qui est capable de contrôler tout ce qui se passe avec la rondelle, qui a la faculté de ralentir le jeu quand c'est explosif et qui joue de mieux en mieux sur 200 pieds. 

«J'espère qu'il y a une équipe qui va jeter son dévolu sur notre numéro 22, parce que c'est tout un joueur de hockey!», ajoute Beausoleil. «J'espère qu'ils ont des yeux pour voir qu'en ce moment, c'est le gars le plus hot dans le circuit. Il vaut son pesant d'or à toutes les fois qu'il est sur la glace.»

Sept questions à Tyler Boland

Les Sénateurs d'Ottawa sont l'équipe favorite de Tyler... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 4.0

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Les Sénateurs d'Ottawa sont l'équipe favorite de Tyler Boland, mais il semblerait que c'est le Canadien de Montréal qui serait intéressé à lui donner une chance de se faire valoir.

Le Soleil, Yan Doublet

Son rêve?

«Continuer à jouer au hockey», répond sans grande surprise Tyler Boland. «La Ligue nationale de hockey, c'est mon rêve ultime. Mais, pour l'instant, je me concentre à terminer ma saison.»

Croit-il pouvoir accéder à la LNH?

«Je ne sais pas. Ce n'est pas moi qui décide.»

Son équipe favorite?

«Les Sénateurs d'Ottawa.»

Ses modèles?

«Michael Ryder [ancien joueur du Canadien natif de Terre-Neuve], Jonathan Toews [Chicago] et Patrice Bergeron [Boston].»

Ses idoles?

«Je n'en ai pas», finit-il par dire, après un moment de réflexion.

Les moments marquants de sa vie?

«Quand on a remporté la Coupe du Président en 2014-2015 et assurément mon déménagement à Rimouski.»

Où se voit-il dans 10 ans?

«Avec une femme et peut-être des enfants,. Mais, je ne pense pas à ça pour l'instant.»




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