Les petites histoires d'une grande équipe

Julien Paquette est coach de l'équipe de volleyball... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Julien Paquette est coach de l'équipe de volleyball féminin (D1) des Élans du Cégep Garneau depuis 2005.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Pleins feux

Sports

Pleins feux

Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Québec a toujours abrité de grandes équipes sportives. Le club de volleyball féminin du Cégep Garneau fait partie de ce cercle privilégié depuis plus de 35 ans. Les noms changent, les succès restent. Cette saison, elles s'appellent Mariane, Anne-Sophie, Marie-Pier, Noémie. Ces jeunes athlètes ajoutent leur pierre au glorieux édifice des Élans. Voici les petites histoires d'une grande équipe.

«Je suis fier des victoires et des médailles, mais en fin de compte, une semaine après le tournoi, c'est fini! Et il reste ce qu'on a tissé comme liens, les valeurs qu'on a partagées.»

Julien Paquette ne parle victoires-défaites avec ses joueuses qu'à de rares occasions. Facile quand votre taux de réussite approche 90 % (223-27) à votre 12e campagne à la barre de l'équipe, proportion grimpant à 93 % (171-13) en saison régulière. Mais l'entraîneur-chef insiste pour dire que le pur plaisir de la victoire ne dure qu'un temps.

«Je ne suis pas content quand on perd et les joueuses non plus, établit-il. Mais un de mes adjoints disait que "la victoire, c'est juste une excuse pour savourer le processus" et j'ai trouvé ça très bon. Parce que pour chaque match qu'on joue, on s'entraîne cinq ou six fois dans une semaine. Alors si tes pratiques sont plates, ça ne marche pas. Tu veux savourer le processus et quand tu arrives au match, si tu as fait tes devoirs, tu as de bonnes chances de victoire.»

Volleyball et tennis

Originaire de Laval, Paquette est débarqué à Québec en 2005 pour coacher volleyball et tennis! Ancien entraîneur du club de Repentigny d'où sont sortis Marie-Ève Pelletier et Jocelyn Robichaud, il a d'abord partagé son temps dans la capitale entre les Élans et le club Avantage. Avant d'obtenir un poste de professeur d'éducation physique au Cégep Garneau.

L'homme de 40 ans et père de deux jeunes enfants enseigne maintenant l'ultimate Frisbee, l'escrime, le conditionnement physique, le cardio vélo et... le volley. En plus de le coacher. «Ce qui m'intéresse, c'est comment le sport peut faire progresser l'être humain», résume-t-il.

Contrairement au professeur, l'entraîneur en lui s'adresse à l'élite. Des joueuses qui régnaient en maîtres dans le gymnase de leur école secondaire et qui, tout à coup, se retrouvent juste «une joueuse parmi d'autres. Souvent, à leur première année, elles ont un choc», explique Paquette. Sans compter l'adaptation à un nouveau rythme de vie, une nouvelle école et, pour certaines, la vie en appartement dans une nouvelle ville.

Les remerciements viendront plus tard, souvent plusieurs années après. Quand elles mesurent le chemin parcouru durant ces années charnières.

Des éducateurs avant tout

Directeur des sports à Garneau, Éric Lavigne insiste auprès de ses entraîneurs de «ne jamais oublier qu'ils sont avant tout des éducateurs. Ils font affaire avec des étudiants-athlètes qui doivent réussir en classe pour avoir le droit de faire partie de leurs équipes», souligne cet ancien entraîneur de hockey dans la Ligue américaine, le junior majeur et l'universitaire.

Aux commandes du plus gros programme sportif collégial au Québec depuis six ans, aussi le plus titré depuis cinq ans, Lavigne réalise chaque jour «qu'il n'y a pas juste le hockey dans la vie!» Ce père de trois filles a aussi saisi l'importance du sport féminin.

Dont le volleyball, les Élans alignant deux équipes. Si les filles de D1 sont à l'avant-scène, celles de deuxième division ne sont pas en reste avec 13 titres annuels de championnes provinciales, dont les cinq derniers.

La silencieuse

Anne-Sophie Tanguay... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

Agrandir

Anne-Sophie Tanguay

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Anne-Sophie Tanguay, 19 ans, de Québec

Elle s'est vite mise en évidence sur un court de volleyball. Recrue par excellence à son année recrue collégiale, la grande 12 loge parmi les étoiles québécoises à ses deux premières saisons et chez les étoiles canadiennes l'an dernier. Mais elle restait repliée sur elle-même. «Pognée», comme elle dit.

«Je faisais mes petites affaires. Si je marquais un point, je retournais à ma place et c'était fait. Mais à force de me le faire dire par le coach, je suis devenue le contraire. Rendue à ta troisième année, faut que tu prennes un rôle de leadership. Tu es comme obligée d'embarquer et de vraiment parler», sourit celle qui est déjà promise au Rouge et Or pour l'automne 2017.

Un chemin vite tracé. «Dès que j'ai vu que je n'étais pas si nulle au volley, je visais à jouer dans le collégial pour Garneau. À Garneau, tu sais que chaque année, tu as des chances de gagner», explique la native du quartier Neufchâtel. Le choix de l'Université Laval pour la suite de sa carrière n'a pas été plus compliqué. «Ç'a toujours été dans mes plans. Je ne voyais rien de mieux ailleurs, alors vaut mieux rester chez nous», résume la deuxième marqueuse au Québec l'an passé derrière sa coéquipière Maud Chapleau, rendue avec le Rouge et Or.  

La nerveuse

Mariane Demers-Ménard... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 5.0

Agrandir

Mariane Demers-Ménard

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Mariane Demers-Ménard, 20 ans, de Québec

Presque retranchée à ses deux premières années, la voilà partante et l'une des capitaines de l'équipe à sa troisième et dernière campagne.

«Je suis une personne énervée et qui peut partir dans toutes les pensées possibles. Mais maintenant, je suis capable de me concentrer. J'arrive à ne pas me stresser pour quelque chose de pas grave. C'est utile au volley, mais aussi dans tous les aspects de ma vie, en amour, à l'école, partout.»

«Même à l'entraînement je pouvais devenir stressée pour rien. C'était tout le temps! poursuit-elle. Ça te ronge, ça te prend beaucoup d'énergie pour rien. Mais si tu peux te dire : "J'ai fait une erreur et ce n'est pas grave"  au volley, tu peux aussi te dire ça dans la vie.»

Toute petite, Demers-Ménard voulait déjà porter le maillot des Élans. Ses parents ont joué au volleyball collégial et universitaire. Elle sait que rien ne brisera les liens tissés avec ses coéquipières actuelles. «Ma mère appelle encore son amie Carmen! Elles ont joué ensemble au cégep et c'est encore les meilleures amies, même si elles ne se voient qu'une fois par année.»

Future dentiste, tout indique que sa carrière sportive prendra bientôt fin. «Ce sera les études avant tout», constate-t-elle avec sérénité.

La timide

Marie-Pier Boulianne... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 7.0

Agrandir

Marie-Pier Boulianne

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Marie-Pier Boulianne, 19 ans, La Malbaie

«Au secondaire, je me fâchais vraiment, au volley. Ça s'est amélioré, mais après, j'étais gênée et je ne parlais pas beaucoup. J'ai changé ça aussi, je n'avais pas le choix!» lance la libéro, poste-clé de communication sur le terrain. Aptitude doublement utile, puisque Boulianne travaille comme croupière au casino de Charlevoix.

Après quatre ans de volley à La Malbaie, elle s'est installée à Québec en 5e secondaire. A habité un an chez sa coéquipière Mariane Demers-Ménard. Vit maintenant en appartement, mais retourne souper de temps en temps.

Boulianne songe à disputer une quatrième campagne collégiale en 2017-2018, une rareté. Après ses sciences naturelles, elle complète une technique en comptabilité avant de penser à l'université. L'an dernier, elle a obtenu une étoile de la ligue pour son excellence scolaire.

«Je ne suis plus gênée et je dis ce que je pense», indique celle qui surprend encore son entraîneur juste à intervenir dans l'entrevue sans qu'on le lui ait expressément demandé. Sans dire qu'elle est une autre Marie-Pier, disons qu'une Marie-Pier améliorée pointe à l'orée de l'âge adulte. Si elle reste à Garneau l'an prochain, elle deviendrait la meneuse incontestée de cette équipe.

La convertie

Noémie Daigneault... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 9.0

Agrandir

Noémie Daigneault

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Noémie Daigneault, 19 ans, Stornoway

Native du coin de Lac-Mégantic, elle n'avait pas idée de ce que les Élans représentaient. «Je savais qu'elles étaient bonnes, parce que des filles de Mégantic étaient allées jouer là, Marie-Michèle Vachon, Alex Béraud, Marie-Pierre Maheux. Mais sinon, je ne savais pas c'était quoi pantoute!» s'esclaffe Daigneault.

Son coach du secondaire en avait glissé un mot au pilote des Élans : pleine de talent, Noémie coupe parfois les coins rond. Ça s'est vérifié à son arrivée au cégep. «À sa première session, je lui disais aux deux semaines et après Noël, une fois par mois», se rappelle Julien Paquette. «Puis l'an passé, je le lui ai répété. Le soir même, elle m'a texté : "Julien, tu avais raison de me dire que j'avais coupé les coins rond, aujourd'hui. Mais je veux aussi te dire que c'était la dernière fois." Et effectivement, ç'a été la dernière. Ça fait plus d'un an.»

Élue l'une des capitaines de l'équipe à l'unanimité, cette année, elle se classe deuxième marqueuse du circuit collégial québécois. «Je me trouve plus autonome. Je suis partie de chez mes parents, ça paraît. Je suis plus mature, toute ma famille me le dit», affirme celle que les universités de Sherbrooke, Laval et UQAM courtisent en vue de l'automne.

Le Cégep Garneau, c'est :

6000 étudiants

2/3 de filles

Les Élans, c'est :

19 équipes

4 en première division

450 étudiants-athlètes

55 entraîneurs

Le volley féminin D1, c'est :

36e saison

9 championnats canadiens, 7 titres de 1996 à 2003

2 dernières finales canadiennes perdues, dernier titre canadien en 2006

17 championnats québécois, 9 dans les 11 dernières années

Les entraîneurs

1981 à 1984 : Lyne Boulanger

1984 à 1985 : Paul Lauzière

1985 à 1998 : Olivier Caron

1998 à 2005 : Benoît Robitaille

2005 à aujourd'hui : Julien Paquette

Les grandes joueuses

Griselde Delahaye

Barbara Percich

Marjorie Veilleux

Guylaine Dumont

Julie Rajotte

Marylène Laplante

Claudia Houle

Maud Chapleau

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer