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Martin Bernard est devenu en avril le 10e entraîneur-chef... (Collaboration spéciale Gérald Poirier)

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Martin Bernard est devenu en avril le 10e entraîneur-chef de l'histoire du Drakkar de Baie-Comeau.

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<p>Steeve Paradis</p>
Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Baie-Comeau) Dans son plan de carrière, Martin Bernard n'avait pas envisagé d'inclure le coaching. Les aléas de la vie et les bons contacts l'ont toutefois guidé dans cette voie, un choix qu'il n'a jamais regretté.

«Je n'avais pas nécessairement montré de l'intérêt pour le coaching, mais quand j'étais joueur, j'ai souvent été capitaine de mes équipes», se souvient Martin Bernard, qui est devenu en avril le 10e entraîneur-chef de l'histoire du Drakkar de Baie-Comeau. 

«Le coaching est arrivé en 1999-2000 après deux événements qui sont arrivés en même temps», raconte Bernard. «Ça ne faisait pas longtemps que j'avais fini de jouer junior [AAA] et mon père est décédé. On avait une entreprise familiale dans l'alimentation à Sherbrooke et j'ai dû m'impliquer là-dedans. Dans le même temps, Mario Durocher [aujourd'hui entraîneur-chef des Foreurs de Val-d'Or] a frappé à ma porte. Il m'a dit qu'il avait besoin d'un adjoint [chez les Cantonniers de Magog midget AAA]. Mario me connaissait bien, il m'avait vu jouer midget. Je me suis dit que j'allais essayer ça.»

Outre Bernard et Durocher, le personnel d'entraîneurs des Cantonniers comprenait aussi Judes Vallée, ex-pilote du Phoenix de Sherbrooke. Stéphane Waite était l'entraîneur des gardiens, lui qui occupe présentement le même rôle chez le Canadien de Montréal. Cette année-là, l'équipe avait atteint les plus hauts sommets avec la conquête du championnat canadien, la Coupe Air Canada.

L'année suivant l'entrée de Bernard dans le merveilleux monde du coaching, en 2000-2001, Durocher et lui ont fait le saut dans les mêmes fonctions dans le junior majeur, à Victoriaville. Ils ont passé deux ans chez les Tigres, conduisant la formation jusqu'en finale de la Coupe Memorial en 2002, finale perdue aux mains du Ice de Kootenay.

Puis retour à Magog pour quatre ans en tant qu'entraîneur-chef des Cantonniers, un séjour qui lui a notamment permis de remporter le Mondial des moins de 17 ans comme pilote d'Équipe Québec. «Les Cantonniers, c'est mon alma mater, tout est passé par là pour moi. J'ai joué là deux ans, j'ai été coach adjoint deux ans et entraîneur-chef durant plusieurs années.»

Bernard goûte pour la première fois au poste d'entraîneur-chef dans la Ligue de hockey junior majeur avec, sans surprise, les Tigres, lui qui connaissait leur ex-directeur général, Jérôme Mésonéro. Il y demeurera deux ans. Devinez ce qu'il fera par la suite? Vous l'avez deviné : il effectue un autre retour avec les Cantonniers. Cette fois, il y restera cinq années.

«On venait d'avoir nos enfants et c'est arrivé à une époque où j'étais moins intéressé à bouger. On voulait de la stabilité pour les enfants et on s'est donc installés à Magog», confie Bernard, qui a démarré en parallèle un programme sports-études à Sherbrooke.

Le patron du jeune Drakkar est discret en ce qui concerne sa famille. Il dira que son aînée, Laurence, 12 ans, joue du violon dans l'Orchestre à cordes de Baie-Comeau; que son garçon Nicolas, 9 ans, est déjà copain-copain avec ses coéquipiers au hockey mineur; et que sa conjointe occupe enfin un emploi dans son domaine d'études, en tourisme, mais il décline les photos de famille. «On veut garder la vie de famille dans la sphère privée».

Entraîneur de l'équipe de France

Revenons au parcours de carrière. Le premier contact entre Bernard et les Cataractes de Shawinigan survient au terme de la saison 2011-2012, où l'organisation vient de remporter la Coupe Memorial. «Shawinigan m'a appelé pour une première fois l'année où Éric [Veilleux] est venu à Baie-Comeau. J'avais décliné l'offre de les rencontrer, car je voulais continuer avec les Cantonniers et je dirigeais aussi à ce moment l'équipe de France.»

L'équipe de France? En effet, l'homme de hockey a été à la tête de l'équipe nationale française de gouret des moins de 18 ans, poste qui lui est tombé dessus après quelques rencontres avec le président de la Fédération française de hockey. À l'époque, le Canadien Dave Henderson était l'entraîneur-chef de l'équipe senior de France. «Ce fut vraiment une belle expérience, dans un tout autre système de hockey que le nôtre», confie-t-il.

Bernard avait un contrat de deux ans avec les Français, mais il a dû y mettre fin après une saison. «Shawinigan a décidé de laisser aller Denis Chalifoux et ça a recogné à ma porte l'année suivante. Finalement, je les ai rencontrés et on m'offrait la job. Je sentais que si je voulais revenir dans le junior majeur, c'était à ce moment-là que je devais le faire. J'ai donc fait presque trois ans à Shawi avant d'atterrir ici», relate celui qui a été congédié en février dernier par les Cats.

Faire progresser les jeunes

Avec le Drakkar, il aura l'occasion de réaliser ce qu'il a déjà fait avec les Cataractes : faire progresser un groupe de jeunes afin de le faire prétendre aux grands honneurs. «J'adore travailler avec les jeunes et j'aime vraiment prendre une gang au point A et les amener au point B, que ce soit comme joueur de hockey ou comme individu. 

«J'ai coaché des gars qui ont connu du succès dans les niveaux supérieurs, mais j'ai aussi rencontré des gars qui me disent que le hockey a été une école de vie pour eux, qui les a aidés à devenir de bons citoyens. Je me souviens de quelques histoires de jeunes qui s'en allaient carrément dans le mur, mais quand on a leur donné un cadre et une rigueur, ils ont saisi leur chance.»

Bernard apprécie tellement les jeunes qu'il n'a même jamais songé à devenir directeur général, assure-t-il. «J'aime le quotidien d'une équipe de hockey, le contact avec les gars, être sur la glace. Je suis très à l'aise à coacher une gang de jeunes et il y a tellement de choses à travailler avec une équipe de hockey que j'aime mieux mettre 100 % de mon temps là-dessus.»

Et quant à la possibilité de faire carrière chez les professionnels, Bernard déclare, là aussi, ne pas s'y attarder. À 40 ans, il a sûrement encore un peu de temps devant lui. «Bien sûr, on vise tous à aller au niveau supérieur, mais je n'y pense pas à tous les jours et mes actions ne sont pas faites en fonction d'aller au niveau professionnel. Mon seul objectif est le bien-être de l'équipe que je dirige et des jeunes qui en font partie. J'aime beaucoup les aider à toucher à leur rêve.»

Et quant à son acclimatation à la région de Baie-Comeau, il assure qu'elle se déroule comme un charme. «On est tombés en amour avec la Côte-Nord, honnêtement. On aime la nature, en partant, et c'est vraiment la place pour en profiter. Avec ma conjointe, qui est maintenant bien renseignée en tourisme, on se promet l'été prochain d'aller visiter en famille les endroits qu'il y a à voir. En plus, les gens sont chaleureux et accueillants. C'est vraiment le fun

Travail et hockey en parallèle

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Martin Bernard

Collaboration spéciale Gérald Poirier

Mener une équipe de hockey, c'est un peu comme mener les destinées d'une entreprise. Et dans un cas comme dans l'autre, rien n'était prévu pour Martin Bernard

«Avant que mon père décède, je faisais le pont pour aller jouer dans le réseau universitaire. Martin Raymond m'avait d'ailleurs appelé pour que j'aille jouer pour les Redmen de McGill. Cependant, j'avais opté pour le programme en sciences politiques de l'Université Laval. J'ai toujours été intéressé par l'histoire et les relations internationales», souligne l'entraîneur-chef du Drakkar de Baie-Comeau.

Après une session à Laval, le père de Bernard décède. Martin doit s'impliquer rapidement dans l'entreprise familiale d'alimentation, à Sherbrooke, et il fait de tout : du travail sur le plancher jusqu'à la supervision de deux agrandissements du commerce. «J'ai décidé de mettre les études sur la glace, le temps de replacer l'entreprise pour ne pas la vendre tout de suite et Mario [Duhamel, coach des Cantonniers de Magog, à l'époque] est arrivé. La business m'a permis de faire du hockey, ce qui comblait un besoin que j'ai probablement toujours eu, dans le fond. On a vraiment travaillé fort tout en ayant la chance de pouvoir faire du hockey en parallèle.»

Finalement, l'entreprise a été vendue il y a deux ans. «On a donc fait un bon bout avec ça et ça nous a permis d'amener ma mère jusqu'à la retraite. Il fallait vraiment vendre pour qu'elle décroche», lance-t-il avec un sourire. «Ça nous a fait quelque chose de s'en départir, mais ça a été une bonne chose. Ma mère est heureuse et libérée de tous les tracas d'avoir sa propre entreprise.»

Un congédiement dur pour la famille

Alors que son équipe occupait le deuxième rang... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 5.0

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Alors que son équipe occupait le deuxième rang au classement général de la LHJMQ, Martin Bernard n'avait pas vu venir son congédiement par les Cataractes de Shawinigan, en février dernier.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Le 17 février 2016, Martin Bernard ne s'attendait sûrement pas à se faire montrer la porte de son bureau du Centre Gervais Auto de Shawinigan. Ce matin-là, les Cataractes occupaient le deuxième rang du classement général de la LHJMQ avec 35 victoires en 54 sorties. Mais le directeur général Martin Mondou en a décidé autrement.

«J'ai vécu deux situations complètement différentes en matière de congédiement», fait valoir Martin Bernard, qui fait d'ailleurs son grand retour à Shawinigan samedi après-midi. «À Victoriaville, l'équipe était dans une passe où c'était plus chancelant un peu et la décision s'explique mieux. Mais à Shawinigan, l'équipe était deuxième au classement et personne dans le monde du hockey ne comprend encore ce congédiement-là.

«Ce qui est le plus dur, c'est pour la famille. Parce qu'on fait un métier qui est médiatisé, les enfants doivent entendre ça en boucle pendant plusieurs jours», ajoute le pilote. «Ce bout-là a été difficile à vivre, mais en même temps, je tiens à souligner le travail des intervenants des écoles où se trouvaient nos enfants, qui ont fait bon travail pour que les enfants puissent terminer leur année scolaire sans détresse psychologique.»

Le coach, lui, s'est remis en question, avoue Bernard. «Mais en même temps, c'est quelque chose qu'on fait à chaque année. On est toujours en remise en question, on se demande ce qu'on pourrait faire de mieux, comment peut-on s'améliorer. Avec un congédiement, ça s'arrête sec, pas de transition entre la fin d'une saison et le début d'une autre. Il faut prendre un peu de recul et je pense que, finalement, je n'étais pas dans le champ.»

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