Vivre sa passion du soccer loin de la maison

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Après s'être exilées quelques mois l'été dernier pour jouer au soccer, Mélissa Roy, Marie-Joëlle Vandal et Arielle Roy-Petitclerc tenteront de mener le Rouge et Or au Championnat canadien universitaire.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La mort du Dynamo de Québec a fait mal aux meilleures joueuses de soccer de la région. Privées de
leur équipe semi-professionnelle, trois d'entre elles en ont profité pour s'exiler quelques mois, l'été dernier, à la recherche de nouvelles aventures sportives. Marie-Joëlle Vandal, Mélissa Roy et Arielle Roy-Petitclerc, piliers du Rouge et Or de l'Université Laval, ont ainsi poursuivi leur quête de victoires. Voici leur histoire loin de chez nous.

L'occasion en or de Marie-Joëlle Vandal

Marie-Joëlle Vandal s'apprête à dire non. L'offre est trop soudaine, le temps de préparation trop court, les coûts de l'aventure trop élevés. Depuis l'annonce des disparitions de la W-League et du Dynamo de Québec, la gardienne prévoit travailler tout l'été et s'entraîner à fond en vue de sa prochaine saison universitaire, avec le Rouge et Or.

«C'était pour le week-end suivant! On me téléphonait le mercredi et ils voulaient que je sois là pour la fin de semaine. J'étais un petit peu désemparée», admet Vandal aujourd'hui. 

Mais la possibilité est trop belle : jouer en Suède, dans la troisième division de l'une des plus fortes ligues de soccer féminin au monde. Jouer en Europe! C'est son entraîneur lors des Universiades de 2015, en Corée, qui lui a trouvé cette occasion. Peyvand Mossavat connaît bien Vandal. Il croit en elle. À tel point qu'il lui trouve des commanditaires. Elle pourra partir sans se soucier de l'aspect financier. Un problème de réglé.

Les autres obstacles, l'athlète de 21 ans les surmonte par elle-même. «Je me suis dit : "Regarde, c'est une opportunité que tu ne peux pas refuser." Je n'avais pas prévu ça, mais là tout concordait. Tout se mettait en place pour que je parte. Je leur ai demandé un délai de deux semaines.»

Faveur accordée. En Suède, Vandal se retrouve à Gotland, une petite île de la mer Baltique, à quelques 200 kilomètres au large de Stockholm. Elle joue pour le P18 IK de Visby. Le calibre y est similaire «aux bons matchs» de la Ligue universitaire québécoise, selon elle.

Il s'agit d'une équipe de troisième division. Les foules ne se bousculent pas au portillon. Vandal compare leur taille à celles du Rouge et Or. Quelques centaines de spectateurs.

Lorsqu'on lui demande si elle a été prise en charge par l'équipe ou laissée à elle-même, elle répond : «Un peu des deux». Le président du club, dont la fille est une coéquipière de Vandal, l'accueille chez lui. Elle suit deux cours d'été, en profite pour voyager. Elle se fait «énormément» d'amis. «Ce n'était pas seulement riche au niveau soccer. Du côté des relations humaines aussi. C'est du bon monde.»

Elle connaît du succès, comme le démontre sa fiche de 10-2-2 en 14 sorties. Vandal touche même au sommet de la pyramide lorsqu'on l'invite à faire un essai en première division. Elle ne joue pas, mais s'entraîne avec l'élite. Maintenant qu'elle y a goûté, elle en veut plus. «J'ai eu des conseils. Et je pars là-dessus pour m'améliorer et éventuellement, peut-être, arriver à jouer dans cette ligue-là», dit l'athlète de Lavaltrie.

Entre-temps, elle fait profiter le Rouge et Or de son expérience. Vandal connaît une saison 2016 extraordinaire. Déjà membre de la première équipe d'étoiles canadienne en 2015, ses neuf buts accordés en un peu plus de 11 rencontres cette année lui permettront sans doute de répéter l'expérience. Avant le match de vendredi, le Rouge et Or avait compilé une fiche de 11-0-1 cet automne. L'équipe à battre au Canada. Elle complètera sa saison régulière dimanche, à Bishop's.

Meilleure gardienne de l'histoire du R et 0

Le brio de Vandal y compte pour beaucoup. L'entraîneur-chef Helder Duarte la louange : elle est la meilleure gardienne de l'histoire du Rouge et Or, dit-il. Un talent désormais doublé d'une confiance acquise grâce à cet appel venu de l'autre côté de l'Atlantique. «Mentalement, je crois que je suis plus forte, plus confiante d'embarquer sur le terrain, souligne-t-elle. Même si j'ai encore du chemin à faire, je sais que je peux dire : "Oui, je suis une bonne gardienne et j'ai confiance en mes moyens."»

La cerbère de 5'10'' a aussi amélioré des aspects techniques de son jeu. Duarte l'a tout de suite remarqué. «On niveau de ses sorties [du filet], de ses prises de décision, c'est vraiment beaucoup mieux», analyse l'entraîneur par excellence au pays en 2015.

A-t-elle le talent pour un jour jouer en division 1, en Suède ou ailleurs? «Il faudrait qu'elle améliore son jeu aux pieds, ça c'est sûr. Elle a de grandes qualités, mais il lui reste beaucoup de choses à apprendre», répond l'entraîneur, rappelant la présence de Vandal à la Coupe du monde des moins de 20 ans, en 2014, comme troisième gardienne. «Elle était quand même la troisième meilleure au Canada dans son groupe d'âge!»

Son équipe suédoise lui a déjà demandé de revenir. Vandal ne s'est pas mouillée. «J'ai dit que j'allais prendre ça une session à la fois. Je verrai à ce moment-là. Si j'ai une offre dans la division au-dessus, peut-être que je vais l'envisager. Mais pour moi, c'est presque du long terme. [...] Je vois les possibilités, mais je n'en choisis pas une en particulier. Je ne me dis pas : c'est elle que je dois aller chercher. Je laisse aller. En ce moment, l'objectif est le championnat canadien [universitaire], puis on verra pour la suite...»

Mélissa Roy, Arielle Roy-Petitclerc et Marie-Joëlle Vandal du... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Mélissa Roy, Arielle Roy-Petitclerc et Marie-Joëlle Vandal du Rouge et Or

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Un séjour enrichissant... et décevant

Pour Arielle Roy-Petitclerc et Mélissa Roy, pas question de se tourner les pouces pendant l'été. Et pas question de jouer dans un calibre trop faible pour elles. Devant le vide laissé par la mort du Dynamo de Québec, les deux joueuses prennent le taureau par les cornes pour décrocher du «boulot».

Elles écrivent à plusieurs équipes de la ligue née des cendres de la W-League, la United Women's Soccer (UWS). Des entraîneurs aux quatre coins des États-Unis liront leur CV sportif. Plusieurs se montrent intéressés. Mais la plupart demandent aux deux amies de faire des essais sur place, sans soutien financier, sans garantie de percer l'alignement. «Déjà là, on refusait, lance Arielle. On a sélectionné trois, quatre équipes qui nous intéressaient et qui nous offraient logement, nourriture et déplacement. On a fait le choix d'aller en Californie.»

Chez le Blue Heat de Santa Clarita, une ville de la grande banlieue de Los Angeles. «C'est comme si le Dynamo jouait à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier», illustre Arielle. Elles y retrouvent un calibre similaire à celui de la W-League. Leur équipe est toutefois une grande puissance du nouveau circuit.

«On avait vraiment des bonnes joueuses. Dans notre équipe, la compétition était forte. C'est pour ça que c'était une belle expérience. On a joué avec des filles de haut niveau», raconte Mélissa.

Ne vivre que pour le soccer

Côté sportif, le voyage est grisant. Les deux Lévisiennes, ex-Élans de Garneau, consacrent leur été au soccer. Joueuses et entraîneurs du Blue Heat se comportent en véritables professionnels.

«Je m'ennuie du fait qu'à chaque jour, on ne vivait que pour le soccer. On allait s'entraîner parce qu'on savait qu'on allait jouer. On buvait de l'eau parce qu'on savait qu'on avait un gros match. [...] Et les filles là-bas, on les a appréciées. Elles nous ont amenées faire plein de choses», se souvient Arielle, 22 ans, auteure de deux buts en huit matchs.

Cette dernière connaîtra même les joies d'un championnat : le Blue Heat a remporté les grands honneurs de la première saison de la UWS. Victime d'une commotion cérébrale, Mélissa a dû rentrer au Québec après avoir inscrit un but en cinq matchs. Elle a même raté les deux premières rencontres du Rouge et Or.

N'empêche, elles sont toutes les deux revenues plus confiantes. Meilleures. «J'ai vraiment vu une différence, dit Arielle. Je connais une de mes meilleures saisons Rouge et Or en ce moment. Je me demandais pourquoi. Mais je reviens de trois mois en Californie avec des filles super talentueuses!» Athlète de la semaine du 10 octobre à l'Université Laval (tous sports confondus), la milieu de terrain de Lévis a inscrit neuf buts en 12 matchs cette saison.

La contribution de Mélissa, une défenseure, ne se mesure pas de la même façon. Mais elle pourrait se retrouver dans la première équipe d'étoiles au Canada pour une troisième année de suite.

Leur séjour en Californie n'a pas eu que du bon, toutefois. «C'était vraiment mal organisé», lance Arielle sans détour. «On a reçu des promesses avant d'y aller qui n'ont pas été tenues.»

Au premier chef, un travail et une voiture. Sans emploi, elles se sont (finalement) tourné un peu les pouces. Grâce à cette mauvaise expérience, elles ont réalisé à quel point elles étaient choyées chez le Dynamo. «Je ne pense pas qu'on va retourner là, dit Mélissa. J'y retournerais pour le niveau de jeu. Mais pour l'organisation, je ne pourrais pas...»

Le Dynamo de retour?

Helder Duarte continue d'espérer le retour du Dynamo de Québec l'été prochain. La Fédération canadienne de soccer souhaite créer une ligue semi-professionnelle, la PLFQ, qui permettrait aux meilleures joueuses québécoises de rester au pays pendant l'été, comme à l'époque de la W-League. Une façon d'éviter l'exil des forces aux États-Unis. Quelques équipes du Québec, d'autres de l'Ontario et peut-être même une des Maritimes formeraient ce circuit.

Dès l'été prochain? «Je commence à douter un peu», lance Duarte, entraîneur-chef du Rouge et Or et directeur technique de l'Association régionale de soccer de Québec. «Nous sommes déjà rendus au mois de novembre...» Les décideurs doivent d'ailleurs se réunir dans quelques jours pour discuter du projet. S'il devait être retardé à 2018, Duarte ferait de nouvelles pressions pour la renaissance du Dynamo dans une autre ligue, ne serait-ce que pour un an. L'été dernier, l'Association canadienne de soccer a refusé le droit à la formation de jouer dans un circuit américain après la dissolution de la W-League.

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