Remparts: les étoiles des «patrons»

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À l'occasion des cérémonies soulignant le 20e anniversaire de la renaissance des Remparts, Alexander Radulov a tenu à se faire photographier avec son ancien entraîneur, Patrick Roy.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Depuis la renaissance des Remparts de Québec en 1997, des centaines de hockeyeurs de 16 à 20 ans ont endossé l'uniforme des Diables rouges. Peu auront toutefois fait vibrer les amateurs de hockey de la capitale comme les joueurs ayant formé l'alignement des champions de la Coupe Memorial de 2006! Invités à élaborer leur équipe d'étoiles des 20 dernières années, l'ancien directeur général et entraîneur-chef Patrick Roy, le président Jacques Tanguay et le premier pilote de la formation Guy Chouinard se sont prêtés au jeu.

L'équipe de gagnants de Patrick Roy

Le 28 mai 2006, Patrick Roy soulevait la... (Photothèque Le Soleil) - image 3.0

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Le 28 mai 2006, Patrick Roy soulevait la Coupe Memorial après une victoire de 6-2 de ses Remparts contre Moncton.

Photothèque Le Soleil

Comme entraîneur-chef, Patrick Roy a vécu ses plus beaux moments à la barre des Remparts lors d'une saison recrue coiffée d'une Coupe Memorial, en 2006. L'ancien copropriétaire de la formation se dit d'ailleurs incapable de dissocier son choix d'étoiles de cette expérience inoubliable. Et sa sélection en est le parfait reflet.

Roy se rappelle encore dans les moindres détails le moment où il a soulevé le prestigieux trophée au bout de ses bras, sur la glace du Colisée de Moncton, en mai 2006. Et c'est en pensant aux joueurs qui l'entouraient ce jour-là, et en se limitant strictement à ceux qu'il a dirigés au cours de ses huit années comme entraîneur des Remparts, qu'il a décidé de choisir ses étoiles.

Radulov, Esposito et Melanson

Roy commence par sa plus brillante étoile d'entre toutes : Alexander Radulov. Joueur des deux dernières décennies chez les Remparts selon lui, l'attaquant russe avait cela de particulier qu'il partageait l'intarissable soif de gagner de son entraîneur. Ce dernier l'avait d'ailleurs pris sous son aile, l'invitant même à résider sur sa propriété de Lac-Beauport. «Radulov a été extraordinaire au cours des deux années où il a joué pour nous autres. Il a été d'une telle dominance, soir après soir! J'ai un attachement pour lui. [...]C'était un joueur qui était tellement intense et qui en voulait toujours plus! Des fois, il fallait que je le calme. C'était un défi. Mais pour moi, ç'a été un privilège de le coacher», a affirmé Roy, ajoutant que Radulov était «le joueur le plus électrisant» qu'il ait dirigé dans sa carrière.

Centre du prolifique ailier russe, le Montréalais Angelo Esposito avait, à tout juste 16 ans, été investi de la mission d'alimenter Radulov. Malgré sa jeunesse, le talentueux pivot avait récolté tout près de 100 points à sa saison recrue. Roy explique. «Il a été tout simplement extraordinaire. Il a ramassé 98 points. Même s'il a joué avec Radu, il n'en demeure pas moins qu'il suivait le pas. Il a été très, très bon. C'était un joueur qui a fait le choix de venir jouer à Québec plutôt que de respecter son engagement dans les collèges américains. J'ai donc beaucoup de respect pour ce qu'il a fait pour nous.»

À gauche, Roy a arrêté son choix sur le Néo-Brunswickois Mathieu Melanson, reconnu comme un «personnage» et un joueur difficile à diriger. «Lui, il m'a permis de suivre un cours en psychologie!» a-t-il lancé à la blague. «Mais il a marqué des buts, il a été "clutch" dans les moments opportuns, et il a joué un mégarôle dans la conquête de la Coupe Memorial.»

Un choix facile, un autre plus corsé

À la ligne bleue, Roy n'a pas hésité à retenir le nom de Marc-Édouard Vlasic. À ses yeux, le défenseur des Sharks de San Jose faisait déjà tout bien en défensive lors de son stage junior. «C'est dur d'aller à l'encontre de Vlasic! Marc-Édouard a été régulier dans les années qu'il a jouées pour nous. Il ne commettait pas d'erreurs, était calme, était capable de "manger" des grosses minutes. C'est un choix facile.»

Là où les choses se sont corsées pour l'ancien gardien vedette de la LNH, c'est au moment de nommer son deuxième défenseur. Seul joueur de sa sélection n'étant pas de l'alignement champion de 2006, Mikaël Tam représente tout ce que veut dire «être un Remparts de Québec», selon lui.  «C'était entre Sersen et Mikaël Tam. J'ai opté pour Mikaël. Il a joué cinq ans pour les Remparts. C'est sûr qu'il n'a pas des statistiques à faire rêver, mais il a porté l'uniforme avec tellement de fierté, de passion et de plaisir de jouer, que je devais lui faire une place.»

Desjardins devant le filet

Finalement, Roy confie le filet de son équipe d'étoiles à Cédrick Desjardins, rouage important de la conquête de la Coupe Memorial, en  2006. «C'est sûr que Kevin Desfossés a bien joué, mais Cédrick a été extraordinaire à la Coupe Memorial et tout au long de la saison qui avait précédé. En séries, il avait également été très bon.»

S'estimant «chanceux» d'avoir pu côtoyer de très bons joueurs avec les Remparts, Roy admet toutefois que rien n'aura été plus spécial que d'avoir dirigé ses fils Jonathan et Frédérick, lors de son passage dans l'organisation. Il sera en outre parvenu à réaliser son ambition de faire revivre la tradition gagnante des Remparts de Québec et de permettre aux jeunes de la région de rêver au jour où ils évolueraient pour l'équipe.

«On est tous très heureux du rôle que les Remparts jouent dans la communauté. Sans chercher à remplacer les Nordiques, ils ont au moins donné le goût aux jeunes de s'identifier à l'équipe», a terminé Roy qui, avec ses partenaires Michel Cadrin, Jacques Tanguay et André Desmarais, vendait la franchise après 17 ans d'opération, en novembre 2014.

Un jeune duo en haut de la liste de Guy Chouinard

«Ce sont ces deux jeunes de 17 ans qui... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 5.0

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«Ce sont ces deux jeunes de 17 ans qui ont redonné leurs lettres de noblesse aux Remparts», affirme Guy Chouinard, au sujet de son fils Éric et de Simon Gagné.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Pour bien des observateurs, les succès prématurés des Remparts, à la fin des années 90, étaient directement attribuables aux prouesses des attaquants Éric Chouinard et Simon Gagné. Le premier entraîneur-chef de l'équipe Guy Chouinard souscrit lui aussi à cette idée et n'hésite pas à inclure le duo au sein du trio offensif de son équipe d'étoiles.

«Ils ont tous les deux permis de mettre les Remparts sur la bonne voie. Ils ont eu un impact immédiat sur les gens de la région de Québec. À l'époque, on jouait au PEPS. Très vite, le PEPS était devenu trop petit et on est passés au Colisée. Ce sont ces deux jeunes de 17 ans qui ont redonné leurs lettres de noblesse aux Remparts. Ce sont eux qui ont fait revivre la flamme qui existait à l'époque de Guy Lafleur», a dit d'entrée de jeu l'actuel entraîneur-chef des Lions de St.Lawrence, au sujet de son fils et de son coéquipier.

Même s'il ne l'a jamais dirigé, Chouinard ajoute ensuite Alexander Radulov à sa sélection. Selon le pilote, le Russe doit absolument figurer parmi les trois meilleurs attaquants des Remparts des 20 dernières années. «Sans l'avoir vu jouer tous ses matchs, je l'ai quand même vu à quelques occasions. On en parle encore aujourd'hui. C'est sûr qu'il a eu un impact sur la ville, les Remparts, les amateurs. Il est probablement la raison pour laquelle les Remparts ont gagné le Coupe Memorial...»

Personne n'en doute. Pas plus qu'on ne peut nier l'importance de Marc-Édouard Vlasic dans la formation championne de 2006. «Dans le cas de Vlasic, le passé, le présent et l'avenir font en sorte qu'il a un impact extraordinaire pour les Remparts. Je ne pense pas que c'est un gars de qui on pensait, lorsqu'il a été repêché, qu'il donnerait autant. Le fait qu'il ait eu un impact aussi rapidement et qu'il soit parti aussi de bonne heure [dans la LNH], ç'a été très important. Avoir un gars comme lui, ça change une défensive.»

Simon Tremblay : un modèle

Pour le deuxième poste de défenseur, il a choisi un produit local : le Beauportois Simon Tremblay. «Simon a laissé une année de bourses d'études aux États-Unis pour venir finir sa carrière junior à Québec. Quand j'étais son entraîneur et que je parlais à nos autres défenseurs, je leur disais qu'ils n'avaient qu'à regarder Simon s'ils voulaient savoir comment jouer en défensive. C'était un modèle sur toute la ligne, c'était un étudiant modèle, un gars discipliné, autant sur la glace qu'à l'extérieur. C'était un excellent capitaine», a indiqué Chouinard au sujet de celui qui est aujourd'hui ingénieur.

Entre les poteaux, ce ne sont pas les options qui manquaient à Chouinard. Il y est encore allé, comme il l'a si souvent fait à l'époque, avec son homme de confiance : Maxime Ouellet. «On avait une bonne équipe devant lui, mais on reposait beaucoup sur des jeunes de 17 ans. Avec un peu plus d'expérience, ça aurait aidé. Sans dire qu'il n'était pas à la bonne place au bon moment, le fait qu'on ait rencontré des bonnes équipes comme Rimouski, avec Lecavalier et Richards, ce n'était pas évident. Mais je pense qu'il a quand même connu une bonne carrière junior.»

Les coups de coeur de Jacques Tanguay

«Radu, j'ai des souvenirs extraordinaires avec lui! [...]... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 7.0

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«Radu, j'ai des souvenirs extraordinaires avec lui! [...] C'était un exceptionnel», dit Jacques Tanguay, au sujet d'Alexander Radulov.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

«J'ai passé l'été à expliquer aux gens de Montréal qui est "Radu" et je suis convaincu qu'il ne me fera pas rougir quand il va embarquer par la patinoire!» Dix ans après le départ de son ancien joueur vedette de Québec, Jacques Tanguay parle toujours avec autant d'enthousiasme d'Alexander Radulov. Tant et si bien que le président des Remparts n'a pas hésité un instant avant de faire du nouvel attaquant du Canadien la première sélection de son équipe d'étoiles.

«Radu, j'ai des souvenirs extraordinaires avec lui! Il était quelque chose, avec son tempérament, le bonhomme attachant qu'il était et le petit côté hyperactif qu'il possédait. [...] Il y a très peu d'athlètes qui veulent gagner comme lui, qui veulent compter à chaque présence, performer. C'était un exceptionnel», l'a encensé l'homme d'affaires.

Aux côtés du spectaculaire ailier droit, l'ancien copropriétaire a ensuite porté son choix sur un dynamique duo : le centre Éric Chouinard et l'ailier gauche Simon Gagné, qui ont fait la pluie et le beau temps lors des deux premières saisons de l'équipe, au PEPS. Un duo en grande partie responsable des deux championnats de saison régulière remportés en 1998 et 1999. 

«Quand on a racheté la franchise de la LHJMQ, on a fait des modifications. Simon appartenait déjà aux Harfangs, mais Éric est venu d'une transaction. Et on a vu, dès ces deux premières saisons, quelle orientation on voulait donner au hockey junior à Québec. On a remporté le trophée Jean-Rougeau deux ans d'affilée. C'était un exploit extraordinaire et on le doit à ces joueurs-là», a-t-il soutenu, rappelant qu'ils avaient été réclamés en première ronde dans la LNH, en 1998.

Un cadeau de papa...

À la défense, Tanguay ne cause pas de surprise en effectuant une sélection, admet-il, plutôt «évidente» en Marc-Édouard Vlasic. «Personne ne lui annonçait une carrière comme il connaît. Patrick voyait en lui un petit gars qui avait beaucoup d'aptitudes et la bonne attitude. C'était un jeune qui n'était pas costaud, mais il travaillait tellement fort, qu'il a pris la décision de le garder à l'âge de 16 ans. Encore aujourd'hui, des défenseurs qui vont faire le saut directement dans la LNH avant 20 ans, on en voit très peu. Marc-Édouard a fait ça.»

Il confie ensuite sa deuxième chaise de défenseur à un talent local : Mikaël Tam. Un «choix sentimental», convient-il, mais justifié. «Pour ses cinq ans avec les Remparts de Québec, pour son leadership, c'est le petit gars de la place qui, encore aujourd'hui, travaille très fort pour essayer de se faire une place au niveau professionnel. Il est devenu l'un des capitaines les plus respectés des Remparts.»

Tanguay a également considéré, mais n'a pas retenu, le nom du Slovaque Michal Sersen, un talentueux défenseur, qui avait fait ses débuts avec l'Océanic. «Je laisse le soin à mon père de le mettre sur l'équipe d'étoiles de l'Océanic! Il a été juste un an chez nous comme joueur 20 ans. C'est un cadeau que mon père m'avait fait... Il avait tout un lancer!»

Il complète sa sélection en nommant Cédrick Desjardins à la position de gardien de but. «Maxime Ouellet a été très bon. Il y a aussi eu Patrick Couture, qui est passé brièvement chez nous, mais qui a brisé tous les records de la ligue. Après ça, on en a eu plusieurs bons, mais Cédrick, quand ç'a été le temps de faire gagner son équipe, il a été là. Je ne pourrai jamais oublier ça.»

La personnalité des 20 ans des Remparts 2.0 : Patrick Roy

Selon nos journalistes Kevin Johnston, Carl Tardif et Kathleen Lavoie, Patrick Roy est la personnalité des 20 dernières années des Remparts. Il aura porté tous les chapeaux. D'abord copropriétaire, puis directeur général et finalement entraîneur-chef, l'ancien gardien étoile de la LNH a mené la deuxième incarnation des Remparts à son seul titre en séries. «Pour la Coupe Memorial de 2006 et la fiche de l'équipe pendant ses huit années comme entraîneur-chef [401-243, 0,623]», il mérite largement cette nomination, estime Carl Tardif. Le Soleil

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