L'Euro 2016 vu de Québec

Un amateur joue avec un ballon près de... (Archives AP)

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Un amateur joue avec un ballon près de la Tour Eiffel où sont retransmis les matchs de soccer.

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Vingt-quatre pays s'affrontent depuis vendredi à l'Euro 2016. Pour soutenir cette poignée de joueurs, des millions d'amateurs retiendront leur souffle, crieront, prieront, jureront et feront la fête. Aujourd'hui, trois hommes de «football» de Québec nés en Europe nous parlent de «leur» équipe, celle qui les ramènera au rang de simple partisan dans le prochain mois. Celle qui, peut-être, leur permettra de faire la fête.

Il faudra plus que Ronaldo

Helder Duarte  (entraîneur-chef du R et O féminin)... (Photothèque Le Soleil) - image 3.0

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Helder Duarte  (entraîneur-chef du R et O féminin)

Photothèque Le Soleil

Le Portugal de Cristiano Ronaldo devrait sortir de... (AP, Steven Governo) - image 3.1

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Le Portugal de Cristiano Ronaldo devrait sortir de son groupe sans trop de peine, mais son manque de profondeur l'écartera des grands honneurs.

AP, Steven Governo

Helder Duarte est réaliste : son Portugal manque un peu de profondeur pour surprendre les puissances comme l'Espagne, l'Allemagne ou l'Italie.

L'entraîneur-chef de l'équipe féminine du Rouge et Or de l'Université Laval est né aux Açores, extension du Portugal au milieu de l'Atlantique. Arrivé au Québec à six mois, il a encore des oncles et des tantes dans son pays d'origine. Il s'y rend parfois, mais n'a jamais assisté à un match du Portgual en ses terres. «C'est quelque chose que j'aimerais faire un jour», souhaite-t-il.

Duarte se souvient encore de la défaite crève-coeur de 1-0 du Portugal en finale de l'Euro 2004 contre la Grèce, ultime équipe cendrillon. «Ça a fait mal.» La formation portugaise était alors à son zénith. Depuis, les choses ont stagné un peu, analyse-t-il.

Pour l'Euro 2016, la troupe de Fernando Santos se retrouve dans un groupe plutôt faible, avec l'Autriche, la Hongrie et l'Islande, dont c'est d'ailleurs la première participation. «Ce n'est pas le groupe de la mort», lance Duarte, persuadé de voir son équipe sortir sans trop de peine de la première phase. 

Le Portugal compte sur la star Cristiano Ronaldo. D'autres bons footballeurs se joindront à lui, comme le défenseur central Bruno Alves et la jeune sensation de 18 ans Renato Sanches. Mais ces athlètes devront prouver que la Seleçao n'est pas l'affaire d'un seul joueur. «Souvent, si l'adversaire neutralise Ronaldo, ils réussissent à neutraliser l'équipe», se désole le directeur technique de l'Association régionale de soccer de Québec.

Duarte compte regarder tous les matchs du Portugal pendant l'Euro. Pas question, toutefois, de se retrouver en pleine foule, par exemple dans un bar, entouré de partisans de l'adversaire. Il se dit «assez conservateur» à ce sujet. «Quand j'écoute un match, il faut que je sois seul, que je m'enferme. Je sais que ça n'a pas de sens, mais j'ai l'impression que je peux apporter quelque chose si je reste concentré. Et quand [le Portugal] compte, les voisins l'entendent», rigole-t-il.

Le coach a répondu à la question qui tue : pour qui prendrait-il dans un très hypothétique match de la Coupe du monde entre le Portugal et le Canada? «Le Portugal», a-t-il lancé après une demi-seconde d'hésitation. «Sauf si j'avais des anciens de mes joueurs dans l'équipe canadienne. D'ailleurs, si c'était chez les filles, je prendrais pour le Canada», a-t-il ajouté.

Du pain sur la planche

Fergus Brett  (fondateur et directeur de l'Académie Pro-Foot)... (Photothèque Le Soleil) - image 5.0

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Fergus Brett  (fondateur et directeur de l'Académie Pro-Foot)

Photothèque Le Soleil

L'entraîneur-chef de l'Irlande, Michael O'Neill, ne dispose pas... (AFP, PHILIPPE DESMAZES) - image 5.1

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L'entraîneur-chef de l'Irlande, Michael O'Neill, ne dispose pas vraiment de joueurs de classe mondiale pour affronter trois formations nettement supérieures dans le groupe E : l'Italie, la Belgique et la Suède.

AFP, PHILIPPE DESMAZES

Une qualification à l'Euro, c'est gros. Surtout pour un petit pays comme l'Irlande, peu habitué de s'y retrouver, qui connaît en plus des difficultés économiques.

«Juste le fait de se qualifier, c'est un gros boost au niveau moral», explique Fergus Brett, un natif de Dublin au Québec depuis 1977. «Si [l'Irlande] passe au deuxième tour, les gens vont réhypothéquer leur maison», blague le fondateur de l'Académie Pro-Foot pour illustrer à quel point ce tournoi est important aux yeux de ses compatriotes. Et à quel point l'économie peut se revigorer en cas de belles performances.

Mais l'équipe aura du pain sur la planche pour y arriver. Dans son Groupe E, elle devra se colletailler avec l'Italie, la Belgique et la Suède, trois formations nettement supérieures sur papier.

«Nous n'avons pas vraiment de joueurs de classe mondiale», explique Brett, selon qui l'esprit d'équipe sera un facteur déterminant dans les succès - ou insuccès - de son club. «Je pense qu'ils peuvent surprendre. Il n'y a pas une équipe dans ce groupe-là qui va avoir envie de jouer contre l'Irlande», ajoute-t-il, rappelant que son pays a déjà battu l'Italie 1-0 lors de la Coupe du monde, en 1994. Encore plus révélateur, l'Irlande a vaincu les champions en titre de la Coupe du monde, l'Allemagne, dans un match de qualifications pour cet Euro, le 8 octobre 2015. Un gain de 1-0 merveilleux pour la confiance.

N'empêche, la République fait figure de grande négligée. Il ne s'agit que de sa troisième participation au Championnat d'Europe après celles de 1988 et de 2012. Elle n'a remporté qu'une seule victoire, et c'était il y a 28 ans. L'Irlande n'a donc jamais franchi la phase de groupes.

Le tournoi se déroule en France, une bonne nouvelle pour les Irlandais, croit Brett : ils ne seront pas trop dépaysés par le climat.

Ce dernier compte regarder tous les matchs bien assis dans son salon. Mais peut-être se laissera-t-il tenter par une virée au Pub Galway, souvent lieu de rassemblement des amateurs de soccer irlandais de Québec.

Ultra-favoris mais...

Edmond Foyé  (entraîneur-chef du Dynamo de Québec)... (Photothèque Le Soleil) - image 7.0

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Edmond Foyé  (entraîneur-chef du Dynamo de Québec)

Photothèque Le Soleil

Didier Deschamps «fait partie de ces mecs qui... (AFP, FRANCK FIFE) - image 7.1

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Didier Deschamps «fait partie de ces mecs qui sont nés entraîneurs», selon Edmond Foyé, coach du Dynamo de Québec. Le sélectionneur français saura trouver les bons mots pour préparer ses troupes.

AFP, FRANCK FIFE

«Je suis malheureux!» lance Edmond Foyé en riant. Et pour cause! L'homme de soccer s'est amené au Québec il y a quelques mois à peine, tout juste avant que son pays, la France, n'accueille tous les matchs de l'Euro 2016 en ses terres.

«On a un amour du soccer identique à votre amour du hockey», illustre le nouvel entraîneur du Dynamo de Québec. «Ça vous donne une idée de l'ambiance qu'il y aura en France» pendant l'Euro.

Dans le groupe A, la France fait figure d'ultra-favorite face à la Suisse, la Roumanie et l'Albanie. Mais Foyé met en garde : «C'est chaque fois que la France est favorite qu'elle se retrouve en difficulté.» L'un des cas les plus célèbres demeure la contre-performance de l'Hexagone au Mondial de 2002, en Corée. Championne en titre de la Coupe du monde et de l'Euro, l'équipe de Zinedine Zindane et Thierry Henry n'y avait marqué aucun but lors des trois rencontres de groupe. Cette année à l'Euro, la Roumanie pourrait donner du fil à retordre à la France, croit le néo-québécois.

La France a déjà remporté l'Euro deux fois, en 1984 et en 2000. Mais elle a fini 6e, 15e et 8e lors des trois dernières présentations de l'épreuve.

Peu importe. Foyé semble avoir une foi inébranlable en Didier Deschamps, qui «fait partie de ces mecs qui sont nés entraîneurs», dit-il. Le sélectionneur saura trouver les bons mots pour préparer ses troupes, croit Foyé. Deschamps était d'ailleurs le capitaine de l'équipe française lors de sa conquête, il y a 16 ans.

Foyé compte bien «faire rouler l'économie de Québec» en allant assister aux matchs dans les bars ou restaurants, si l'heure de diffusion le permet. Il entend même voir certaines rencontres avec ses joueurs du Dynamo. Une bonne façon de leur enseigner certains rudiments du football à la française.

L'Allemagne, l'Espagne et la France sont les équipes favorites, dit Foyé. Mais attention à l'Angleterre, son choix pour causer la surprise.

Trois joueurs à surveiller

Nous avons demandé à Fergus Brett, directeur de l'Académie Pro-Foot, de nommer trois hommes capables de faire la différence s'ils jouent à la hauteur de leur talent.

Wayne Rooney... - image 9.0

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Wayne Rooney

Wayne Rooney

30 ans, Angleterre, attaquant

Équipe régulière : Manchester U.

«Il n'a jamais connu un bon tournoi. La réputation, ça se joue là. Pour qu'il soit considéré comme un joueur de niveau mondial, il faut qu'il performe.»

Sergio Busquets

27 ans, Espagne, milieu de terrain

Équipe régulière : FC Barcelone

«S'il démontre beaucoup de leadership, l'Espagne peut gagner encore.»

Eden Hazard

25 ans, Belgique, milieu de terrain

Équipe régulière : Chelsea

«Il a beaucoup de potentiel. Maintenant, c'est à lui de le démontrer.»

Les Champions de l'Euro

Trois titres

Espagne (1964, 2008, 2012)

Allemagne (1972, 1980, 1996)

Deux titres

France (1984, 2000)

Un titre

U.R.S.S. (1960)

Italie (1968)

République tchèque (1976)

Pays-Bas (1988)

Danemark (1992)

Grèce (2004)

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