Un Québécois en séries de la NBA

Originaire de Dollard-des-Ormeaux, Joel Anthony a été le... (Fournie par NBAE/Getty Images)

Agrandir

Originaire de Dollard-des-Ormeaux, Joel Anthony a été le seul Québécois à arpenter les courts de la NBA cette saison.

Fournie par NBAE/Getty Images

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Pleins feux

Sports

Pleins feux

Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Les exploits de Stephen Curry et la retraite de Kobe Bryant ont ramené le basketball dans la mire des amateurs de sports d'ici. Les 70es séries éliminatoires de la NBA battent leur plein depuis une semaine. Un Québécois évolue parmi les géants des parquets, et Le Soleil lui a parlé.

«Quand je regarde autour de moi, je réalise tout le chemin que j'ai parcouru. Je pense à tout ce qui s'est produit, c'est fou!» lance Joel Anthony, au bout des ondes cellulaires. Il a beau avoir perdu un peu de son français et le tréma dans son prénom, le sympathique gaillard à la voix grave n'a jamais oublié d'où il vient.

Joël Vincent Anthony est né à Dollard-des-Ormeaux, ville de l'ouest de l'île de Montréal aussi désignée par son sigle DDO. Élevé par une mère monoparentale, Anthony a souvent rendu hommage à maman Erene pour tout ce qu'elle lui a permis d'accomplir.

Son sport, c'était d'abord le football. Le basketball est arrivé au milieu de l'adolescence, mais «ses habiletés étaient assez rudimentaires», admet son entraîneur de catégorie midget sur le site Internet de l'école secondaire privée de Westmount qu'il a fréquentée quelques années.

À son entrée au Cégep Dawson, il n'a même pas fait l'équipe AAA. Les archives du journal Le Quotidien de Saguenay retracent sa performance de 14 points contre les Titans de Limoilou à la polyvalente d'Arvida, en mars 2001, à l'occasion des championnats collégiaux AA.

La semaine dernière, on l'a joint à sa sortie du Palace d'Auburn Hills, domicile mythique des Pistons de Detroit. Il dispute sa neuvième campagne au sein de la meilleure ligue de basketball au monde. Avec Samuel Dalembert en Chine, Kris Joseph en France et Olivier Hanlan en Lituanie, Anthony a été le seul Québécois à arpenter les courts de la NBA en 2015-2016.

Les Pistons jouent en séries pour la première fois en sept ans. Le quatrième match de leur huitième de finale contre les Cavaliers de Cleveland a lieu dimanche. Avant de l'affronter comme général des Cavs, Anthony a été coéquipier de LeBron James durant trois saisons et demie avec le Heat de Miami.

Le centre de 6'9'' et maintenant de 245 livres a passé les sept premières années de sa carrière dans l'uniforme du Heat, qui l'a embauché comme joueur autonome à l'été 2007.

Son brio défensif au Pensacola Junior College et à l'Université du Nevada à Las Vegas en a fait un spécialiste du bloc dans la NBA, lui valant même à un moment donné le surnom de warden, le gardien de prison, pour sa capacité à menotter l'adversaire sous le panier. Mais c'est le surnom de Doc qui lui a collé dès son arrivée à Miami. La faute à un certain Shaquille O'Neal.

«Shaq a décidé de m'appeler comme ça à mon année recrue», explique-t-il. «C'est une longue histoire... Disons seulement que c'est le diminutif de docteur. Il a commencé à m'appeler ainsi durant une séquence de matchs sur la route et le temps de rentrer à Miami, tout le monde m'appelait Doc. Pas juste les joueurs, mais aussi les entraîneurs et tout le personnel de l'équipe! Mes autres années à Miami, plus personne ou presque ne m'appelait Joel, juste Doc.»

Ses années à Miami ont de loin été ses plus prolifiques, autant sur le plan individuel que collectif. Deux bagues de champion du trophée Larry O'Brien; trois participations à la finale; quatre fois plus de 1000 minutes de jeu en saison régulière; quatre campagnes de plus de 100 blocs et trois de plus de 250 rebonds, séries incluses.

Son temps d'utilisation a chuté de façon draconienne depuis et cette saison, pour la première fois, il a passé moins de 100 minutes sur le parquet en situation de match régulier. L'entraîneur-chef Stan Van Gundy en a fait son troisième centre derrière Andre Drummond et Aron Baynes.

Nouveau rôle de mentor

À 33 ans, Anthony accepte son nouveau rôle de mentor. «Même si je ne joue pas, j'ai quand même beaucoup d'expérience, surtout en éliminatoires. On a plusieurs bons jeunes joueurs avec les Pistons qui n'ont jamais vécu ça avant, comme [Kentavious] Caldwell-Pope et Drummond.»

«Je dois leur faire profiter de mon expérience, leur parler des choses auxquelles s'attendre en séries, poursuit-il. Il faut toujours rester solide comme vétéran malgré la folie de la saison et tous ces matchs. Chaque joueur doit contribuer, même si tu n'es pas sur le terrain. Il y a juste cinq gars sur le court.»

Anthony a toujours été reconnu comme un bon joueur d'équipe. Humble, affable, à l'aise dans l'ombre. Du type précieux dans un vestiaire. «Ne vous méprenez pas, ce n'est jamais facile de rester sur le banc», ajoute-t-il. «Tous les athlètes veulent jouer au plus haut niveau. Mais tu ne peux pas laisser la frustration prendre le dessus, c'est la pire chose à faire. Tout le monde doit travailler ensemble, du 1er au 14joueur», conclut le grand numéro 50.

Retour à l'expéditeur

Juste cette journée-là, neuf transactions ont impliqué 17 clubs de la NBA. Mais celle-là avait quelque chose de spécial. Tellement qu'elle a été invalidée quatre jours plus tard.

«C'est l'une des situations les plus étranges que j'ai vécues au cours de ma carrière», admet Joel Anthony, qui se rappellera longtemps le 18 février 2016. Les Pistons de Detroit l'ont d'abord échangé aux Rockets de Houston, avant d'être refilé aux 76ers de Philadelphie, qui contemplaient l'idée de simplement le libérer, question d'épargner de l'argent. Déjà là, trajectoire rocambolesque en une seule journée.

Mais l'un des joueurs acquis des Rockets a échoué aux examens médicaux des Pistons. Tout a donc été annulé et le manège inversé.

«Je suis resté chez moi durant trois jours, à Detroit, sans savoir ce qui se passait. J'étais dans un no man's land, je ne savais pas où j'allais. Mon agent essayait d'avoir des détails. Je ne pouvais même pas me rendre à Philadelphie, parce que je ne savais pas s'il voulait me garder ou me libérer. C'était vraiment bizarre», confie le Québécois de 33 ans.

À Rio avec le Canada?

Après avoir retrouvé ses esprits, le centre réserviste a simplement repris sa place chez les Pistons. «Les gars étaient contents de me ravoir et moi, j'étais heureux de finir la saison avec eux», assure-t-il. Surtout que les 76ers n'ont gagné que 10 matchs cet hiver.

Sa relation avec l'entraîneur-chef Stan Van Gundy n'en a pas pâti, garantit Anthony. «Je suis un peu différent. Je ne le prends pas personnel, je sais que c'est une business. Je ne savais pas que j'allais être échangé, mais je savais que si l'équipe voulait faire des changements, c'était une possibilité. En fait, c'est toujours une possibilité dans cette ligue où tout peut arriver», constate celui qui en était à sa troisième transaction.

Il se voit encore dans la NBA l'automne prochain. Peut-être avec une quatrième équipe, après Miami, Boston et Detroit. La deuxième année de son contrat avec les Pistons, pour 2016-2017, n'est pas garantie. Avec une 10e campagne, le gentil géant atteindrait le plateau des 25 millions $US en salaire accumulé en carrière.

D'ici là, il passera une partie de l'été à Montréal et aussi à Toronto, lui qui garde contact avec l'équipe nationale canadienne. Son retour dans le maillot unifolié a été évoqué, en cette année olympique. Pour se rendre à Rio, en août, les Canadiens doivent gagner le tournoi qualificatif de Manille, aux Philippines, début juillet.

Joel Anthony est un spécialiste du bloc qui... (Fournie par NBAE/Getty Images) - image 3.0

Agrandir

Joel Anthony est un spécialiste du bloc qui a joué avec Miami, Boston et Detroit. Le centre de 6'9'' et de 245 livres âgé de 33 ans a été embauché en 2007 comme joueur autonome par le Heat avec qui il a remporté deux titres de la NBA en 2012 et en 2013.

Fournie par NBAE/Getty Images

LeBron, Stephen et les autres

Joel Anthony hésite, mais pas longtemps. LeBron James est le meilleur joueur avec qui il a fait équipe en neuf saisons dans la NBA. Avant de s'affronter en ce moment en première ronde éliminatoire, série quatre de sept opposant Detroit à Cleveland, le Doc et le King ont été coéquipiers durant trois saisons et demie à Miami. James devance tout juste Dwyane Wade pré-LeBron-à-Miami, selon Anthony. «L'année où Dwyane a eu une moyenne de plus de 30 points par match [2008-2009], c'est la meilleure saison que j'ai vue.»

Difficile de nommer le meilleur qu'il a affronté, «il y en a tellement». «Mais la façon dont Stephen Curry joue est très impressionnante», analyse Anthony. «Il a les habiletés, le talent et tellement de confiance. Je veux le voir continuer et dans quelques années, on pourra dire s'il a été le meilleur. Mais il est sur le bon chemin. Et comme il va encore s'améliorer, c'est épeurant de penser à ce qu'il va faire dans quelques années.»

Le détenteur de deux bagues de championnat (2012 et 2013) ne se résout toutefois à donner d'avance un deuxième trophée Larry O'Brien consécutif à Curry et aux Warriors de Golden State, malgré leur saison remplie de records. L'expérience joue un rôle-clé à ce stade-ci et, à son avis, les Spurs de San Antonio pourraient bien rafler un deuxième titre en trois ans. 

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer