Neal Huntington et les leçons de Montréal

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Le directeur général des Pirates de Pittsburgh, Neal Huntington, a fait ses classes dans les ligues majeures en étant embauché en 1992 par les Expos comme directeur adjoint des opérations des ligues mineures.

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

<p>Ian Bussières</p>

(Québec) À l'aube de sa neuvième saison comme directeur général des Pirates de Pittsburgh, Neal Huntington usera de sa science pour poursuivre une séquence de trois participations consécutives aux séries d'après-saison. Une science qui lui a été transmise au Québec.

«Nous venons de vivre trois bonnes années, la dernière lors de laquelle nous avons eu la deuxième meilleure fiche des majeures. Malheureusement, l'équipe qui avait la meilleure fiche des majeures se trouvait dans notre division!» déclare d'entrée de jeu Neal Huntington, en entrevue avec Le Soleil.

C'est à Montréal que le dg des Pirates de Pittsburgh a fait ses classes dans les ligues majeures. «Dan Duquette m'a embauché dès que j'ai quitté le College Amherst en 1992. Il me connaissait parce que j'avais auparavant fait un stage avec les Expos.»

C'est ainsi qu'il est devenu directeur adjoint des opérations des ligues mineures des Expos, un poste qui l'a amené à vivre à Montréal en 1992, en 1993 et en 1994. Son bureau a ensuite été déménagé en Floride. «J'ai appris beaucoup auprès de Dan et de gars comme Felipe Alou et Jim Fanning. Felipe, c'est un gars tellement intelligent, une tête de baseball incroyable, un homme de caractère et d'intégrité», commente-t-il. 

Encore aujourd'hui, Huntington considère que l'organisation des Expos était à l'époque déjà à l'avant-garde des autres équipes des ligues majeures, et ce, dans plusieurs domaines.

«À l'été 1991, Montréal est devenue l'une des premières équipes à entrer dans une base de données les rapports de ses dépisteurs. Comme stagiaire, mon travail consistait à entrer les commentaires des dépisteurs. J'ai appris énormément en lisant les commentaires qui étaient faits sur les jeunes joueurs.»

L'analyse statistique, vulgarisée en 2003 par l'auteur Michael Lewis dans le livre Moneyball, aurait aussi des racines chez les Expos. «Parce que les Expos sont aussi l'une des premières équipes à avoir embauché un analyste statistique à temps complet. Aujourd'hui, l'analyse statistique demeure pour moi quelque chose de très important. On évalue ce qu'on voit de façon subjective, mais ce qu'on ne peut voir avec nos yeux est tout aussi important.»

Les Expos de 1994 dans son top 3

Même s'il gérait l'an dernier la deuxième meilleure équipe des majeures et qu'il a été associé durant 10 ans aux Indians de Cleveland - à la belle époque des Manny Ramirez et Roberto Alomar -, Huntington n'hésite pas à qualifier les Expos de 1994 comme l'une des deux ou trois meilleures formations avec lesquelles il lui a été donné de travailler.

«J'ai eu beaucoup de bon temps et je suis heureux d'avoir été une très petite partie de cette équipe qui avait la meilleure fiche des majeures. On ne peut qu'imaginer ce qui se serait passé si la grève n'avait pas mis fin à la saison prématurément. Je me rappelle ces trois matchs contre les Braves d'Atlanta au Stade olympique. Plus de 40 000 spectateurs chaque fois, la foule était en délire, c'était fou», poursuit-il.

«C'était l'équipe de Dan [Duquette]. C'est lui qui avait monté cette équipe.  D'avoir Dan, Alou et Joe Kerrigan tout près, ça permet vraiment à un jeune homme de grandir dans ce métier. Je regardais [Marquis] Grissom, [Moises] Alou et [Larry] Walker au champ extérieur, installé dans ce qui était autrefois le Catcher's Club. Et il y avait tellement de bons lanceurs : [Jeff] Fassero, Pedro [Martinez], Ken Hill, sans oublier John Wetteland et Mel Rojas en relève.»

Un départ triste

Même s'il considère le départ des Expos comme triste après de belles années passées à Montréal, ne comptez pas sur Neil Huntington pour critiquer la décision de déménager la formation à Washington.

«Le déménagement, c'était triste pour moi après que j'aie vu la troisième vague de passion du baseball à Montréal. Cependant, je me souvenais aussi très bien de la frustration envers les foules plus petites de 1992», explique le gérant des Pirates de Pittsburgh au bout du fil.

«En plus, en 1995, l'équipe a été frappée par l'élément financier. Le directeur général Kevin Malone a eu des décisions difficiles à prendre, notamment celles de laisser partir Larry Walker, Ken Hill. Et aujourd'hui, ce genre de décision n'est même plus une question de petits marchés quand tu vois un gars comme Zack Greinke quitter Los Angeles», poursuit Huntington.

Mais croit-il aux chances de Montréal de revenir un jour dans le giron des majeures? «Je comprends pourquoi les Expos sont partis, mais je comprends aussi pourquoi des gens pensent qu'une équipe pourrait avoir du succès à Montréal. J'ai vu les deux côtés de la médaille durant mes années chez les Expos : j'ai vu les faibles foules et les dizaines de milliers de fans en liesse.»

C'est pour cette raison qu'il affirme qu'il aimerait voir le baseball faire un retour à Montréal, mais seulement si les ligues majeures estiment que la métropole québécoise serait un emplacement viable pour une équipe. «Si c'était le cas, si c'était viable, je serais heureux, car Montréal est vraiment une belle ville.»

Martin, un vrai de vrai

Russell Martin en 2013... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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Russell Martin en 2013

Photothèque Le Soleil

Peu de Québécois ont réussi à se forger une place dans les ligues majeures de baseball, mais Neal Huntington n'oubliera jamais celui à qui il a accordé un contrat de deux ans pour 15 millions $ en 2013 : Russell Martin.

«Russell, j'ai eu la chance de l'avoir durant deux saisons, mais, que voulez-vous, il est parti pour une équipe canadienne l'an dernier!», commente le gérant des Pirates de Pittsburgh à propos de son ancien receveur devenu maintenant l'une des vedettes des Blue Jays de Toronto. «Russell, c'est un joueur de baseball extrêmement intelligent, un leader incroyable. Il adore ce sport, il adore la compétition», commente-t-il à propos de celui qui a frappé dans une moyenne de ,290 avec 11 circuits et 67 points produits en 379 présences au bâton à sa dernière saison à Pittsburgh.

«Pour tout dire, il a toujours été l'un de mes joueurs préférés et ça n'a pas changé, bien au contraire, après l'avoir eu dans mon équipe. À Pittsburgh, en plus de ses exploits sur le terrain, il travaillait toujours fort et il était toujours prêt à aider les autres.»

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