Matthew Boucher: petit ailier aux grands espoirs

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Matthew Boucher espère suivre les traces de son père Philippe, un ex-joueur de la LNH.

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(Québec) Gabarit différent, position différente, parcours différent... Matthew Boucher n'a jamais eu à vivre avec l'étiquette de «fils de». Du moins jusqu'à ce que son père Philippe fasse son acquisition lors du dernier repêchage de la LHJMQ. Depuis, le prolifique numéro 91 des Remparts brille sur la glace du Centre Vidéotron, déterminé à prouver qu'il n'a pas volé son poste à Québec et qu'il mérite, malgré sa petite taille, d'être considéré en vue du prochain repêchage de la LNH. D'ici là, il espère aider des Diables rouges en reconstruction à avancer le plus loin possible en séries.

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Malgré sa petite taille, Matthew Boucher s'est tout de suite imposé sur les patinoires du Texas, où il remplissait le filet. Même qu'à sa deuxième année atome, il a été surclassé en deuxième année pee-wee.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

De Los Angeles à Québec, Matthew Boucher a, à seulement 18 ans, déjà parcouru un bon bout de la planète hockey, ayant vécu au rythme de la carrière du paternel dans la LNH. Né en Californie, il a vu le jour alors que l'ancien défenseur en était à sa quatrième saison avec les Kings. Ses souvenirs de cette époque demeurent toutefois vagues, contrairement au temps où la famille a déménagé à Dallas, quatre ans plus tard, ville où elle a posé ses valises pendant cinq ans. 

«On habitait à Dallas l'hiver, pendant la saison de hockey, et on revenait ici, à Québec, pendant l'été. On habitait au Lac-Saint-Joseph. C'était vraiment une belle place. On profitait du bateau. Je passais mes fins de semaine chez mes grands-parents. C'était vraiment le fun», se souvient Boucher, qui n'a jamais rompu le contact avec la famille et les amis du Québec, malgré une enfance passée aux États-Unis.

C'est justement sous les palmiers de la Californie que l'aîné de la famille Boucher - il a une soeur cadette, Vanessa - a donné ses premiers coups de patin. Un passage obligé.

«J'ai commencé à patiner avec une chaise à un très jeune âge, à Los Angeles. Après ça, on est déménagés à Dallas. C'est là que j'ai vraiment commencé à jouer au hockey, pré-novice, novice, atome, pee-wee», poursuit l'attaquant gaucher (son père est droitier).

Malgré sa petite taille, Boucher s'est tout de suite imposé sur les patinoires du Texas, où il remplissait le filet. Même qu'à sa deuxième année atome, il a été surclassé en deuxième année pee-wee.

«J'étais bon. Comme tout joueur junior majeur, on a tous dominé à un certain niveau. À l'âge novice et atome, la défensive, je ne connaissais pas vraiment ça! Je scorais des buts. J'ai toujours aimé ça, scorer des buts. C'est toujours resté avec moi», admet le meilleur buteur des Remparts avec 30 filets cette saison, malgré un mois d'inactivité en raison d'une blessure à l'épaule.

Il n'avait pas à regarder bien loin pour trouver son inspiration, ayant grandi dans le vestiaire des Stars, où il côtoyait des vedettes offensives telles que Mike Modano, Sergei Zubov, Bill Guerin et Jere Lehtinen.

«Cette équipe-là permettait aux enfants d'aller à l'aréna, surtout les jours de pratique. Je pouvais embarquer sur la patinoire, être dans la chambre avec des joueurs comme Mike Modano. C'était assez impressionnant. Le fils de Stu Barnes, Jack, et moi, on y allait tout le temps ensemble. C'était vraiment le fun», se rappelle Boucher, qui est toujours en contact avec Barnes, un espoir des Americans de Tri-City (WHL).

Style différent des É.-U.

Lorsque Philippe Boucher est passé des Stars aux Penguins en novembre 2008, sa femme Lucie et leurs deux enfants sont demeurés à Dallas afin d'y terminer l'année scolaire. Ayant planifié de vivre dans la ville texane à sa retraite, il a vu ses plans contrecarrés après son échange et est plutôt rentré au Québec. À la suite d'un été de réflexion dans la capitale, et malgré une offre de contrat des Penguins, il a décidé d'accrocher définitivement ses patins en septembre 2009.

Entre-temps, Matthew avait participé au camp de sélection des Gouverneurs Rive-Nord, sans savoir s'il pourrait se joindre à l'équipe l'automne suivant. «Finalement, il a décidé de prendre sa retraite. Je suis resté là à ma deuxième année pee-wee, puis j'ai joué deux années bantam AA avec la même franchise.»

Ce fut un nouveau départ pour toute la famille, mais particulièrement pour Matthew, qui devait faire le pont entre les systèmes scolaires américain et québécois. «J'ai fait une année de plus au primaire à cause de ça. Je suis tombé dans une école trilingue privée, l'école Vision, dans Sillery [aujourd'hui fermée]. Ça m'a permis de faire la transition, de continuer en anglais, tout en continuant d'apprendre le français. Ç'a vraiment facilité la tâche.»

Côté hockey, l'ailier gauche de 5'9" et de 175 livres a rapidement noté une différence de style dans la façon dont était pratiqué le sport, de part et d'autre de la frontière. «C'est beaucoup plus physique là-bas. Deuxième année atome, j'étais tout petit, je jouais contre des gars deuxième année pee-wee et je frappais. Là-bas, les joueurs de hockey, c'était plus des joueurs de football qui jouaient au hockey! Mais on jouait quand même dans du gros calibre. Quand je suis arrivé ici, ce n'était pas contact. C'est là que mon jeu offensif s'est développé. Mes deux années bantam, ç'a été la même chose.»

Gonflé à bloc

Le passage au midget AAA, avec le Blizzard du Séminaire Saint-François, n'allait pas se dérouler comme Boucher l'avait espéré, lui qui a très peu joué à sa première campagne. Plus utilisé la saison suivante, il a été rappelé deux fois par l'Armada de Blainville-Boisbriand, qui en avait fait leur choix de 7ronde (125e au total) en juin 2013. Lors de son premier match dans la LHJMQ, contre les Cataractes de Shawinigan, en novembre, il était gonflé à bloc.

«Ç'a vraiment été toute une expérience! Je me suis retrouvé sur une ligne avec Marc-Olivier Roy et Frédéric Bergeron, deux joueurs qui sont passés par les Remparts. Roy, c'est un choix de deuxième ronde de la LNH [Edmonton]. C'était assez impressionnant» s'est rappelé Boucher, qui allait être échangé aux Voltigeurs lors du camp d'entraînement suivant, en août 2014.

À Drummondville, l'attaquant, qui évoluait sporadiquement sur le troisième trio, a dû faire ses preuves, lui qui disputait sa première année complète dans la LHJMQ. «Même si je ne jouais pas beaucoup, j'ai beaucoup appris sous l'aile de Martin Raymond et Louis Robitaille. J'avais les oreilles grandes ouvertes», a poursuivi l'auteur de 8 buts et de 8 passes en 63 matchs, cette année-là.

Puis, au repêchage suivant, coup de théâtre! Boucher est à nouveau échangé. À Québec, cette fois. «Comme à mes deux premiers échanges, j'étais sous le choc. Je ne m'y attendais vraiment pas. Je me souviens que je suis sorti de mon auto et ma mère était en panique. Elle me demandait pourquoi je ne répondais pas aux appels de mon père! [...] Venir jouer ici, c'est quelque chose auquel tu rêves.»

Boucher rêve maintenant de faire oublier la mauvaise fin de saison des Remparts en les faisant avancer le plus loin possible en séries éliminatoires. «Je n'ai pas fait les séries à Drummondville, l'année passée. J'ai très hâte de vivre ça ici à Québec. Ça va être spécial.»

Joueur de hockey dans l'âme

Matthew Boucher n'a qu'une chose en tête : faire carrière dans le hockey. Cette ambition, il la caresse depuis la tendre enfance. Sans aucune pression paternelle.

«Je n'ai jamais eu aucune pression. Si ce n'était pas ça que je voulais faire, j'aurais fait autre chose. Mon rêve, ç'a toujours été de jouer au hockey», affirme le 91 des Remparts.

Son père Philippe, ex-défenseur de la LNH, n'a jamais tenté d'influencer son choix. Tout le long de son parcours, il s'est toutefois avéré un «bon conseiller». Et maman Lucie, dans tout ça? Une bonne chauffeuse!

«Je ne peux pas remercier mes parents assez pour les sacrifices qu'ils ont faits. Ça n'a pas toujours été facile, surtout avec mon père qui était souvent parti. Ma mère était toujours là, aux matchs et aux pratiques. Je me souviens qu'à ma deuxième année atome, on pratiquait à 5h du matin, tous les samedis. On jouait un peu partout, à Detroit, à Boston, etc. Mes parents m'ont toujours supportés là-dedans, même quand j'ai eu des bouts plus durs. C'est grâce à eux si je suis ici aujourd'hui.»

Un soutien sur lequel il peut toujours compter, maintenant qu'il évolue sous les ordres de son père chez les Remparts. Meilleur marqueur de l'équipe, ex-aequo avec Bronson Beaton (60 points), Boucher aura animé l'attaque de l'équipe toute la saison, malgré une baisse de régime, depuis son retour au jeu, en février.

«Il n'y a pas beaucoup de monde qui s'attendait à la saison que j'ai en ce moment, mais moi, j'ai toujours su que j'étais capable de faire ça. Et une fois que l'échange a été annoncé, je savais ce que j'étais capable de faire pour l'équipe. C'est sûr que la pression de jouer pour son père a toujours été là, mais j'avais confiance en mes moyens.»

Impressionner des dépisteurs

Le petit ailier gauche avait une autre raison d'être motivé. Admissible au prochain repêchage de la LNH, il espère impressionner des dépisteurs et entendre son nom résonner au First Niagara Center, à Buffalo, en juin. «L'année passée, avec ma famille, on a fait un voyage en Floride pendant le repêchage. Ç'a été un déclic. J'ai eu la chance de voir une couple de mes amis sortir. Je me suis dit que moi aussi, j'aimerais être là, un jour. Ça m'a comme donné une petite poussée de plus, pour travailler fort durant l'été.»

Et puis est sortie la liste de mi-saison de la Centrale de recrutement de la LNH, où le nom de Matthew Boucher ne figurait pas. «J'aimerais dire que ça ne m'a pas dérangé, mais ce n'est pas vrai. [...] C'est quelque chose qui me pousse à être meilleur, à prouver au monde qu'ils ont tort. C'est d'ailleurs un slogan que je porte à tous les jours sur un bracelet qui dit "Prove them wrong"», a-t-il révélé, en montrant la rondelle de caoutchouc entourant son poignet. 

Un moment mémorable en famille

Matthew Boucher place haut sur sa liste de moments mémorables la Coupe Stanley de son père Philippe et des Penguins de Pittsburgh, en juin 2009. «On vivait toujours à Dallas, pendant que mon père jouait là-bas. Moi, je voulais faire partie de ça. Je trouvais ça impressionnant. Je voyageais avec les pères de Marc-André Fleury et Maxime Talbot. Je voulais aller voir toutes les games, je voulais être là. Je me souviens que j'avais manqué des jours d'école. Pendant les séries, je suis allé à toutes les games à Pittsburgh et toutes les games à Detroit. J'étais présent. Et la finale, je vais m'en souvenir toute ma vie... De vivre ça avec mon père, ma mère et ma soeur, c'était vraiment spécial.»  Kathleen Lavoie

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