Kevin Bizier déjà champion

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Pour son combat du 26 mars en Angleterre, Kevin Bizier n'aura pas la pression d'épater la galerie et pourra se concentrer sur sa stratégie.

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(Québec) En faisant le tour de Saint-Émile à la course, Kevin Bizier a fait le tour de la planète boxe. Le voilà arrivé à destination, à une semaine d'un combat de championnat du monde. Retracez le parcours qui a mené l'athlète de Québec à Sheffield, en Angleterre, où Le Soleil le suivra jusqu'à l'ultime affrontement du 26 mars.

Une partie du clan Bizier: les jumeaux Yann... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

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Une partie du clan Bizier: les jumeaux Yann et Yannick entourent les parents, Jacqueline et Rémi, et à l'avant-plan Mylaine et Kevin avec leurs enfants Alec et Leyla. 

Le Soleil, Yan Doublet

«Des tours de Saint-Émile, j'en ai fait en ta! Et Buck aussi!» s'esclaffe Kevin Bizier en caressant son chien de 11 ans, qui n'a plus l'énergie d'antan. Le boxer blanc partage le plancher et le grand terrain de la nouvelle maison de Stoneham avec deux enfants, bientôt trois. S'ajoutent un gros chien noir et deux poules, locataires du garage en échange d'oeufs frais.

Une joyeuse maisonnée dirigée de main de maître par la belle Mylaine, pendant que son Kevin vivait à 300 km de là six jours sur sept à raison de 11 séances d'entraînement du lundi au samedi midi. C'est confirmé : il y a plus de circulation sur l'autoroute 640 à Laval un lundi matin de février que durant toute l'année dans la rue de la Faune à Saint-Émile.

Rue principale de cette banlieue nord de Québec que Bizier a parcourue de long en large, été comme hiver, beau temps, mauvais temps et encore et plus durant ses 19 années de boxe. «Il faut vraiment que tu veuilles!» lance le pugiliste de 31 ans, dans un soupir qui contient tous les efforts et les sacrifices endurés au fil des années.

Il mange et respire de la boxe depuis l'âge de 12 ans. Raison de vivre devenue façon de gagner sa vie, mais aussi une passion qui le meurtrit coup de poing après coup de poing.

«J'ai toujours voulu me battre. J'ai 20 ans de batailles dans le corps. Avec mes frères, dans le ring du sous-sol, c'était toujours deux contre un», raconte en riant celui qui ne rate pas un dimanche matin à déjeuner en compagnie des jumeaux Yann et Yannick.

La croisée des chemins

Tout comme l'aînée Sandra, les trois garçons de Rémi Bizier et Jacqueline Carrier ont connu du succès en boxe amateur. «Mais je voulais crissement plus que mes frères!» s'exclame le plus jeune du clan, admettant que le paternel poussait fort.

Un frein pour les jumeaux, un élan pour le benjamin. Kevin Bizier a vite adopté le style de vie quasi monastique indispensable à un athlète de l'élite mondiale. Sort peu, se couche tôt, court chaque matin. Boit de l'alcool à de rares occasions, n'a pas pris de brosse depuis l'école secondaire! «Je n'ai jamais aimé ce feeling-là de toute façon», avoue-t-il.

Le voilà à la croisée des chemins. Peut-être même au bout de la route. Son rêve de livrer un combat de championnat du monde se réalise. Premier boxeur de la région de Québec à atteindre ce sommet. Déjà champion avant de grimper dans le ring du Sheffield Arena.

Et s'il veut le demeurer, le jeune père de famille sait que la retraite pourrait bientôt s'avérer la meilleure option pour lui, Mylaine, Leyla, Alec et Maéva, troisième bambine attendue début juillet. «J'ai le goût de vivre une vie normale et de la vivre longtemps», résume simplement celui qui, gagne ou perd, mettra la main sur la plus importante bourse de sa carrière, autour de 450 000 $ canadiens.

«Est-ce que je vais encore sacrifier ma vie pour la boxe? Est-ce que j'ai le goût de boxer encore un peu plus pour avoir un peu plus de séquelles à la fin de ma carrière?» se questionne-t-il tout haut. «J'ai sacrifié 10, 15 ans de ma vie, mais je ne veux pas sacrifier ma vie au complet. Je veux juste bien vivre, voir mes enfants grandir et mes petits-enfants grandir.»

«Si je peux travailler à la shop comme tout le monde après ma carrière de boxeur, ça ne me dérange pas pantoute! Je vais rester en forme, continuer à m'entraîner, mais je ne remettrai pas les gants», avance celui qui investit ses économies dans l'immobilier depuis déjà une décennie.

Il ne se voit pas non plus entraîneur comme son père, «qui voulait changer mon style de boxe. Il essayait de mettre du Floyd Mayweather en moi, mais je n'ai pas de Floyd!» rigole-t-il, louant son premier coach pour ne pas avoir tenté de le garder juste pour lui.

Rémi Bizier a toujours fait preuve d'ouverture par rapport aux autres experts et à leurs techniques qui permettraient à son fils de grimper les échelons du noble art. Au tout début, il avait remis son petit dernier entre les mains de Fernand Marcotte, à Québec. Mais le jeune saignait trop facilement du nez au goût de l'ex-champion canadien...

Le rêve bientôt réalité

Marc Ramsay dirige Bizier depuis ses débuts professionnels, en 2008. Il n'est jamais allé au plancher en 27 sorties. Compte 25 victoires à son dossier, dont 17 par mise hors de combat. Dans l'autre coin, fort d'une fiche parfaite de 35-0, le champion Kell Brook s'avère intimidant à l'aube d'une troisième défense de titre.

L'affrontement Bizier-Brook se compare dans une certaine mesure au duel Lemieux-Golovkin, David Lemieux étant aussi entraîné par Ramsay et Gennady Golovkin représentant comme Brook la quintessence de sa catégorie. Bizier préfère se comparer à Andrzej Fonfara, boxeur pour ainsi dire inconnu avant d'offrir à Adonis Stevenson son plus gros défi des dernières années.

Il y a rêvé. «Le matin, je me réveille en sursaut et boum! On dirait que j'étais en train de me battre, mais je suis chez nous, dans mon lit!» a confié Kevin Bizier, durant son camp d'entraînement. Voilà le rêve bientôt réalité. Pour ce grand admirateur de Metallica, d'ici samedi, nothing else matters. Rien d'autre ne compte.

Plus jamais sans Ramsay

Dans ses deux défaites contre Jo Jo Dan, Kevin Bizier avoue avoir voulu trop en mettre devant ses concitoyens de Québec. Mais il a commis sa pire erreur avant même de grimper dans le ring du Colisée: se préparer sans son entraîneur Marc Ramsay.

«Vincent Auclair et Samuel Décarie-Drolet n'avaient peut-être pas assez d'expérience pour me rendre physiquement assez prêt pour me battre contre Jo Jo Dan», regrette-t-il. »J'étais vraiment prime, mais ç'a duré huit rounds. Après, il y a eu une fatigue» pour les quatre dernières reprises.

Il a vu la différence dans sa victoire de novembre dernier contre Fredrick Lawson, à Miami. Même s'il avait d'abord raté son vol de départ pour la Floride... «Lawson cognait plus dur que Dan, j'avais plus mal. Mais j'étais tellement en forme que j'étais quand même capable d'entrer là-dedans. Même que je m'en foutais un peu! Ça faisait mal, mais je lui disais : "Enwèye, viens-t'en mon grand! Moi aussi je vais t'en lancer des coups de poing!''»

Pour espérer arriver à Sheffield avec le même niveau d'affûtage, Ramsay l'a fait boxer contre de solides clients dans les dernières semaines. Comme l'Américain Carson Jones, battu deux fois par Brook, dont une décision majoritaire en 2012 où il avait presque envoyé Brook au plancher au 12round après lui avoir cassé le nez au huitième.

Ou un autre Américain, Patrick Day, surtout partenaire d'entraînement de David Lemieux. Aussi Lemieux lui-même, que Bizier compte comme le plus gros cogneur qu'il ait affronté dans sa carrière, lui qui a déjà mis les gants avec Miguel Cotto. Rapide contrepuncheur, Ayaz Hussain lui a également donné la réplique depuis février.

La quiétude de l'inconnu

Parti du Québec mercredi soir, Bizier prévoit jouir de la quiétude de l'inconnu pour rester concentré sur la tâche à accomplir, en Angleterre. Une fois dans le ring, la pression d'épater la galerie reviendra entièrement à son adversaire. Lui suivra sa stratégie.

«Et Marc, dans le coin, il te le dit. Tu as un mauvais round en sparring et il va te le dire, alors imagine durant un combat. C'est ça que ça me prend, il faut que ce soit ça. Quand tu commences à être fatigué et à te relâcher, il faut un gars qui te réveille dans le coin. Et Marc, il te brasse», assure le boxeur.

Les choix de Bizier

Le meilleur: Oscar De La Hoya

Son préféré: Arturo Gatti

Combat qu'il voudrait (re)voir: Oscar De La Hoya contre Felix Trinidad (Ça s'est passé en 1999, Trinidad a gagné par décision majoritaire)

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