Renald Leclerc, pionnier des pee-wee à sa façon

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Renald Leclerc est fier d'avoir joué dans la LNH, mais son plus beau souvenir reste d'avoir porté l'uniforme des Nordiques dans l'AMH.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) À chacune des parutions du programme souvenir, son nom apparaît dans le groupe des participants au Tournoi international de hockey pee-wee à avoir évolué dans les rangs professionnels. Renald Leclerc aura été un pionnier à sa façon, puisqu'il est le premier joueur de la région de Québec à avoir réussi l'exploit.

Au fil du temps, la liste s'est allongée. De nombreuses vedettes de la Ligue nationale de hockey (LNH) - et de la défunte Association mondiale (AMH) - sont passées par le Tournoi pee-wee de Québec, qui pend la crémaillère depuis la semaine dernière dans son nouveau logement du Centre Vidéotron après avoir vécu pendant plus d'un demi-siècle au Colisée, son vieux voisin.

Natif de Vanier, à quelques coins de rue du Colisée, Renald Leclerc y a «habité» pendant plusieurs saisons, y jouant pour l'équipe locale et l'adversaire à l'époque de l'AMH après un séjour de deux saisons dans la LNH sous les couleurs des Red Wings de Detroit à la fin des années 60. Le cheveu grisonnant a peut-être remplacé la longue tignasse de l'époque, mais personne ne pourra jamais éteindre la lumière qui brille dans ses yeux. Regard sur le film de sa carrière!

Avec le temps, le Tournoi pee-wee est devenu ce qu'il est : un géant. Mais en 1960, personne ne pensait à cela lorsqu'on l'a organisé pour la première fois. Comme en 1959, où il fait partie d'un regroupement des meilleurs joueurs de la région pour former l'équipe Dunlop qui participera au tournoi de Goderich, en Ontario, Leclerc est encore choisi pour s'aligner avec les As de l'OTJ de Québec, dirigés par Paddy Pedneault, un ancien animateur de tribunes téléphoniques sportives.

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Montage photo retraçant la carrière de Renald Leclerc à Detroit

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«Moi, je trouvais juste ça flatteur d'être choisi parmi les 18 meilleurs, qu'ils disaient, et de pouvoir représenter la région dans un tournoi disputé chez nous. Si on n'avait pas perdu 3-1 contre l'Ontario, l'équipe de Brad Park, le mercredi, on aurait pu jouer notre prochain match au Colisée», rappelle l'ancien ailier droit, qui fut l'auteur d'un tour du chapeau contre la paroisse Saint-Joseph en début de tournoi.

Du parc Victoria au Colisée

En 1960, le Tournoi pee-wee avait commencé à l'OTJ du parc Victoria pour déménager au Colisée en prévision des matchs éliminatoires, histoire d'y accueillir plus de spectateurs. Il n'a jamais cessé de grandir à partir de là.

«Personne n'aurait pu croire que ce tournoi existerait encore, aujourd'hui, et qu'il deviendrait aussi prestigieux. Quand je jouais dans le junior, en Ontario, et que le tournoi continuait, on se demandait combien de temps ça allait marcher, et aujourd'hui, c'est devenu un monstre. Je fais du ski, maintenant, et j'ai rencontré du monde, en Suisse, qui m'en parlait souvent. Mon père est décédé quand j'étais adolescent et il m'a presque juste vu jouer au Tournoi pee-wee, il ne m'a jamais vu dans le junior ou chez les pros», dit celui qui jouait sur une glace extérieure à ses débuts, l'aréna de l'OTJ étant réservé pour les finales.

Rapide patineur

La gamin de 4'8" et de 85 livres - «et c'était à ma deuxième année pee-wee» - était un patineur rapide. Invité à un tournoi midget à Buckingham alors qu'il était d'âge bantam, trois organisations le remarquent : Montréal, Toronto et Detroit.

«Le recruteur des Red Wings à Québec était M. Cardinal, il m'avait rencontré avec son collègue pour me dire qu'ils étaient intéressés à moi. Avec ma mère, on avait regardé les listes de joueurs dans les trois équipes et on avait choisi Detroit parce qu'il y avait des joueurs plus vieux, là-bas. Dans le temps, on disait aussi que les chances de percer étaient meilleures en Ontario qu'au Québec, mais je ne sais pas plus aujourd'hui si c'était vrai ou pas... Je pense que si tu es bon, tu vas monter, peu importe où tu joues. À 15 ans, je suis parti pour Hamilton, où j'ai joué junior B et junior A pendant quatre saisons.»

En 1968, il se taille un poste avec la grande équipe des Red Wings, menée par Gordie Howe, Alex Delvecchio et Frank Mahovlich. Quelques joueurs de la région de Québec se retrouvent aussi dans la LNH, comme Gilles Tremblay (Montréal), Camille Henry (St. Louis), André Lacroix et Simon Nolet (Philadelphie).

Clin d'oeil du destin, il fera ses débuts dans la LNH en même temps que Brad Park, le plus célèbre membre de la cohorte des gradués du premier Tournoi pee-wee de 1960.

Leclerc jouera deux saisons à Detroit avant d'embarquer dans l'aventure de l'AMH, où il aura brièvement été le coéquipier d'une merveille nommée Gretzky. «Je suis fier d'avoir évolué dans la LNH, mais mon plus beau souvenir, ça reste d'avoir joué avec les Nordiques!»

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Montage photo de Renald Leclerc avec les Nordiques de Québec, à l'époque de l'AMH

Le Soleil, Patrice Laroche

Nordiques un jour, Nordiques toujours

Après avoir flirté avec la LNH à 18 ans et y avoir goûté à 20 ans, c'est plutôt la naissance de l'Association mondiale qui a permis à Renald Leclerc de s'épanouir comme hockeyeur.

L'homme de 68 ans, qui besogne encore trois jours par semaine pour la compagnie de membrane de toiture Soprema, a disputé 87 matchs en deux saisons (1968-1969 et 1970-1971) dans la LNH, y totalisant 10 buts et 11 passes. «Dans notre temps, on n'appelait pas cela des plombiers, mais j'étais un joueur de deuxième et de troisième trio dans la LNH. Je pouvais marquer deux buts la veille et ne pas être utilisé le lendemain même si j'étais en uniforme», dit-il à propos de son passage dans la grande ligne sous le nom de Rene (!) Leclerc...

Le jeune homme de l'époque n'était pas le favori de Doug Barclay, l'entraîneur-chef des Red Wings de Detroit, mais le contraire était aussi vrai. «Je ne m'en cache pas, j'avais du caractère et une tête dure. Quand ça ne faisait pas mon affaire, je disais mon opinion et on m'a fait sentir à quelques reprises que je pourrais me ramasser dans les mineures si je ne la fermais pas. Et c'est déjà arrivé! La même année, j'ai joué à Forth Worth et San Diego, et la saison suivante, on m'a échangé aux Rangers.»

Ce fut un mal pour un bien, car en même temps, l'AMH voyait le jour. Les Nordiques le réclament au tout premier repêchage et lui offre... le double de ce qu'il gagnait dans la LNH.

«Comme je venais d'être échangé, ç'a été une décision facile à prendre. Étant de Québec, ça m'a ouvert les portes pour ma deuxième carrière. Quand j'allais voir des clients, je ne leur parlais même pas des produits que je vendais. On jasait de hockey, et après, ils passaient leur commande...»

Départ canon dans l'AMH

Leclerc a connu un départ canon avec les Nordiques de l'AMH, marquant deux buts dans la victoire de 6-0 au Colisée lors du match inaugural à Québec. Il enfilera 10 buts à ses 8 premières parties et bouclera la saison avec 24. «Si je ne m'étais pas cassé la cheville, j'aurais sûrement compté une quarantaine de buts, mais j'ai raté deux mois. Dans toute ma carrière, il n'y a qu'une saison où je n'ai pas été blessé et ça avait été ma meilleure [33 buts et 71 points].»

À sa quatrième saison à Québec, il est échangé aux Racers d'Indianapolis, alors dirigés par Jacques Demers. «Je jouais alors sur la troisième ligne, j'avais 15 buts, mais les Nordiques recherchaient un défenseur robuste», se rappelle celui qui avait été impliqué dans une bagarre générale à son retour au Colisée, jetant les gars contre Bill Prentice, le joueur acquis en retour de ses services.

«Il voulait peut-être montrer de quel bois il se chauffait. Je ne me serais jamais battu contre un ancien coéquipier, j'aurais tourné de bord si j'avais eu à le faire», raconte le rapide patineur, qui ne cherchait pas le trouble mais ne reculait pas s'il se présentait à lui.

En partant pour Indianapolis, sa femme et lui vendront leurs parts dans une mercerie et une boutique de vêtements pour bébés qu'ils détenaient. Les Nordiques l'ont ramené à Québec à la dernière année de l'AMH (1978-1979), une faveur qu'il n'a jamais oubliée puisque les Racers venaient de déclarer faillite.

«Les Nordiques ont été incroyables avec moi, ç'a été une belle expérience de finir ma carrière à Québec. Après, Jacques [Demers] m'avait trouvé un poste de joueur-instructeur en Suisse, mais ça ne m'intéressait pas. Je ne voulais pas faire du hockey, je préférais plus tôt prendre une pause et voir ce que j'allais faire de ma vie», dit le père de deux enfants, dont un a joué au Tournoi pee-wee de Québec. 

Renald Leclerc et les grands

  • Gordie Howe (coéquipier à Detroit)
«Il était Monsieur Hockey. À mon arrivée, j'avais le casier situé entre le sien et celui d'Alex Delvecchio. Gordie me surnommait "Frenchie" ou "Pepsi", c'était un blagueur. Il a été mon cochambreur sur la route, venait me chercher pour aller à l'aéroport et me recevait chez lui parce qu'il prenait toujours soin des recrues.»

  • Wayne Gretzky (coéquipier à Indianapolis)
«Il n'a pas été là longtemps parce qu'il a été échangé à Edmonton, mais sa vision du jeu était déjà incroyable à 17 ans. On se demandait toujours pourquoi il était rendu à cet endroit sur la patinoire, la rondelle à son bâton. Je n'ai pas joué sur son trio, mais un ami est devenu un marqueur de 50 buts avec lui alors qu'il n'en avait jamais scoré plus de 25 en une saison. Ce serait mentir de dire qu'on pensait qu'il aurait une telle carrière, mais on voyait qu'il avait un talent comme personne d'autre.»

  • Jean-Claude Tremblay (coéquipier à Québec)
«Je ne comprends pas qu'il ne soit pas au Temple de la renommée, ni que son chandail no 3 ne soit pas retiré par le Canadien. Il était un joueur à part, comme l'ont été Jean Béliveau et Guy Lafleur. Il me disait : "Mets ton bâton à terre parce que tu n'auras pas la rondelle, as-tu compris Leclerc!" Il a été l'un des plus grands, et pas juste des Nordiques. On ne l'appelait pas le "Magicien" pour rien.»

  • Maurice Richard et Jacques Plante (entraîneurs à Québec)
"Ils m'ont coaché tous les deux avec les Nordiques. Je n'ai pas été surpris que Maurice démissionne après deux matchs dans l'AMH, je me disais qu'il était impossible qu'il reste parce qu'il avait été trop longtemps en dehors du hockey. Tout ce qu'il disait à son premier match à Cleveland, c'était "première ligne, deuxième ligne, troisième ligne..." Jacques Plante, lui, disons qu'il a été un bon gardien!»

  • Bobby Orr (adversaire dans le junior)
«Il avait une quatrième vitesse, lorsqu'il se mettait en marche, on ne pouvait pas le rattraper. J'aimerais aussi dire que Marc Tardif et Réal Cloutier ont aussi été de très grands joueurs.» 

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